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"La social-démocratie est le nom que l'on donne au capitalisme en Europe" (John Kenneth Galbraith)

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Jeudi 19 juin 2008
Il y a une tendance générale appelant au "métissage" des cultures politiques (Clémentine Autain, Appel à gauche de Politis). Sauf que c'est de chimérisme qu'il est question, parce qu'on ne peut justement pas mélanger des points de vue irréconciliables.

On ne peut pas mélanger des traditions trotskystes et des traditions anarchistes par exemple.
Cela ne semble pas déranger le Nouveau Parti Anticapitaliste et son porte-parole charismatique Olivier Besancenot qui ont pris langue avec Alternative libertaire pour unir leurs forces de manière plus ou moins formelle.

Pour les détails, je renvoie au post de Clément Homs sur le forum decroissance.info

http://forum.decroissance.info/viewtopic.php?t=6448

et je recopie ici ma réponse

Des trotskystes ne peuvent certes pas devenir des libertaires quand ils théorisent l'Etat comme étant du côté du travail contre le capital (ce qui est idiot, puisque pour un marxiste, c'est la même chose). Mais il faut relever que ces désaccords prétendument "idéologiques" ne sont justement pas idéologiques, et qu'il y a moyen de réconcilier les points de vue en remettant les choses à leur vraie place.

QUAND ON NE VOIT PAS OU PLACER LA RUPTURE AVEC LE CAPITALISME, ON FAIT DE TOUS LES DETAILS STRATEGIQUES DES ELEMENTS IDEOLOGIQUES.

Que le débat se cristallise entre AL et LCR sur la participation aux élections et la forme parti démontre une énorme confusion entre doctrine et stratégie contextuelle.

D'ailleurs, la LCR ne précise pas vraiment dans quelle catégorie elle les élections. Soutient-elle le principe électif

1) parce qu'elle pense réellement que c'est l'aboutissement du rêve démocratique,
2) pour ne pas se fâcher avec ceux qui pensent que les élections sont l'aboutissement du rêve démocratique (on en trouve énormément à gauche de la gauche mine de rien),
3) parce qu'il ne faut négliger aucune tribune politique ?

Quant à ce qui semble clairement relever de l'idéologie : étatisme chez la LCR, « critique libertaire dans le rapport au pouvoir d’Etat » à AL, c'est là aussi une affaire de stratégie (de long terme pour la LCR avec le dépérissement de l'Etat) qui cache l'absence de réelle proposition alternative.

Il y a visiblement une partie de la LCR qui a évolué et ne pense plus comme Daniel Bensaïd que la fin du capitalisme doit passer par une longue période d'administration de la société par l'Etat.

Mais il y a très peu de libertaires qui arrivent à dissocier la question de la domination (par l'Etat ou autre) et la question de l'alternative au capitalisme. C'est pour cela, par exemple, que la sortie de l'économie est pensée dès le départ comme une reconquête de l'autonomie.
par Didier publié dans : Politique communauté : Freemen recommander
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Mercredi 18 juin 2008
L' "appel à gauche" du journal Politis vise à créer un cadre permanent de discussions entre les gens des comités anti-libéraux qui ont porté le projet d'une candidature unique de l'extrême-gauche à la présidentielle.
 
J'ai assisté à la réunion du CAL de Saint-Denis suite à cet appel.

Il y a des choses qui ne changent jamais. On trouve toujours dans ces réunions le militant incontournable qui produit des analyses interminables de la situation politique. L'autre qui veut témoigner de ses propres expériences ("moi dans ma ville", "moi dans ma fac"), parce que c'est comme cela qu'on lui a appris à animer une réunion aux Jeunesses communistes.
Une autre constante : jamais une idée nouvelle ne sort de ces réunions, attendu que les participants sont persuadés que les grandes idées politiques naissent spontanément des luttes et de la confrontation des ..."idées" (c'est le mot qu'ils emploient) à la base. Il est cependant assez mal vu d'y exprimer de vraies idées personnelles, parce qu'il faut bien le dire, ça peut parfois choquer.

