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"La social-démocratie est le nom que l'on donne au capitalisme en Europe" (John Kenneth Galbraith)

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Samedi 19 janvier 2008
La chose la plus fascinante lorsqu'on est un producteur de contenu sur le net, c'est de pouvoir  suivre les réactions que  l'on suscite.  D'un côté, c'est un peu vain et égotique. De l'autre, c'est tout de même utile, parce que je n'écris pas que pour me faire plaisir. Il y a une formidable ambition derrière ce modeste site : faire en sorte que vous pensiez un peu plus comme moi.

Rien d'original, puisque le moindre blogueur dans la rubrique politique a plus ou moins cette même ambition.

Louis Pauwels nous disait qu'il y avait deux types d'ésotéristes : ceux qui sont là pour comprendre -lui-même se plaçait dans cette catégorie - et ceux qui sont là pour accomplir, les "alchimistes". Ce n'est pas un reproche de passivité qu'il adresse à ceux qui se contentent de comprendre : tout est une question de prédisposition naturelle. Il n'est tout simplement pas à la portée de n'importe qui de s'atteler à l'oeuvre alchimique.

Dans le domaine politique, les savants obtiennent le plus grand pouvoir lorsqu'ils se regroupent dans les sociétés secrètes, parce qu'aucun individu aussi intellectuellement puissant soit-il ne peut obtenir le pouvoir sans un groupe de gens oeuvrant dans le même sens à la même égrégore.

La seconde grande ambition à laquelle ce petit blog pourrait contribuer, c'est donc de favoriser la cristallisation d'une telle société secrète.

Aussi je souhaiterais que les internautes qui reprennent mes articles et me mettent en lien sur leurs sites me le signalent, plutôt que de le découvrir en consultant mes statistiques. C'est gonflant, à la longue, de voir que je suis repris à droite (les Jeunesses patriotes du 27) et à gauche (les blogs bovistes et anars), alors que personne ne fait l'effort d'envoyer un mail, ou même un petit commentaire.

J'aimerais, par exemple, bien savoir qui a mis le site en lien dans l'article "Altermondialisme" de wikipedia en français. Ca met un temps fou de chercher la référence sur la page, et d'ailleurs j'ai pas trouvé, même dans les versions archivées.

par Didier publié dans : Esotérisme communauté : FLEUR DE LOTUS recommander
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Dimanche 13 janvier 2008
Celui qui comprend que l'économie est une pure création du cerveau humain ne peut qu'être stupéfait de voir que l'humanité quasi totale a pu accepter cette idée à force de propagande. Voilà un acte magique fabuleux par son ampleur.

Ceci observé, on peut supposer qu'il ne s'agit probablement pas du seul mensonge inculqué à l'humanité sur sa condition. D'autres disciplines sont certainement touchées, comme l'Histoire, la physique, la biologie.

J'aime bien en général le blog et les ouvrages de Sébatien Fontenelle, journaliste libertaire contempteur des "penseurs couchés" et des journalistes aux ordres. Mais Sébastien n'échappe pas à la déformation professionnelle : il semble penser que le débat médiatique qu'il commente tous les jours traite de ce qui est important. Ainsi, seules des interprétations fallacieuses et des occultations partielles peuvent être le fait des journaux. Les faits bruts sont connaissables au chercheur honnête et il se charge de nous en donner une interprétation plus juste.

La révélation de l'inexistence d' "armes de destruction massive" en Irak produit parfois des raisonnements étonnants. Pour certains, si la vérité a fini par triompher, c'est qu'elle finit toujours par s'imposer d'une manière ou d'une autre, le complot ne pouvant pas être tenu secret. Je pense tout le contraire.

Ce ne sont pas les journalistes - et surtout pas les journalistes français - qui ont imposé l'idée que ces ADM n'existaient probablement pas. Ce sont des militaires américains et des internautes. En général, les militaires ne disent rien. Il est probable que la résurgence de la vérité concernant ces ADM occulte tous les autres mensonges qui n'ont pas été dévoilés.

A l'opposé du journaliste, on trouve des idées assez radicales. Un mathématicien russe du nom de Fomenko suggère, statistiques à l'appui, que le Moyen-Age est une pure création littéraire. Le journaliste pense instinctivement que Fomenko dit des conneries. Mais si le mensonge et la dissimulation sont si fréquents dans les journaux aujourd'hui, dans les familles et les couples, pourquoi n'en serait-il pas de même pour un passé dont nous avons infiniment moins de preuves directes ?

