Esotérisme

Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 15:51

De ce qui précède, nous retenons que nos perceptions humaines sont limitées par le concept de langage et le jugement. Opinions, désirs, tristesse : jugement.

Or les relations sociales dans ce monde ne fonctionnent qu'à travers ceux-ci. Il s'avère impossible d'interagir dans ce cadre sans être soi-même dans le concept et le jugement.

Nous sommes piégés !

Par Didier - Publié dans : Esotérisme - Communauté : FLEUR DE LOTUS - Recommander
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 12:32

La compréhension claire de la nature du langage demeure une chose rare. La philosophie s'est déchirée pendant des siècles pour savoir si les mots par lesquels on désigne une chose recouvraient des entités réelles ou si seules les choses réelles existaient. On retrouve ça dans n'importe quelle discussion de forum sur des sujets polémiques : si on donne un exemple, on généraliserait de trop; si on fait une remarque d'ordre général, n'importe quel contre-exemple est censé fiche notre démonstration par terre.

La juste position est : un concept est valable si on décide qu'il est valable. Donc il existe tout en n'existant pas. L'intelligence n'existe pas, mais il n'en reste pas moins que le quotient intellectuel mesure quelque chose et que ce quelque chose existe.
Cela montre que le langage détermine et même restreint les perceptions humaines. On peut se demander si ce langage, qu'on présente comme une caractéristique d'une espèce supérieure, ne serait pas un recul par rapport à la communication animale. Voit-on des animaux (au moins d'une même espèce) se méprendre sur l'intention de leurs congénères ?

Un cas particulier révélant le mieux les échecs du langage est le fait de prendre des opinions pour des faits, autrement dit le jugement. Exemples : "Les hooligans sont des abrutis"; "L'immigration est une chance", etc.
On remarquera que ce jugement est monnaie courante y compris dans les milieux qui font profession de foi de non-jugement, d'unité et de spiritualité. En clair : ils ont lu le mot "jugement" quelque part, lu que c'était mal, mais ils ne savent absolument pas ce que c'est.

En France, la "spiritualité" fut élitiste, très orientée magie pratique plutôt que développement spirituel jusqu'au milieu du 20ème siècle. Depuis, elle n'échappe pas à la tendance générale de la pensée française et est fortement déformée par l'idéal maçonnique. De même qu'il n'y a plus de parti politique qui ne soit citoyen, humaniste, pour les droits de l'homme, des valeurs universelles, républicain et favorable à la démocratie, il devient difficile de trouver des spiritualistes qui n'aient pas la bouche pleine de valeurs, de démocratie, de citoyenneté, etc. (on va pas la refaire, ce sont les mêmes). Là où c'est très fort, c'est qu'ils ont beau être formatés par la maçonnerie, ils l'ignorent totalement, et ne le croieraient pas si vous le leur disiez.

Le jugement prend des formes assez baroques et parfois difficiles à reconnaître. On pourrait par charité suggérer que c'est le propre des individus qui sont sur la voie spirituelle, mais pas franchement arrivés. Autant le préciser : c'est notre cas à tous.

Certains végétariens ont absolument besoin d'une théorie pour justifier leur comportement. Cela peut prendre la forme d'un jugement a priori : c'est moins grave de manger des végétaux que des animaux. C'est une forme de refus de leur nature : prédatrice, se nourrissant d'autres êtres. On retrouve la vieille manie spirituelle de se voir arrivé avant que d'être parti. Ne pas seulement aspirer à autre chose, mais rêver qu'on s'y trouve déjà (dans l'unité par exemple).
On retrouve un paradoxe similaire avec le sexe. Normalement, un individu totalement dépourvu de désirs n'a pas de désir sexuel non plus. Qu'à cela ne tienne, le sujet "en cours" d'évolution spirituelle transige et invente des discours ad hoc : il couche par amour de l'autre.

Plus subtils sont ces mots du langage qui ne semblent pas au premier abord des éléments de jugement, parce qu'ils se présentent comme capables d'explication. Ce sont - on s'en souviendra - tous ces questionnements autour de la raison d'être des choses, de la cause première et du but ultime. Pourquoi sommes-nous sur Terre ? Parce que. Pour quoi faisons-nous des enfants ? Ils vont mourir. Mais rappelons-nous que nous allons mourir aussi et convenons que l'idée de faire quelque chose dans un but quelconque est absurde. Il faut bien occuper nos vies, et nous le faisons tous de la meilleure manière que nous connaissions.

Quant aux personnes en souffrance psychologique, elles se demandent pourquoi elles ne vont pas bien. Abstraction faite de l'explication métabolique : parce que. Comment faire pour aller mieux : en allant mieux. Comment y arriver ? On y arrive si on y arrive, ou si on pense qu'on y arrive. Merveilleuse illustration de la pensée créant la réalité. Ce n'est ni "facile" ni "difficile" (encore des mots de jugement). Tout est facile pour celui qui réussit, difficile pour celui qui échoue.