A y regarder de près, ils oscillent entre la perception claire du fait qu'ils n'ont pas de projet politique et pas de perspectives pour rassembler en dehors de ceux qu'ils connaissent déjà, et l'absolue volonté de ne rien changer à leur grille de lecture.

Soyons clairs : fédérer à la gauche du PS, ça veut dire ne rassembler personne. Conserver comme ligne informelle la référence à Karl Marx et un certain gauchisme culturel, et ne rien céder là-dessus, c'est se couper de tout ceux qui pense un tout petit peu différemment.

Au coeur du sujet, ils se disent souvent "anticapitalistes", mais ils ne proposent pas de principes de production et de modalités de l'échange alternatifs. Il ne leur reste fatalement que la social-démocratie - redistribution des richesses, justice de l'impôt, etc. - mâtinée de principes écologistes pour sauver le capitalisme de ses propres excès. Au moins, chez Lipietz et les Verts, on a fini par assumer.

On y critique beaucoup le Parti socialiste, qui aurait dérivé au fil des années vers une acceptation totale du capitalisme le plus libéral. Une question qui n'est pas posée est la suivante : pourquoi ont-ils évolué ainsi, alors que, ainsi que le fait remarquer un intervenant, le programme présidentiel de Besancenot était nettement en retrait sur ce qui a été FAIT au pouvoir en 1981 ?

Une proposition de réponse : le PS a dérivé parce qu'il n'avait que des recettes marxistes, qu'il a vite abandonnées, et des valeurs proclamées. Or tout le monde peut se fabriquer des valeurs et prétendre que leurs actes sont en conformité avec celles-ci. Les actes changent, les valeurs ne bougent pas, et le PS d'aujourd'hui peut toujours prétendre être "socialiste".

Ce qui a manqué aux socialistes, c'est une base théorique suffisante pour comprendre ce qu'est réellement le capitalisme. Soit exactement ce qui manque encore aujourd'hui au PC, au NPA et aux collectifs anti-libéraux. Que pensez-vous qu'il va en advenir avec le temps ?

Or il existe bien des alternatives au capitalisme, même si celles-ci se vivent souvent comme minoritaires au sein d'un capitalisme devenu indépassable.

Les distributistes proposent une économie sans capital pour investir, où la production est planifiée par le groupe. Le prix des biens et services est fixé collectivement selon l'utilité sociale de ce qui est produit, et non en fonction de la quantité de travail fournie ou de la demande. Il n'y a pas de plus-value. Un avantage collatéral de la planification est qu'il n'y a pas d'incitation à valoriser des activités socialement nuisibles, contrairement à l'économie capitaliste qui valorise tout et n'importe quoi.

Ils ont cependant une tendance à comparer une description correcte de leurs propres pratiques avec la théorie économique qui décrit de manière fausse le capitalisme. Ceci entraîne qu'ils ne rejettent pas complètement l'idée que le travail donne leur valeur aux biens, et supposent que leur système est viable dans un monde où le machinisme a amené l'abondance.

Or ils sous-estiment leur système, qui fonctionne parfaitement sans cela. Cette condition d'abondance ressemble à un résidu de croyance en la nécessité du capital pour entreprendre, alors que l'absence de capital est justement une notion fondamentale du distributisme. Les auteurs récents semblent s'en rendent compte de manière floue, et laissent un peu de côté cette condition d'abondance.

Rappelons aussi que dans un monde d'abondance, l'argent n'a aucune sorte d'utilité, puisque il ne sert qu'à marquer ce que peuvent acheter certains et que les autres ne peuvent pas avoir, c'est-à-dire à rationner.
Et un système distributiste appliqué à une société de pénurie pose le problème de toutes les comptabilités : elle servira à légitimer les inégalités existantes, même en jurant que le salaire distribué l'est en fonction de l'utilité sociale.