Bien avant l'économie sévissaient déjà les religions. A qui ne connaîtrait pas l'Histoire de la Terre, leur sort semblerait assez facile à régler. Brigitte Bardot nous a assez dénoncé l'horreur des conditions dans lesquelles on égorgeait les moutons le jour de l'Aït-el-Kebir. Ce qui est bien plus choquant, c'est que l'Aït commémore un sacrifice humain, avorté certes, celui d'Isaac par Abraham. Mais il y a aussi des sacrifices humains réels dans la Bible comme celui, très explicite, de la fille de Jephté le Galaadite.

Les trois religions monothéistes s'appuient donc sur des pratiques de magie noire (mais alors très noire). Le livre d'Enoch identifie d'ailleurs clairement Yahwé à Satan.
Les religions pratiquent le déni sur cet apologie du sacrifice humain qu'on trouve dans les textes bibliques. C'est au moins une bonne chose car cela veut dire qu'il n'a apparemment plus cours. En revanche, le contenu général des religions actuelles reste de la même eau : un pacte/alliance, un renoncement au libre arbitre, l'acceptation d'une loi/sujétion à l'entité contre la promesse de récompenses matérielles (sur Terre chez les Juifs, au ciel pour les autres), des rituels sacrificiels (symboliques chez les chrétiens, réels chez les musulmans, les Juifs ou dans le vaudou).

Il y eut une époque où l'Eglise catholique n'appréciait pas tellement l'argent. Le protestantisme a balayé cela en décrétant, comme les Juifs, que celui qui avait de l'argent en avait parce qu'il avait complu à Dieu, et qu'en conséquence les riches étaient les meilleurs des hommes. Les musulmans refusaient traditionnellement l'intérêt, mais il semble que la tendance soit à l'acceptation d'un taux d'intérêt "raisonnable".

L'effervescence messianique actuelle complète le tableau. Elle n'est pas réellement perceptible en France où les phénomènes religieux ne sont pas décrits pour ce qu'ils sont, mais pour des données sociologiques ou géopolitiques. On insiste beaucoup en France sur la dimension "laïque" du sionisme. On feint de croire que le judaïsme traditionnel n'a aucun intérêt pour le sionisme, alors qu'il y a des interprétations divergentes. L'hérésie sabbatéenne au 16ème siècle était sioniste, et le livre de Jérémie fonde clairement cette idéologie. C'est de manière fortuite si le choix "laïc" de regrouper les Juifs suite aux persécutions dont ils furent l'objet, et de les regrouper plutôt en Palestine qu'en Ouganda, à Madagascar ou en Russie, rejoint les prescriptions bibliques.

Ce discours est surtout un discours français, car les sociétés anglo-saxonnes ne perçoivent pas bien ce qu'est la "laïcité" et alimentent les descriptions religieuses du monde. Les groupes évangélistes américains ignorent totalement les causes géopolitiques évoquées en France et les remplacent par la confirmation de leurs visions eschatologiques. Chacune des trois religions annonce l'arrivée prochaine de son Messie. Les Juifs ont souvent dit que c'était imminent, mais le retour pour demain matin de Jésus et de l'imam caché, à l'exception des prêcheurs fous et du passage de l'an mil, sont des phénomènes essentiellement contemporains.

A la limite, on s'en ficherait un peu si tout cela n'avait pas d'incidence sur la vie du reste de l'humanité. Le problème, c'est que chacun des messies annoncés est censé péter la gueule aux incroyants de la vraie religion.

Les rationalistes, qui sont en général tout aussi bornés dans leurs perceptions du monde, disent que la religion est l'opium du peuple. C'est plus que cela : la religion, c'est la magie noire.

par Didier publié dans : Esotérisme communauté : PARLONS FRANCHEMENT recommander
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Dimanche 6 janvier 2008
La pensée postmoderne se résume à ceci : maintenant que la gauche à tout raté, on fait quoi ?

Il y a  deux options : soit on devient capitaliste et on prétend y aller de son petit plus éthique (option Finkielkraut), soit on examine de nouveau le contenu des idéologies de gauche pour comprendre ce qui ne va pas dedans.

La gauche de gauche n'est pas du tout postmoderne. Elle  répète juste les idées d'avant en se disant que ça finira  par marcher un jour. La gauche de gauche n'est pas du tout anticapitaliste, mais elle reste persuadée du contraire parce que c'est comme cela qu'elle s'est historiquement définie et qu'elle considère que combattre le capitalisme en en adoptant les représentations économiques est et sera toujours pertinent.

On observera qu'il est étonnant de définir l'ensemble du champ politique à travers une variable unique, qui prend des noms différents selon la partie du spectre observé (la droite, la gauche, le centre), alors que cette variable est mal définie dans l'absolu, et qu'elle fluctue également de manière relative en temps et en lieu.

