Politique

Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /2009 06:24
Nous allons parler du documentaire "La domination masculine" d'un certain Patric Jean, qui parle du conditionnement sexué de la société.

Bon le cinéaste est un homme, qui épouse la "cause" des femmes. Les motivations sous-jacentes de ce genre de comportement "altruiste" sont souvent ambiguës. Patric compense probablement quelque chose.
Dans le genre, on a aussi le bonze Mathieu Ricard, qui ne se contente pas d'être un bouddhiste comme tout le monde, mais prétend être le porte-parole du pouvoir temporel (le dalai-lama) d'une puissance étrangère. Je vais prendre la Libye tiens, j'aime bien la culture libyenne.

Parler de "domination" est déjà éminemment subjectif. Tout ce qu'on peut affirmer est qu'il existe (résiste) une différenciation des comportements de genre. Certains auteurs disent au contraire que le sexe fort est le sexe féminin. Tout dépend des représentations qu'on choisit d'adopter.

Ainsi la journaliste de 20 minutes participe des préjugés de Patric. Elle demande notamment "Qui est responsable de ce déséquilibre ?" Dans la tête d'un journaliste français en 2009, tout ce qui n'est pas identique est déséquilibé.
Patric nous dit que la mère valorise son fils "il sera footballeur" et minimise les mouvements de sa fille "elle sera douce".
Etre douce, c'est donc dévalorisant. Etre footballeur, c'est donc bien. Et on se prend à penser "à conditionnement culturel, conditionnement culturel et demi."

"Mais tout cela est culturel, pas biologique", nous dit Patric.

Voilà une pétition de principe. En fait, cela pourrait bien être pas mal biologique justement. Mais ça ne l'arrange pas trop le Patric. La nature il n'aime pas ça, ça lui donne des cauchemars, ce truc qui s'impose au soi et vient balayer nos fantasmes de ce qui est et devrait être. Donc c'est culturel. Patric dormira mieux ce soir.

La culture, c'est un ensemble de valeurs qui ne se comparent pas facilement. Comment affirmer que la préférence pour l'unisexe est meilleure que les valeurs traditionnelles sexuées ? Patric lui peut : les valeurs traditionnelles, c'est nul, et on n'a pas besoin de le prouver tout le monde le sait.

Nous serions - il le dit - totalement submergés par la propagande sexuée. Celle qui est invisible parce qu'elle est intégrée. Tous ces livres pour enfants où les filles sont des princesses et les garçons des chevaliers. Faisons le contraire bon sang ! Bien sûr, Patric invente. Depuis des décennies, les livres pour enfant sont remplis jusqu'à la gueule de propagande moderniste. Je ne compte plus le nombre de bouquins empruntés à la Médiathèque du coin présentant des familles recomposées ou homoparentales, de petits livres avec des lapins immigrés sympas. Personne ne pourrait trouver de diffuseur pour un documentaire sur "la tyrannie féminine" ou "le mérite de la distinction de genre dans la société traditionnelle".

Les hommes séducteurs seraient des Don Juan et les femmes séductrices des salopes. C'est peut-être vrai cité Staline aux Mureaux, mais dans le reste du pays, toutes les filles sont féministes depuis qu'elles ont douze ans, soutenues par leurs mamans, leurs papas et le prof socialiste. Dès la sixième, on me bassinait avec "les filles qui sont mûres plus vite que les garçons" (A mon avis, aucune femme ne se débarrasse de ses complexes infantiles avant 35 ans révolus. Certaines n'y arrivent jamais.) Evidemment les femmes étaient libérées et les hommes des salauds immatures.

Chez Patric Jean, on n'échappe pas aux préjugés allant de soi. Il n'y aurait pas assez de femmes dans l'Hémicycle, pas assez de femmes dans les "postes à responsabilité". L'Hémicycle, et donc la démocratie représentative, c'est bien. Etre député ou dirigeant d'entreprise c'est bien.

L'identification à d'illustres inconnus qui représenteraient la cause d'un individu est d'une part illusoire, d'autre part extrêmement mutilante.

Qu'est-ce que ça peut bien foutre à 30 millions de femmes françaises s'il n'y a pas 250 femmes députés ? Qu'est-ce que ça peut bien foutre pour une caissière de supermarché qu'il y ait 50 % de femmes dans le conseil d'administration de sa boîte ? 95 % des noirs américains ont voté pour Barack Obama. Leur vie a changé à l'évidence.