Une autre alternative est évidemment le courant naissant de la "sortie de l'économie". Les rédacteurs du bulletin "Sortir de l'économie" entendent l'expression "sortir de l'économie" comme une reconquête de l'autonomie par l'autoconsommation, parti pris à la fois libertaire et décroissant.
Selon eux, la caractéristique fondamentale de l'instauration de l'échange marchand est l'avènement collatéral de l'hétéronomie.

Pour ma part, je pense que la caractéristique fondamentale de l'échange marchand est la comptabilité de l'échange par la monnaie ou le troc. C'est tautologique, donc c'est vrai.
En revanche, il peut y avoir hétéronomie sans échange marchand et donc sans économie. Autrement dit, il est possible de sortir de l'économie et de conserver la division du travail, le machinisme, et même une philosophie consumériste.

Une définition restreinte de la sortie de l'économie n'implique pas de choix entre décroissance et abondance, et entre autoconsommation et division du travail / machinisme.
Dans une société non économiste, la division du travail permet AUSSI de faciliter la production et de libérer du temps libre pour la réflexion et les loisirs.

La décroissance et l'autoconsommation relèvent soit d'un choix idéologique d'un autre ordre, soit des moyens d'une stratégie de lutte.

Parmi les choix idéologiques, il y a bien entendu la sensibilité à la question environnementale. D'ailleurs les sociétalistes héritiers des distributistes reconnaissent parfaitement que les problématiques environnementales ne sont pas prises en compte par leur système, d'où le préfixe "éco" à "éco-sociétalistes" qu'ils ajoutent en général.

La lutte contre l'aliénation aux valeurs consuméristes et à la production de biens en dehors de ses propres besoins de consommation passe par la récupération d'une certaine autonomie en s'organisant en petits groupes autosuffisants. C'est la position avancée par les rédacteurs du bulletin "Sortir de l'économie".

Toutefois, pour bien comprendre ce qu'implique la notion d'autonomie dans son sens le plus absolu, il faut s'imaginer seul survivant sur une planète vidée de ses habitants. Je n'ai pas tissé moi-même mes vêtements, je n'ai pas remplacé mes CDs de musique par une guitare, d'ailleurs je n'ai pas construit de guitare, attendu qu'il fallait que je coupe moi-même l'arbre pour la fabriquer et que je chasse des chats pour me faire des cordes avec les boyaux.

L'autonomie prise dans un sens trop radical semble impossible à mettre en oeuvre.
Derrière la revendication de l'autonomie, il y a sans doute une forte méfiance envers l'être humain et ses trahisons. Or il n'y a pas que les Etats qui trahissent, on se trahit aussi au sein de la tribu, et la tribu d'à côté peut nous attaquer. Il faut l'avoir toujours à l'esprit pour ne pas naïvement balancer de la nature dangereuse au contrat social, puis de l'Etat honni aux groupes autonomes solidaires.

En revanche, l'idée de s'organiser en groupes plus ou moins autonomes est sans doute un excellent moyen pour s'opposer tout à la fois à l'économie capitaliste en réduisant la part de l'échange, et aux valeurs consuméristes en réduisant ses besoins.
par Didier publié dans : Politique communauté : Freemen recommander
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Mardi 20 mai 2008

Nous avons écrit dans le «  Manuel d’Anti-économie » que les gens peuvent avoir l’habitude d’exprimer un argument sans en comprendre toutes les implications, même lorsqu’il s’agit du meilleur argument. L’exemple donné était le proverbe amérindien qui dit que « l’argent ne se mange pas ». Ceci est parfaitement exact, d’une rationalité à toute épreuve et il ne manque pas d’occidentaux friands de philosophies exotiques pour témoigner de la sagesse de ces mots. Peu de ceux-ci pourtant iraient jusqu’à remettre en cause les mécanismes et indicateurs économiques – comme le Produit intérieur brut, la croissance, la valeur ajoutée – comme incapables de réaliser ce à quoi ils prétendent, à savoir mesurer la richesse.