Il faudrait donc se mettre d'accord sur ce que l'on désigne comme étant la gauche et la droite.

A une époque pas si lointaine, étaient désignés comme de gauche ceux qui croyaient que l'Histoire a un sens et que c'est celui du progrès humain.

Etaient désignés comme de droite

- les romantiques réactionnaires et les bourgeois conservateurs, qui pensaient que le monde était mieux avant/très bien comme il est, parce qu'ils y trouvaient un avantage personnel (ils sont en haut de l'échelle sociale) ou esthétique. Ceux-là pensent que le monde change et qu'il change en mal lorsqu'on met en oeuvre le progrès. C'était du temps ou le progrès était une valeur portée par la gauche. Mais on leur proposa un progrès inégalitaire, et ils s'y sont ralliés.

- les conservateurs fixistes, qui pensent le monde ne peut pas changer, et qu'il est inutile de chercher à le changer.
Parmi ceux-ci, les plus pessimistes, influencés par le catholicisme ou le gnosticisme, pensent que le monde est mauvais de nature.

De nos jours, la gauche (de gauche) continue à prétendre à une plus grande justice humaine, mais d'un point de vue plus moral que scientifique. Le messianisme y a fait long feu.

En revanche ceux qui sont désignés comme la droite et les conservateurs ne sont en réalité pas du tout conservateurs. Ils aspirent à la fin de l'Histoire, qui sera capitaliste, démocratique, inégalitaire et heureuse.

Il y a une similitude fondamentale entre tous les courants qui se réclament d'un temps linéaire, d'un sens de l'Histoire et développent une idéologie de type messianique, qu'ils soient supposément égalitaires ou pas. On citera les grandes religions (il n'y a pas de fin de l'Histoire heureuse sur Terre pour les musulmans et les catholiques, mais la finalité se trouve au paradis), communisme, nazisme, fascisme, sionisme, néo-conservatisme et capitalisme.

Séparer les inégalitaristes et les plus égalitaires n'est pas pertinent si on adopte le point de vue contraire du gnosticisme. Dans le manichéisme, ce sont deux principes qui s'affrontent dans l'homme, "bien" et "mal" et jamais l'un ne triomphe de l'autre. Cela exclut l'idée de progrès et les idéologies finalistes. Le mage Gurdjieff disait que les formes changent, mais l'essence demeure.

Si le gnostique a raison, la conséquence logique est que les idéologies finalistes et messianiques se planteront toujours.

En post-modernes, examinons le contenu de l'idéologie de gauche pour voir ce qui ne va pas. Il y a bien sûr les croyances économiques absurdes partagées avec les capitalistes, la confiance naïve dans les vertus de la démocratie électorale. Il y a aussi l'idée que la victoire viendra un jour, et qu'elle sera définitive. L'Histoire nous permet-elle d'observer que des progrès le soient pour toujours, ou que globalement le monde s'améliore avec le temps ?

Il semble donc bien que le gnostique a raison.

Les anciens conservateurs et la gauche pensaient à raison que ce monde est mauvais.
L'ancienne gauche pensait qu'il pouvait être amélioré. L'ancienne droite pensait qu'il ne fallait pas essayer de l'améliorer.

Doit-on être conservateur ? Je ne le pense pas. Ne pas essayer d'"améliorer" le monde n'est pas un non-choix.  C'est choisir l'entropie car on ne peut pas refuser de servir l'un ou l'autre principe.

Je suggère d'essayer, malgré tout.
par Didier publié dans : Esotérisme communauté : Freemen recommander
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Mercredi 15 août 2007

Le capital, c'est un peu comme les armes de  destruction massive :  aussi  longtemps qu'on croit  qu'ils existent, ils peuvent  orienter nos raisonnements et déterminer nos actions.

On définit habituellement les égrégores comme des formes-pensées créées par l'esprit collectif. L'idéal-type de l'égrégore est la religion, mais toutes les idéologies en sont aussi de bons exemples.

Le groupe Tri Yann a chanté "La découverte ou l'ignorance" : la Bretagne n'existe que si, à chaque instant, des bretons se reconnaissent en elle. C'est tout à fait cela. Le lapin de garenne ignore totalement qu'il court dans la lande de Bretagne. Certaines légendes arthuriennes expliquent que les esprits de l'ancienne religion ont disparu lorsque les hommes ont cessé de croire en eux.

C'est là qu'on observe que le capitalisme est manifestement une égrégore puisqu'il fonctionne énormément aux prophéties autoréalisatrices et à la confiance.