Et si les dames préféraient s'identifier à autre chose qu'à des dames ? Si Patric était cohérent avec son principe d'uniformité unisexe, il devrait pouvoir en tenir compte. Et si leurs représentations du monde, leurs propres quêtes de sens ne tenaient aucun compte de telles statistiques dépourvues d'âme ?
Croyant libérer les français de leurs supposés conditionnements anciens, Patric lui ne cache pas qu'il veut façonner notre regard sur le monde. Il souhaite libérer la pensée humaine par l'obligation de se conformer à la sienne. Lui se bat pour des "valeurs", nous avons des "préjugés".

C'est au coeur de la pensée de gauche uniformisante : celle-ci se perçoit comme non-discriminante, alors que son universalisme est fondamentalement raciste pour tout ce qui n'entre pas dans ses schémas culturels.

Il devient absolument nécessaire à leurs yeux d'imposer leurs valeurs aux autres. Il faut "éduquer", "changer les mentalités" (celle des autres, qui est nulle, pour la conformer à la leur, qui est bien).
Evidemment, on peut constater que cela fonctionne très mal. Des milliers de programmes télévisés gay-friendly et trois soirées par semaine sur la seconde guerre mondiale pendant 20 ans n'y suffisent pas. "Il y a encore des gens opposés au mariage gay ?" : qu'à cela ne tienne, on refera quelques milliers de programmes de sensibilisation.

Il y a évidemment un grand aveuglement dans la conviction qu'ils ont de parvenir à leurs fins. Ils pensent par exemple qu'ils peuvent combattre le viol par une campagne de publicité. (Mais que n'y avions-nous pensé plus tôt ? Ils ne sont pas méchants dans le fond, ces violeurs, juste mal éduqués... Ben voilà dans six mois ce sera réglé.) Campagne à messages contradictoires. On pensait que regarder des pornos c'était sexiste. Mais c'est Clara Morgane qui tourne dans le spot. Donc en fait, le viol ça reste mal, mais le porno c'est bien ?

La seconde chose qui ressort dans la pensée normative de gauche, c'est la conviction que le monde va en s'améliorant, et qu'ils y contribuent. Puisqu'ils sont là pour améliorer le monde, c'est donc que celui-ci est imparfait. Il y a donc toujours quelque chose contre lequel récriminer et se scandaliser. 49 % de femmes à l'Assemblée ? On veut 50 ! Mais ils peuvent se scandaliser de n'importe quoi. Ils trouveront toujours un truc à redire. Il y a trop de noirs en Afrique, mettons des jaunes.

Leur imagination n'a aucune limite.

Par Didier - Publié dans : Politique - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT - Recommander
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 13:53

Puisqu'il n'existe pas de pensée sans préjugés, la seule qualité d'une pensée est d'avoir conscience des préjugés qu'elle utilise.

L'homme de la tradition assume volontiers sa subjectivité et ne prétend pas être dépositaire de valeurs universelles.
Que l'on s'y reconnaisse ou qu'on la combatte, on identifie souvent la pensée traditionnelle à la "droite". Au 18ème siècle, on pouvait à bon droit faire ce rapprochement, l'universalisme et les droits de l'homme étant clairement des idées progressistes rattachées à la gauche de l'hémicycle. Les grands penseurs de la droite étaient pleinement conscients de se rattacher à une culture enracinée et à des valeurs subjectives. Ils comprenaient qu'au-delà de la défense d'un ordre antérieur et une hiérarchie, c'était leur culture qui était menacée.

A l'inverse, la gauche croyait que ses idées représentaient un "progrès" contre un supposé obscurantisme antérieur. Ses valeurs étaient objectivement meilleures. Elle n'avait aucune conscience de ses préjugés. D'ailleurs, elle n'a pas de préjugés, qui n'existent qu'en face.

Il est significatif que beaucoup de gens de gauche soient absolument incapables de distinguer un fait d'une opinion. Sitôt aura-t-on fait admettre le caractère subjectif d'une opinion, ils affirment que les faits aussi sont subjectifs. C'est là la caractéristique du matérialisme et des ses rejetons - structuralistes, constructivistes ou encore l'économie -  étrons de pensée à la dérive, où tout ce qui est affirmé est toujours vrai.