Et on comprend que le jugement que porte tant le langage n'est rien de plus qu'un psychovirus. Les peurs irrationnelles, le mal-être, les tentatives de justification, le désir, la recherche du sens de la vie, la morale, les valeurs, les opinions : rien qui ne soit un reflet du jugement en bien ou en mal.

Par Didier - Publié dans : Esotérisme - Communauté : FLEUR DE LOTUS - Recommander
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /2010 11:16

Certaines de mes dernières observations vont me rendre la vie plus confortable. Puisque tout ce qu'on perçoit est toujours correct pour soi, je n'ai plus à m'interroger en permanence pour savoir si ce que je perçois est correct.  Et je n'ai plus à me préoccuper d'être compris : ceux qui doivent lire liront, et ceux qui doivent comprendre comprendront.

Il n'y a plus qu'à se contenter d'être ce qu'on est et de faire ce que l'on fait. Tout viendra naturellement et se passera de la façon dont cela doit se passer.

Bon c'est très bien d'avoir saisi les principes généraux, mais comme toujours les difficultés ne font que commencer.
Imaginons que nous vivons dans un pays totalitaire : il est interdit d'exprimer une opinion philosophique contraire aux dogmes du parti unique. On ferme sa gueule pour éviter le peloton d'exécution ? On reste en veilleuse, on joue les agents dormants, on s'enkyste en attendant des jours meilleurs ? On renonce à ce côté naturel ?  On se comporte comme un mouton en se disant qu'au moins dans la tête on n'en est pas un ?
C'est à une chose très similaire que l'on se retrouve confronté dans nos vies réelles. Culture d'entreprise oblige, il est souvent de bon ton de manifester au travail l'aveuglement nécessaire et des préoccupations personnelles matérialistes. La solution toute trouvée pour beaucoup : t'as qu'à changer de job ! partir à la campagne ! Sauf qu'on a pas toujours les fonds, les diplômes et les aspirations qui permettraient de rendre ce changement possible. Variante : il te reste ta vie en dehors du boulot ! Et si la famille, le conjoint, les amis conchient nos orientations ? T'as qu'à changer de famille et d'amis ! C'est si simple...

Et puis c'est bien beau de ne plus être soumis à ses propres désirs matérialistes et égoïstes, mais s'il n'y a personne avec qui partager, ils ont au moins le mérite de nous occuper.

La question sous-jacente est : l'être débarrassé de toute préoccupation pour lui-même est-il condamné à ne rien branler si les disciples ne viennent pas à lui ?
Certains moines zen peuvent méditer toute leur vie sans bouger. C'est parfait pour intégrer que les actes n'ont aucune importance. Mais est-ce que c'est la seule occupation possible ?
J'ai tendance à répondre oui. S'il n'y a rien à faire d'altruiste, on ne fait rien.

Lorsque l'on a intégré que le jugement subjectif est le propre de l'homme, la participation volontaire aux affaires du monde (plutôt qu'aux affaires du mur) devient une question d'attirance personnelle. Tant qu'on reste dans le domaine des loisirs, il est facile d'assumer cette subjectivité : musique achetée, films préférés, nourriture favorite. Dans le domaine des idéologies humaines, on est obligé de s'avouer que notre argumentaire est sur un plan inférieur, entièrement soumis à ce fameux jugement, alors même que nos propres alliés sont souvent convaincus que leur cause est intrinsèquement "juste". Il est difficile de participer aux affaires du monde car nous sommes obligés d'exprimer des opinions que nous savons être de simples préférences personnelles. Nous sommes contraints à l'hypocrisie par la nature même de notre savoir. Nous savons que le jugement des hommes est la source de la comédie humaine, et nous gâcherions notre énergie à alimenter cette comédie ?
Et quel être débarrassé de tout intérêt pour sa propre personne irait se commettre dans ces actions entropiques ?
Enfin, je suis moi-même très loin de ne plus m'intéresser à moi ! Pour l'instant, je vais donc passer outre et me commander le nouveau Gamma Ray.

Autre question : une société d'êtres débarrassés de toute préoccupation pour eux-mêmes est-elle capable de faire quelque chose ? Je suggérerai qu'il ne s'agit pas d'une société humaine, et que leur "faire" serait probablement d'une nature bien différente du nôtre.