Les égrégores fonctionnent sur le principe des poupées russes : des variantes les subdivisent. Au sommet de la plupart d'entre elles, il y a une super-égrégore, qu'on pourrait qualifier de domination (un ange NB), mais qui est plus qu'une domination politique ou économique - résultante de l'égrégore capitaliste -, une domination des consciences.

Les égrégores sont néfastes de deux manières. A un plan personnel, lorsqu'on les prend pour la réalité. Sur un plan collectif pour leurs conséquences parfois fâcheuses.

On ne s'en protège qu'en améliorant sa connaissance objective. Sur un plan collectif, il est très difficile de lutter contre une égrégore car ce n'est pas à la portée du premier magicien venu de façonner l'inconscient collectif. On peut faire le choix de soutenir une égrégore existante ou une variante moins destructrice (par exemple le capitalisme mou de Mélenchon contre le capitalisme dur de Sarkozy), mais le résultat est aléatoire et l'objectif peu satisfaisant.


I Les égrégores peuvent naître de catégories descriptives

Présenter les égrégores comme des dogmes n'est pas une bonne manière de les aborder. 

D'abord, les égrégores admettent une certaine souplesse, d'un côté en acceptant des variantes, de l'autre en n'exigeant pas de tous qu'ils connaissent le dogme sur le bout des doigts. Ainsi le capitalisme admet des doses variables d'intervention publique et n'exige de la plupart des membres de l'esprit collectif que de croire qu'il s'agit du seul mode d'organisation possible des sociétés, ou encore de penser qu'il est synonyme de liberté, laissant aux spécialistes la connaissance de ses arcanes.

Ensuite, elles ont souvent la prétention d'être des vérités démontrées et non révélées. Dans la pensée de Karl Popper, tout ce qui est scientifique n'est pas dogmatique et réciproquement. Mais on observe fréquemment ce glissement de la science au dogme (même si jamais un scientifique ne l'admet).

Enfin, la frontière entre la notion de catégorie en sciences ou de concept en philosophie et celle d'égrégore est floue.

La catégorie est un artifice de langage pour décrire le monde. Des catégories consensuelles permettent de limiter les erreurs de compréhension entre individus.

Or, c'est précisément lorsque des consensus surviennent que les égrégores se créent. Au plan individuel, la personne pense que son propre système de catégories est le seul possible, ce qui contribue à la fois à le rendre rigide et in fine à la prendre pour LA réalité. Au plan collectif, il se crée un consensus sur un système de catégories rigide.

Ainsi une catégorie comme la race en systématique du vivant devient une égrégore lorsqu'on croit qu'il existe réellement dans la nature des races distinctes dans lesquelles on peut classer tous les individus.

Lorsqu'il décrit le monde en catégories, l'individu a conscience qu'il s'agit de catégories. L'égrégore lui fait croire que le langage reflète la réalité. (Une grande égrégore est de croire qu'EN GENERAL, le langage reflète la réalité, ce qui rend l'individu extrêmement vulnérable à la magie.)
De plus, en théorie, les catégories n'influencent pas la réalité qu'elles décrivent, alors que l'égrégore façonne le monde qu'elle prétend décrire.

En théorie, car l'influence sur la réalité est beaucoup plus une propriété de l'individu - fonction de sa capacité à agir sur son environnement - que du discours qu'il tient. On observe ici le flou à la limite sus-cité.


II Les égrégores peuvent ne pas naître de descriptions

Toutes les égrégores ne sont pas des dérives de descriptions. Le capitalisme n'était pas au départ une tentative de décrire le monde. Ce n'est qu'après s'être imposé comme système qu'il a PRETENDU que ses agrégats étaient une représentation du monde.

Lorsqu'on observe les indicateurs de développement humain comme l'espérance de vie, l'équipement des ménages, la scolarisation des femmes, il n'y a pas de lien observable avec le PIB. La conclusion logique serait de dire que le PIB ne représente rien de réel. Au lieu de cela, on fait curieusement cohabiter comme indicateurs le PIB et les IDH, en disant que le PIB est capable d'évaluer la part financière du développement et les IDH sa part humaine.

Il n'y a AUCUN capital dans la nature. Le capital seul est une petite égrégore enchâssée dans le capitalisme. Max Weber ou Karl Marx décrivent l'émergence du capitalisme au 18ème siècle. En revanche, personne ne semble s'être soucié de décrire l'avènement du capital.

Tout fonctionne comme si l'inconscient collectif des économistes contenait une histoire implicite : au commencement, le capital était à zéro. Puis l'homme est apparu sur Terre et le capital avec lui. Il n'a jamais cessé d'augmenter depuis, traduisant en cela l'amélioration des sociétés humaines.

par Didier publié dans : Esotérisme recommander
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