De ce fait, la gauche ne comprend même pas le relativisme culturel de la pensée de droite, qu'elle a d'abord présenté comme la réaction des riches et des privilégiés cramponnés à leurs intérêts, et qu'elle appelle aujourd'hui racisme. D'ailleurs, les hommes de la gauche jusqu'au milieu du 20ème siècle conservaient un fort lien à leurs terres et à leur culture. Les craintes de la droite pour ses valeurs leur paraissaient infondées.

Comme on parle de racisme, cela montre bien que les anciens hommes de droite voyaient juste : le progressisme vise à tout changer, d'abord la hiérarchie des hommes, ensuite leur culture.

Mais il n'y a plus réellement de différence culturelle entre la droite et la gauche. Pour tout le monde, le clivage droite/gauche est désormais un désaccord sur le degré des inégalités et l'interventionnisme de l'Etat dans l'économie. La droite a totalement assimilé le discours progressiste : elle est mondialiste, américanisée et défend des valeurs à prétention hégémonique que l'on dira "occidentales" à défaut d'être liées à une tradition d'Occident. Cette grande similitude de vues entre la "droite" et la "gauche" échappe totalement à la majorité des individus, tant ils partagent cette idéologie universaliste.

Toutefois, les derniers défenseurs de valeurs enracinées se situent toutefois bien encore à droite, bien qu'ils adoptent de manière pavlovienne un credo capitaliste, anti-étatique et inégalitaire qui prétend lui aussi être de "droite".

A l'opposé de la "droite" mondialiste aux valeurs hégémoniques, les libertaires manifestent des tendances très contradictoires.
Ils se pensent souvent plus proche de la gauche parce qu'opposés au capitalisme et égalitaristes, mais la vieille droite n'était pas précisément capitaliste, et elle était plus conservatrice que fondamentalement inégalitariste. Concernant l'unversalisme des valeurs occidentales, les libertaires peuvent avoir des opinions opposées et parfois un même individu peut avoir un double discours.
Aux Etats-Unis, les libertariens seraient classés à l'extrême-droite de l'éventail politique français. Leurs valeurs sont ultra-individualistes.
Mais les références intellectuelles des libertaires français étant peu ou prou celles des révolutionnaires, marxistes ou pas, ils ont tendance à être sensible aux principes universels, à la démocratie ou aux droits de l'homme. D'un autre côté, ils refusent les valeurs occidentales - à prétention universelle - parce que certains de ses aspects ne leur plaisent pas. La revendication autonome est de ce fait relativement opportuniste, puisqu'elle n'est affirmée que dans un contexte.

Les rouges et noirs - insurrectionalistes - sont même capables de proposer sans sourire un "système" libertaire ultra-coercitif.

Les choix idéologiques ne sont pas réellement assumés, entre un soutien aux valeurs du système et une opposition frontale à ce qu'il représente. Ils sont pour la démocratie, mais pas celle-là, pour des valeurs universelles mais pas celles du capitalisme. Pour le Tibet aux tibétains, mais pas la France aux français.

Ils observent un questionnement permanent sur la meilleure manière de concilier l'intérêt général et l'intérêt particulier qui est réellement stupéfiant pour un problème totalement insoluble. ("Mon phalanstère n'est pas un collectif, mais une réunion d'individualités souveraines.") Ils oscillent entre assumer leur subjectivité et prétentions universalisantes.

Par Didier - Publié dans : Politique - Communauté : Freemen - Recommander
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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /2008 21:46

Un blogueur du Post, un certain Bruno-Roger Petit écrit « Jusqu’où mener cette bataille pour la démocratie sans nuire à la démocratie elle-même ? » et compare la contestation des résultats du congrès du PS à celles qui ont suivi les élections américaines de 2000. Il en conclut qu’en acceptant de jeter l’éponge, les démocrates ont préparé l’avenir avec l’élection d’Obama 8 ans plus tard. Les millions de mort d’Irak et d’Afghanistan apprécieront la candeur du propos. Mais c’est surtout le raisonnement tenu qui est d’ordre psychotique. Truquer les élections n’est pas en soi un problème, du moment que les apparences démocratiques sont sauves. Un tribunal avait autrefois avalisé l’élection de Jean Tibéri à la mairie du 5ème arrondissement de Paris en reconnaissant que des morts avaient voté, mais que cela n’était pas de nature à modifier les résultats du scrutin.

