La comptabilité analytique permet de découper les coûts et recettes d'une entreprise par activités, afin de lui permettre de mieux
cerner ses forces et faiblesses.
En pratique, on fixe aussi des indicateurs aux différents secteurs de l'entreprise et des objectifs à atteindre pour ceux-ci.
Ainsi, les services cliniques d'un hôpital se voient assigner des objectifs en termes d'occupation des lits, par exemple 95 % de lits occupés.
Les gestionnaires de salles de réunion ont des objectifs similaires d'occupation des salles.
Ainsi le directeur de l'hôpital a l'impression de ne pas dépenser de l'argent en maintenance ou en nettoyage pour des salles ou des lits inoccupés.
La comptabilité analytique est la déclinaison interne de l'idéologie de la main invisible du marché. C'est le rêve que l'on peut mieux fonctionner ensemble en poursuivant des objectifs
différents. En réalité, on peut tout à fait appliquer le dilemme du prisonnier de Nash : les stratégies non coopératives sont toujours sous-efficaces.
Ainsi, il devient impossible de trouver une salle de réunion au pied levé. Cela diminue grandement la réactivité des services utilisateurs, obligés de programmer leur activité des mois à
l'avance.
De même, les services d'urgence se trouvent incapables de trouver des lits d'aval pour les patients qui nécessitent une hospitalisation. Parfois, ils sont obligés de les renvoyer chez eux.
Tout cela pour rien. Les contrats d'entretien coûtent exactement le même prix que l'on occupe ou pas les lits. Plus : les contrats d'entretien ne sont pas toujours fonction du nombre de lits.
Ainsi en supposant que le coût de l'entretien par lit soit (chiffre au hasard) de 5 euros par lit pour 100 lits, vous avez une facture de 500 euros. Si s'avisant que 90% seulement des lits sont
occupés, le directeur décide de fermer 10 lits. Le contractant continue de facturer 500 euros. Seul résultat : le coût par lit passe à 5,56 euros. Le directeur pourrait même se faire taper sur
les doigts pour avoir vu augmenter ses coûts d'entretien.
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