Mardi 10 novembre 2009
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On pourrait dire - à juste titre - qu'il n'est pas possible d'exprimer une pensée politique qui ne soit faite de préjugés. Mais la
pensée humaine a aussi ceci de particulier qu'elle consiste à vouloir convaincre à tout prix autrui du bien-fondé de ses propres préjugés.
Pour les humains, ce qu'ils décrètent est à leurs yeux de la connaissance. Raconter l'Histoire sous l'angle de la lutte des classes est
un point de vue intéressant. Dire que toute l'histoire est celle de la lutte des classes et qu'il s'agit de la seule bonne manière d'en parler est une décision arbitraire. Des millions de gens
ont pourtant cru de bonne foi qu'ils étaient devenus savants parce qu'ils avaient adopté les préjugés d'un penseur barbu. Ils sont nombreux d'ailleurs à continuer à dispenser toujours la bonne
parole. Toute la pensée occidentale est faite de postulats du même tonneau. Ainsi Roswitha Scholtz décide - sans consulter personne - que le capitalisme est une création du patriarcat, et se
fâche avec tout ceux qui ne tiennent pas son point de vue pour absolument vrai. C'est là le mécanisme des guerres et de la politique : des groupes d'individus ayant des préjugés différents se
combattent pour faire prévaloir les leurs.
Il n'existe pas d'Histoire qui ne soit issue de la sélection de quelques données et de l'élimination de toutes les autres par les historiens, dans l'optique de donner un sens au récit.
Il n'existe aucun acte qui soit juste, il n'existe aucun droit de nature qui serait "imprescriptible". Si on écrit "l'immigration est une chance", elle en sera une si on choisit de la
percevoir comme cela.
Celui qui voit clair sait reconnaître ses préjugés pour ce qu'ils sont : ils correspondent à ses goûts ou à ses intérêts. Mais la
plupart des gens pensent - consciemment ou pas - qu'une opinion peut être meilleure qu'une autre. A gauche, certains nomment leurs propres opinions "opinions" et celles d'en face "préjugés", en
s'imaginant qu'ils doivent faire oeuvre de pédagogie pour éclairer les masses aveugles. C'est l'essence de la "lutte" contre le racisme ou l'homophobie.
Ils créent des notions ad hoc pour le discours qui sont dépourvues de substance. Ils parlent de "légitimité" sans voir que n'est
légitime que ce qu'on pense légitime. Ils s'imaginent savoir ce que sont le "respect", la "morale", mais seraient incapables d'en donner une définition qui ne fasse pas intervenir leurs propres
préjugés. Le respect qu'on leur témoigne consiste à se comporter conformément à leurs propres attentes, et le respect ne peut pas être autre chose. Les qualités morales qu'ils décernent à une
personne sont sa capacité à se conformer à ce qui relève de leur morale à eux, et la morale ne peut être autre chose.
Les hommes prennent leurs suppositions pour la réalité, les dieux voient cela comme le nez au milieu de la figure des hommes. Mais les
hommes ne voient rien : ils discutent de tout, comme si un préjugé se discutait, et comme si on pouvait terminer une discussion en faisant voir à tous la vérité.
Ils sont alors devenus des proies pour toutes sortes d'influences. Les préjugés qu'ils adoptent leur sont imposés par leur
environnement culturel et ils imaginent qu'ils sont le fruit de leur propre réflexion autonome.
Le magicien se distingue parce qu'il est capable de choisir les influences auxquelles il se soumet, les préjugés qu'il fera siens pour
interagir dans le monde et les sentiments qu'il exprimera.
Par Didier
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Publié dans : Esotérisme
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