Que peut faire un individu impliqué dans une procédure électorale lorsqu’il sait pertinemment que s’il ne triche pas, le camp d’en face le fera et emportera la mise ? L’élection est une incitation au vice, et l’on peut être certain que par ce biais, ce sont essentiellement des individus vicieux qui parviendront au pouvoir. Au moins dans un système par cooptation ou de pouvoir héréditaire, il peut arriver par accident qu’un chef ait une véritable stature (nous ne parlons pas ici de médiocres autocrates à l’esprit conquérant. Peu d’exemples valables pourraient venir à l’esprit du lecteur). Et si, fort rarement, un chef d’une telle stature commençait de s’imposer en démocratie, il serait invariablement poussé vers la sortie par la masse des médiocres.

En général, la démocratie est toujours respectée quand on gagne, et bafouée quand on perd. Il ne manque pas de scrutins parfaitement réguliers (ça existe) à la suite desquels on aura entendu un des protagonistes s’éclamer : « on a perdu, c’est pas démocratique. »

Il faut dire que la démocratie a quelques vertus pratiques. Elle sert à légitimer ses propres victoires et à jeter le doute sur celles du camp d’en face.


Il arrive également qu’on avance qu’en démocratie le citoyen ne se laisse pas faire. C’est tout à fait le contraire. Il existe des villes américaines de 30 000-50 000 habitants où entre le tiers et la moitié des foyers ont perdu leur logement. Ils ne se révoltent pas. La gauche américaine accuse en général le « tittytainment » (contraction de titty et entertainment, mot inventé par Zbignew Brzezinski), du pain et des jeux (enfin surtout des jeux) censés détourner le peuple des questions politiques. Je propose plutôt le démocratisme. Ils attendent tranquillement que les élections, auxquelles ils n’ont d’ailleurs plus le droit de participer puisque sans abri, règlent le problème.


Ils devraient savoir aussi que les élections ne règlent jamais de tels problèmes. Jamais une élection en France ou aux Etats-Unis n’a contribué à améliorer le sort des sans-abri. Le plan logement de la ministre Boutin consiste à proposer des maisons moins chères contre souscription de crédit immobilier, pas à loger des SDF en urgence. On notera que l’association Droit au Logement a récemment été condamnée pour avoir planté des tentes à Paris. Ca nuit à l’immobilier. Le plan d’actions de Barack Obama aux Etats-Unis consiste à renflouer les banques et à relancer le crédit d’investissement. Aucune mesure n’est proposée pour loger ces américains sans toit. Et aucun parti, PCF, NPA, PS, etc, ne propose d’interdire le taux d’intérêt.


Cela révèle un fait assez fondamental de la psychologie humaine : la plupart des individus sont dissociés. Il y a une part d’eux-mêmes qui croit aux discours, et l’autre qui tient toujours compte de la réalité, mais ils observent très rarement que le discours et la réalité ne concordent pas. En l’espèce, nous avons un individu qui croit sincèrement aux vertus de la démocratie électorale, et un autre lui-même qui sait très bien que la seule chose qu’il désire vraiment c’est gagner. De même qu’il sait très bien que ce qu’on nomme démocratie cache une légitimisation de la tricherie.


L’exemple habituel ici est la théorie économique. Beaucoup de gens sont prêts à reconnaître que l’économie est une invention, et la valeur artificielle. Pourtant, les mêmes pensent que cette valeur artificielle est définie une fois pour toute par la théorie économique. Devant des manifestations de la valeur qui contredisent la théorie économique, ils pensent qu’il s’agit de « fausse valeur » et que la théorie finira par contraindre les faits. Ils n’admettent pas que si le capitalisme a eu la capacité d’inventer la valeur, il a celle de continuer à en inventer sous d’autres formes, et que jamais aucune théorie figée ne pourra en rendre compte.


Quand les faits contredisent la théorie, la théorie ne contraint pas les faits : la théorie est fausse.

Les marxistes croient que si les évolutions du prix ne prouvent pas la théorie marxiste de la valeur, c’est que ce prix n’est pas la valeur vraie. Ils continuent aussi de croire que l’existence de stocks annonce une crise.