Dans un registre similaire, je n'aime pas les idées fausses. J'ai tendance à les trouver polluantes, et l'essentiel de la production intellectuelle a tendance à me gonfler pour ça.
Les romans ou même l'art en général n'ont pas forcément la prétention de délivrer un message, mais ils occupent tellement l'esprit qu'on n'a plus le temps de se focaliser sur les questions importantes.
La question ici sous-jacente serait: suis-je nécrophile ? Y aurait pas comme un désir de mort derrière ce besoin de laisser de côté toutes les manifestations de la vie dans l'homme ?
Heureusement, les contradictions repérées en général n'en sont pas. Disons qu'il est bon qu'une personne qui commence à souhaiter s'élever prenne un peu ses distances avec la vie intellectuelle ordinaire. Quand elle sera assez forte, elle sera en mesure d'en connaître les tenants et aboutissants sans en être influencée. Elle pourra même interagir plus facilement en utilisant les codes culturels. Pour les autres, la vie ordinaire est de toute manière leur école.
Et puis, ignorer délibérément une partie de la culture et du monde des idées ne revient pas à se couper de toute la culture. C'est ainsi que je vais de ce pas commander le nouveau OverKill.

Les hommes et les femmes confrontés à la nécessité du "non-faire" sont dans une situation quelque peu différente. Les femmes seront plus sollicitées et auront du mal à trouver la solitude. Les hommes qui souhaiteront s'isoler des femmes et de leurs amis y arriveront trop bien, alors même que leur engagement est encore taché d'ambivalence. Au point qu'il leur sera difficile de déterminer si leur solitude est l'effet d'un choix ou de difficultés relationnelles propres à leur tempérament.

Par Didier - Publié dans : Esotérisme - Communauté : FLEUR DE LOTUS - Recommander
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 14:33

Un principe ici exposé est que notre monde sensible n'est que la projection d'un monde réel éthérique, sur le modèle de la caverne de Platon, des noumènes kantiens et un certain nombre d'autres références. La plupart d'entre nous avons pris pour habitude d'apprendre l'histoire des idées plutôt que de s'interroger si cela est vrai.
Ainsi, malgré tout le respect que nous supposons avoir pour Kant ou Platon, je ne connais presque personne qui partage leur point de vue à un niveau général.

C'est pourtant le plus banalement du monde que nous adoptons ce point de vue quand il s'agit de le décliner dans notre vie quotidienne. Chacun sera prêt à admettre qu'il y a plus dans le viol que l'acte lui-même. Beaucoup pensent aussi que le blasphème n'est pas la simple expression d'une opinion. Le rire fait perdre beaucoup de prestige à celui dont on rit, et ce qu'on dévalorise en paroles finit par perdre concrètement tout intérêt à nos yeux. Il y a donc quelque chose qui peut être affaibli ou renforcé par un acte ou une parole dans notre psyché. Ce qui heurte la psyché collective ou la renforce entre dans le cadre de la morale.
C'est ainsi que nous balançons entre l'idée que cela est de l'ordre du consensus arbitraire, et l'idée que l'acte contient en essence ses conséquences, ou que le mot contient en essence la nature du signifié.

Ceci est en effet à mettre en parallèle avec les principes du langage. Le langage décrit pataudement une réalité bien plus complexe que lui-même, en nous obligeant à créer des catégories artificielles. De manière stupide, beaucoup prennent le concept pour la réalité elle-même. L'essentiel de la controverse philosophique porte sur l'existence réelle ou non des concepts. La querelle scolastique des universaux est à ce niveau. La controverse morale contemporaine est du même ordre, quant à savoir s'il existe ou non des races humaines par exemple.

Mais la vérité est entre les deux : c'est à la fois arbitraire et réel. Autrement dit, si vous pensez que c'est vrai, cela l'est. La valeur en économie n'existe pas, mais elle existe. La justice est une illusion, mais elle structure nos représentations. Un acte quelconque est indifférent en lui-même, mais il a une portée morale que nous décidons. Les races humaines existent si vous souhaitez utiliser le concept, elles n'existent pas si il vous rebute. Notre psyché crée ces points de vue et en conçoit un ressenti, qui est lui aussi à la fois réel et subjectif, et entraînera des réactions tout aussi réelles et subjectives.

Du point de vue de la logique, cela appelle un raisonnement non-aristotélicien, à savoir qu'une proposition peut être fausse en essence, mais générer des comportements tels que si elle était vraie.
C'est à travers la morale collective et le langage que l'homme fonde ses civilisations, aussi pouvons-nous affirmer qu'il n'a même pas le choix. C'est une des grandes caractéristiques de l'humain en tant qu'espèce : ses représentations du monde sont toujours subjectives, des pétitions de principe. Autrement dit, il ne fait aucune différence entre un fait et une opinion.
Et puisqu'il est impossible de changer sa nature d'espèce, nous avons donc affaire à une règle générale : tout cela est à la fois arbitraire et réel.

Prenons le raisonnement dans l'autre sens. Puisque nos représentations conceptuelles et morales sont des entités réelles, c'est donc que Kant et Platon ont raison : elles se projettent bien sur notre monde.
On retrouve là les principes de la magie, et il est maintenant évident que celle-ci fonctionne, puisque c'est ainsi que le monde fonctionne lui-même.

Par Didier - Publié dans : Esotérisme - Communauté : FLEUR DE LOTUS - Recommander
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