Il existe un équivalent à ce comportement dans le domaine institutionnel. Beaucoup de gens engagés utilisent éternellement et sans les questionner des modes d’expression politiques inefficaces parce que les moyens chez eux ont remplacé les fins.

Ils admettent souvent que ce sont les marchands d’armes qui font l’opinion puisqu’ils possèdent la presse, voire qu’il n’est pas possible de faire triompher aux élections un candidat dont les idées seraient contraires aux intérêts de ceux-là. Ils acquiescent de même au fait que le poids électoral des groupes sociaux est proportionné à leur discipline de vote, comme les chrétiens évangélistes du sud des Etats-Unis. Ils peuvent même admettre que tout ce que l’on attend d’eux est un consentement formel à des politiques déjà déterminées ailleurs.

Ils tiendront cependant toujours des élections comme seul principe de légitimité des gouvernants, et s’inquièteront de toute tentative d’expression communautaire comme contraire aux idéaux de la « République », où le choix de son vote est un droit de l'individu. Ils se présentent éternellement à ces élections qu’ils ne gagneront jamais, se satisfaisant de passer de 4 à 6% des voix d’une consultation à l’autre.

Ils signent des pétitions qui ne servent à rien à part à compléter les fiches de renseignement de la police.

Ils organisent des manifestations de rue sans comprendre de quel rapport de force elles procèdent. Il s’agit d’un pacte de non-agression tacite entre les syndicats et les gouvernements : les syndicats ne s’en prennent pas directement au pouvoir de manière violente pour le renverser, en échange de quoi il sera tenu compte de leurs revendications à hauteur de leur démonstration de puissance. Evidemment ce pacte ne fonctionne que si les manifestants ont réellement l’intention de menacer le pouvoir si leurs demandes ne sont pas écoutées. Depuis le deuxième mandat de Jacques Chirac, il semble que les gouvernements français ont enfin compris que l’opinion n’accordait plus de légitimité à la rue pour menacer le pouvoir, que les manifestants eux-mêmes avaient intégré la légitimité unique des consultations électorales. Depuis que la CGT n’est plus la courroie de transmission du PCF, il n’existe plus de possibilité de transformer les luttes sectorielles en revendications larges et politisées. Ce qui n’empêche pas certains de se féliciter de la rupture du lien entre politique et syndical, tout en appelant paradoxalement de leurs souhaits à la convergence des luttes.

On peut identifier un raisonnement mécanique, formulé par d'autres et digéré sans réflexion personnelle. On pourrait parler de pavlovisme militant.

par Didier publié dans : Politique communauté : Communauté de l'opposition recommander
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Dimanche 18 mai 2008
Vous avez à votre disposition à gauche un e-book en pdf, le "Manuel d'anti-économie". Il est très bien, lisez-le et diffusez-le.

Sa diffusion a été pour moi l'occasion de réfléchir à la bonne façon de s'opposer à la pensée unique capitaliste mondialiste.

Pour la réflexion politique, il faut se garder des travers ordinaires de l'opinion mal fondée :

Lorsque des amis parlent du monde qui les entoure, ils évoquent souvent ce qui ne va pas, et ce qu'ils y changeraient. On sent l'invincible puissance du "pueblo unido", du "tous ensemble", slogans censés évoquer une masse indivisible, entièrement tournée vers un but unique et glorieux. Mais dès qu'un de ces amis décide de passer de la parole à l'action, il doit choisir parmi plusieurs options politiques. Et là, curieusement, tous ses anciens amis se détournent de lui. Parce que le fonctionnement politique d'une démocratie électorale passe par un phénomène entropique formidable : l'opinion.