De même les keynesiens pensent qu’à moyen terme les évolutions de la Bourse doivent suivre les évolutions de la sphère réelle. Pour des scientifiques sérieux, cela consiste à mélanger des choux et des carottes puisque les ordonnées sont différentes : dans un cas le chiffre d’affaires, dans l’autre la cotation. Tout ce qu’on pourrait éventuellement comparer est le profil des courbes, qui ne se ressemblent pas du tout, puisque il faut attendre le moyen terme. Ils regardent alors les endroits où les courbes se croisent, s’en servent comme référence et déclarent la similitude des courbes, oubliant les profils différents, et le fait que si les ordonnées sont de nature différentes, les courbes ne peuvent pas vraiment se croiser. C’est le niveau intellectuel où se situent un Jacques Généreux ou un Bernard Maris.


La dissociation prend énormément de formes, et on peut en observer des exemples tous les jours. Un individu peu ou pas dissocié a tendance à agir en fonction de ce qu’il pense. Les enfants non dissociés qui entrent dans le monde sont très vite confrontés à une sensation étrange : ils constatent que la règle affichée et la règle à suivre sont différentes. On essaie de leur faire croire qu’ils ont mal compris la règle, et culpabilisés de cette incompréhension, ils mettront du temps à mettre le doigt sur la situation réellement en jeu. Corollairement à leur unité de pensée, ils ont une grande difficulté pratique à se dissocier volontairement. L’apprentissage dans une société dissociée privilégie un savoir appris par imitation. L’enfant non dissocié a des difficultés à imiter un savoir sans se référer à la règle affichée. Il apparaît aux autres comme un inadapté. Son travail consistera à appréhender correctement le monde dans lequel il vit et la psychologie des autres, ainsi qu’à acquérir – mais pour lui consciemment  - cette capacité d’imitation. En réalité, il n’est pas maladroit, mais il le paraîtra tant qu’il ne sera pas capable de surmonter la friction qu’il ressent à dire les choses d'une façon et à agir d’une autre.

Par Didier - Publié dans : Politique - Communauté : Communauté de l'opposition - Recommander
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Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /2008 12:42

Je crois que je vais me lancer dans le commentaire de comptoir. Ca rapporte plus de lecteurs, et c'est moins emm.. à écrire. Ca a aussi une vertu essentielle, c'est de se situer par rapport aux débats qui agitent la sphère politique. Parce qu'ils ont beau être intellectuellement sans intérêt, ils déforment énormément les perceptions de ceux qui y participent. Au point qu'il ne peut être totalement inutile de donner un point de vue en décalage.


Il ne manque pas de gens, même s'ils sont noyés dans la masse des commentaires, pour faire observer que Royal ou Aubry, c'est plus une question de personnes ou de style, et -surtout - de pari sur l'avenir de la part des têtes qui ont rejoint l'une ou l'autre écurie. Benoît Hamon en soutien à Martine Aubry, c'est un peu en souvenir du bon vieux temps où il fut son poulain au Mouvement des Jeunes Socialistes. Il n'en reste pas moins que ça n'a aucune espèce de cohérence en termes de ligne politique. Aubry est la candidate des amis de Dominique Strauss-Kahn. Le même DSK qui est directeur du FMI, grâce au soutien de Condoleeza Rice et de Nicolas Sarkozy. Et DSK, c'est le Monsieur qui a défiscalisé les stocks-options et qui ne renie rien. Si, comme certains le disent assis sur le tabouret du bar, DSK est le candidat le plus crédible contre Sarkozy en 2012, autant soutenir Sarkozy directement. Nicolas Sarkozy est en effet celui qui incarne le mieux les valeurs du Parti socialiste, et le plus crédible pour les représenter.


Et puis Hamon de gauche... On ne sait pas bien ce qui a pris au courant Nouvelle Gauche au MJS, qui a effectué un virage social assez surprenant au début des années 2000. Avant cela, le principe d'existence de ce courant était quand même de tenir la maison pour la majorité jospiniste, et de neutraliser la Gauche socialiste. La dame Aubry s'étant retrouvée au Ministère de l'Emploi s'était tout à coup positionnée comme la sensibilité sociale du PS, comme si la fonction créait l'organe.


