Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 13:39
Je laisse un peu de côté la thématique de la pensée qui crée le monde et les histoires du cerveau gauche pour aborder l'autre côté, le cerveau droit et les émotions.

Le cerveau gauche a le raisonnement et le langage, le cerveau droit la relation directe aux faits et à l'environnement, et les émotions. Il est assez remarquable que les faits soient latéralisés du même côté que les émotions. Depuis que je suis entré à l'école, on m'a toujours présenté les faits et la raison comme faisant partie du même lot, et désigné les émotions comme par essence subjectives. Il semble que les cerveaux analytiques des intellectuels ont tout bonnement usurpé les faits pour se prévaloir du réel.
Le cerveau analytique pur est un cerveau gauche qui parle sans le contrôle du côté droit. Cela donne des sujets pour qui tout ce qu'ils disent est vrai, tenant les faits pour quantité négligeable.
Le cas opposé d'un cerveau droit fonctionnant tout seul est celui d'individus ressentant les choses, mais incapables de les raconter, ou même racontant un peu tout ce qui leur passe par la tête. Formellement, les deux types de délires ne se ressemblent pas vraiment. Les premiers sont plutôt les philosophes, les seconds les mystiques. Les premiers sont plutôt des hommes, les seconds plus souvent des femmes. Le premier discours étant le mieux valorisé parmi les élites sociales, on peut dire que cela manifeste une domination du principe masculin yang.
Le résultat est assez comparable : un discours faux, dont on peut être convaincu de la véracité et même qu'on le comprend. Mais dont la vraie compréhension ne peut mener qu'à la certitude de sa fausseté.
Il existe aussi des personnes dont les deux cerveaux fonctionnent, mais séparément. Elles pensent d'une manière et agissent d'une autre. Il pourrait s'agir - pure spéculation - de cas de possession limitée à un seul hémisphère. Certains veulent faire "bien" et agissent "mal"; leur côté droit est possédé. Ce pourrait être les sujets à comportement addictif. D'autres pensent "mal" et ressentent "bien"; leur côté gauche possédé les rapproche des philosophes analytiques.

L'idéal est que les deux hémisphères fonctionnent ensemble. Le coeur doit être modéré par la raison et la raison guidée par le coeur. Mais il y a un sens à respecter. C'est le ressenti qui dit la vérité et qui doit gouverner l'intellect. Il faut mettre des mots sur un sentiment pour le comprendre et aussi pour ne pas oublier l'expérience qui lui est liée, pour "fixer" la connaissance. Dans le sens inverse, l'intellect peut remplacer un ressenti par un pseudo-ressenti.

Toutefois, si les croyances culturelles sont "fausses", les émotions sont souvent inadéquates. Les films de zombies font moins de morts que l'absence de couverture maladie. Mais nous avons peur des films de zombies.

Le travail que je me propose est de verbaliser mes propres croyances informulées, celles qui sont devenues des émotions, de les exposer pour les affaiblir ou les renforcer. Cela me permettrait de choisir qui je suis comme les vrais magiciens savent le faire. Un simple jeu de questions-réponses peut tout à fait convenir.
Ceux qui disent qu'une croyance est nécessairement inconsciente se trompent. Il ne suffit pas de la mettre au jour pour la voir disparaître. En revanche, elle perd de sa puissance. Il sera plus facile de la combattre. Et si on souhaite la conserver, il sera possible de la maîtriser. Si l'on n'en a pas conscience, c'est la croyance qui nous maîtrisera.
Les émotions sont ainsi adoptées délibérément comme le sont les croyances culturelles. Attention toutefois à ne pas sous-estimer les unes et les autres. Même des pensées feintes peuvent s'insinuer et reprendre le contrôle. Le sujet redevient alors authentiquement dissocié, exactement comme les autres humains.

Cette étude risque de me poser quelques difficultés. Mon côté droit contrôle assez bien mon côté gauche, à travers l'examen des faits et une relative confiance en mon ressenti. Dans l'autre sens, je n'ai pas trop de difficultés à mettre des mots sur ce que je ressens, voire à trouver la croyance qui fonde ce ressenti.
En revanche, faire remonter à la surface ce ressenti est relativement compliqué. Même s'il est conscient il reste en arrière-plan. Je conserve à ce qu'il me semble une dominante gauche importante.

Je contrôle relativement bien mes émotions. Elles ne me submergent pas. C'est une bonne chose car cela permet de garder le contrôle sur ses décisions et ses actions. Je le fais d'autant plus volontiers que je ne les aime pas. Je ressens les émotions comme un poison.
D'un côté, les émotions sont affaiblies. De l'autre, elles restent passablement autonomes puisqu'elles ne sont pas exposées au grand jour. C'est comme si le travail n'avait pas été abordé de la bonne manière : les résidus émotionnels sont d'autant plus difficiles à contrôler qu'ils sont affaiblis et cachés.
Je ne ressens pas cela comme du refoulement, qui suppose un déni total qui rend les émotions niées d'autant plus tyranniques.





Par Didier - Publié dans : Esotérisme - Communauté : FLEUR DE LOTUS - Recommander
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