Les opinions, tout le monde en a de différentes, d'autant plus que beaucoup les adoptent sans trop y réfléchir. Toutes les mettre sur le marché permet qu'elles se combattent les unes les autres sans jamais mettre en danger le système de domination en place. Les opinions sont d'autant plus efficaces pour diviser qu'elles s'appuient sur des programmes exécutables automatiques : l'individualisme, la fausse morale, l'idéologie et l'ignorance. Il suffit pour s'en convaincre de suivre les forums d'opposants en période d'élections présidentielles, outre le fait que ces élections octroient beaucoup moins de pouvoir qu'on ne le croit souvent au candidat élu et donc de potentialités d'agir sur le système pour ses électeurs.

- l'individualisme


Tout le monde prône l'union contre le système, la résistance, et un tas de slogans qui ne mettent pas en avant le mode d'action. Mais concrètement, on trouve un vote Schivardi à ma gauche, un vote Bayrou à ma droite, un vote Bové, un vote Besancenot, un vote Le Pen, un vote blanc...

S'ils admettent que le système n'est pas bon, ils vouent un culte aux moyens de sa légitimation : l'élection et surtout la liberté individuelle du vote. Et aucun de ces candidats ne décolle.

Les chrétiens fondamentalistes aux Etats-Unis ne sont forts que parce qu'ils votent TOUS républicain. L'idéal est un candidat majoritaire avec leurs voix et minoritaire sans elles.

Deux écueils :

Le premier est que tout candidat élu gagne aussitôt des soutiens et peut ne plus avoir besoin du groupe considéré pour conserver la majorité.

Le second est d'adhérer aux partis politiques, ce qui contraint presque automatiquement à un soutien sans conditions. Les lobbies les plus forts n'adhèrent pas aux partis.

Ces deux écueils sont d'autant plus fréquents que la société est individualiste et éclatée. D'une part, il n'y a pas d'oppositions de classes ou d'intérêts dans le débat politique telles que les anti-système puissent se prémunir d'un soutien extérieur massif à leur candidat. Et surtout il n'existe rien d'autre pour grouper les intérêts des anti-système que d'adhérer directement aux partis.

Mais la plus grande faiblesse des anti-système est leur refus de la discipline de groupe. Il n'y a qu'à voir tout le mal qu'ils pensent des consignes de vote. Et comme ce refus forge souvent leur identité, ils sont condamnés à échouer.


- l'idéologie


Les idées claires sont importantes. La rigidité idéologique assure elle un clivage définitif entre des groupes dont aucun n'est en mesure d'exercer le pouvoir. Ainsi l'ennemi principal d'un militant anarchiste est le militant trotskyste, dont il n'a de cesse de dénoncer les turpitudes. L'immense culture politique des trotskystes leur permet avant tout de dénoncer le déviationnisme de l'autre courant trotskyste, sans que l'on n'y comprenne goutte. Grâce à l'idéologie, "ce qui nous divise est plus important que ce qui nous rassemble."


- la fausse morale


La morale en politique a des liens étroits avec la rigidité idéologique. Là où l'idéologie sert à diviser les obédiences proches, la morale sert à dénoncer les courants dont on se trouve plus éloigné sans avoir à faire l'effort de les comprendre. Ainsi, si sur des bases anti-système proches, l'un fait le choix stratégique d'intégrer le FN, et l'autre choisit le PCF, ils sont condamnés à ne plus se parler autrement qu'en s'insultant.

"Tous ensemble", d'accord, sauf avec - au choix - les rouges-bruns, les nationalistes, les extrêmistes, les droitiers, les gauchistes, les plus infréquentables que soi, etc.

 

Il existe un autre phénomène inquiétant : les opposants au système empruntent la morale du système pour obtenir son approbation. Pour apparaître comme des opposants légitimes, ils nient des accusations infâmantes dont ils pourraient faire l'objet (antisémites, fachos, etc.) mais rejettent ces accusations sur d'autres petits groupes oppositionnels, dans un mécanisme de déni-projection assez fascinant.