Enfin, le Parti socialiste ne manque pas de démocrates (démocratescitoyenshumanistesrépublicains pour être précis) qui se servent de cette profession de foi comme d'un témon de leur propre moralité. D'ailleurs le simple fait d'être de gauche semble être une qualité. Tous les collaborateurs de Vichy qui étaient de gauche sont d'ailleurs commodément devenus de droite dans la prose socialo-communiste.


Mais les éternelles mésaventures des scrutins internes ne leur ont toujours pas ouvert les yeux sur les vices intrinsèques du principe électoral. Je me souviens des discussions entre un secrétaire fédéral et un responsable aux élections qui discutaient le résultat du scrutin du congrès départemental : "68-32 pour nous, ça serait bien ?" Après la grande mobilisation électorale des vieux et des jeunes militants, le résultat est tombé : 68-32.


Une autre fois, il s'agissait de désigner la personne issue des rangs du MJS qui serait en position éligible aux élections régionales. Les votes ont été dépouillés, le candidat semblait désigné, puis le secrétaire fédéral du parti a dit : "Attendez il faut voir les votes du bureau numéro deux." Personne n'avait entendu parler de ce second bureau, dans une ville qui comptait  3 militants et demi du MJS, mais avec un fichier un peu plus fourni. Les résultats furent sans appel : 80 électeurs, 80 votants, qui se prononçaient tous pour une autre candidate, qui se trouvait être la maîtresse du premier secrétaire départemental.

Qui a connu également les congrès de feu l'UNEF-ID se rappellera les jeux de soule pour récupérer le PV de scrutin, qui seul fait foi aux yeux de la direction nationale, et qui permit maintes foi à des courants non présents physiquement sur un campus de remporter haut-la-main nombre de congrès locaux.


Soyons sérieux : chez les socialistes, la plupart des scrutins sont truqués, ils le sont depuis toujours et ils le seront toujours. De Aubry ou Royal, celle qui gagnera est celle qui aura le plus triché. Le dénouement des congrès se finit toujours de deux manières : soit la synthèse pour réduire les oppositions de personnes, soit devant l'impasse que constitue la contestation, les candidats qui ne tiennent pas l'appareil, même concrètement majoritaires, jettent l'éponge pour ne pas donner une mauvaise image à l'extérieur. Les conflits se règlent en famille, la justice ne doit pas intervenir.

Cela a même fait dire à une personne à propos de la majorité sortante d'une mutuelle étudiante : "Ils sont si nuls qu'ils ont réussi à perdre une élection qu'ils ont organisé de A à Z." La vertu fait rire chez ces gens.


Pourquoi critiquer Bush, qui vole une élection présidentielle avec le concours de sa famille ? Pourquoi critiquer les scores électoraux de feu Saddam Hussein ? Le PCF en a fait des plus impressionnants pour désigner ses directions.

C'est une forme d'hypnose. Tout le monde sait que Saddam Hussein trichait, menaçait ses opposants, était le seul candidat, et avait les résultats à l'avance. Ceux qui sont à l'intérieur des partis, des associations loi 1901 caporalisées comme il en existe tant, savent qu'il en est de même chez eux. Et pourtant tout le monde continue de chanter sa petite chanson sur "la démocratie qui est une valeur fondamentale de notre société", qu'ils seront vigilants à la préserver et à stigmatiser tous les "ennemis de la démocratie" et à s'en draper pour se donner des pseudo-qualités humaines pour remplacer celles qu'ils n'ont pas.


Que pouvons-nous attendre de mieux du nouveau "Parti de Gauche" de Mélenchon, lancé par un ancien dirigeant de fédération socialiste et un ancien lambertiste ? Un caporalisme comme ils le connaissent et ne l'abandonneront jamais, et un capitalisme social (ils disent parfois "socialisme" ou "anti-capitalisme" pour se donner des airs de radicalité) jamais démenti, proche de celui d'un Séguin ou du Sarkozy post-crise financière. Comme le Medef, comme Besancenot, ils croient à l'existence de la valeur, à sa création par le travail humain, et à sa possible redistribution. Comme le Medef, comme Besancenot, ils croient que la démocratie universelle, est faite dans l'intérêt du peuple et finira par donner quelque chose.


Les poules se heurtent aux miroirs et recommencent, et recommencent encore.

Par Didier - Publié dans : Politique - Communauté : Communauté de l'opposition - Recommander
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