- l'ignorance


L'ignorance amène à admettre sans s'en rendre compte et donc sans les remettre en question un grand nombre de présupposés communs relayés par les media. Il est en général une chose entendue que "l'Etat est au service du bien commun", "un pays avec des élections est un pays qui ne s'attaque pas aux libertés", ou "l'Etat organise au mieux la solidarité entre les individus". Mais sommes-nous si sûrs d'être libres et d'être solidaires ?



Grâce à ce prêt-à-penser politique, le système s'assure de la division de ses adversaires, qu'ils confondent l'action politique vraie (qui change les choses) avec le droit de présenter ses idées, le débat, la spéculation intellectuelle et le cirque électoral.


Dans 100 ans, si le monde est encore là, le dit système n'aura jamais été mis en danger. Des gens se présenteront encore aux élections, avec pour perspective de passer de  2 à 2,5% des suffrages exprimés, ce qui de leur point de vue constitue un grand soutien populaire pour le changement.


..........................


Pour tous ceux qui ont des habitudes militantes, je pense qu'il est sans doute temps d'en changer. Ceux qui sont de vrais poils à gratter reçoivent des menaces extrêmement sérieuses pour eux,leurs collaborateurs et leurs familles, se voient sauvagement éliminer du net et même interdire leurs organisations. Les autres ne sont pas assez importants pour qu'on s'en préoccupe, ou alors ils grattent moins qu'ils ne le pensent.

Comment protéger ses fesses quand on gratte ? Les organisations constituées et pyramidales peuvent recevoir des dons. Mais ces organisations posent de gros problèmes pour servir de structures de résistance. Une fois décapitées, elles meurent aussitôt. Ou alors elles peuvent être infiltrées aisément et détournées de leurs buts initiaux. Elles sont donc extrêmement vulnérables. J'ai donc un message à adresser à tous les sites alternatifs qui sont devenues des cibles pour le pouvoir : arrêtez de nous demander du pognon ! On n'en a pas tant que cela, et on ne souhaite pas le gaspiller à renflouer des organisations qui disparaîtront à la prochaine attaque.

Pour s'affranchir de ces organisations vulnérables, il faut travailler en réseau.
Le PC de la seconde guerre mondiale avait sûrement trouvé la bonne structure de lutte, avec ses cellules étanches et son culte du secret.
Tout d'abord il faut avoir une conscience claire de ce que cela signifie. Il ne s'agit pas d'un simple réseau d'information comme internet où on fait semblant d'avoir plein d'amis qui ne se serviront à rien en cas de problème.
Deuxièmement il y a le problème de la propagande. Pour bénéficier de l'aura médiatique, il faut bénéficier des bonnes grâces des media. Cela veut dire qu' "agir localement, penser globalement" n'est pas suffisant pour renverser le rapport de force. A mon humble avis, il n'est pas vain d'avoir un pied dans des structures militantes classiques, comme les grands partis politiques ou les syndicats. Le risque existe - bien sûr - d'être inaudible ou d'être utilisé pour rabattre des voix sur les candidats du système.

Au niveau individuel se pose un problème de même ordre: comment choisir son réseau ? D'une part, il ne faut pas trop frayer avec des agents de la matrice qui gaspillent tout notre temps et notre énergie pour un résultat inexistant, saboté ou détourné de son sens. Ces gens savent se présenter comme des soutiens actifs et utiles, et deviennent d'autant plus présents que la matrice sent que nous allons arriver à la mettre en danger. D'autre part, si nous choisissons de rester seul, nous avons toute notre énergie pour nous tout seul, nous pouvons atteindre des sommets dans la compréhension de ce qui se joue, mais cela est stérile si nous ne le faisons pas partager. Voilà le drame: il faut apprendre à discerner les bonnes personnes avec qui échanger, et ce n'est pas chose aisée.
par Didier publié dans : Politique communauté : Freemen recommander
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