Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /2009 10:15
Il n'est pas de domaine dans nos sociétés contemporaines qui ne soient pas soumis au principe d'inversion. Les garanties prises donnent un résultat opposé à ce qu'elles promettent. L'argent ne permet pas l'équité de l'échange, mais légitime les rapports de force inégaux. La démocratie consacre l'impuissance des individus écrasés par la masse. Le documentaire permet d'authentifier les falsifications. Le droit n'amène pas la justice mais l'oppression. La morale sans l'oppression favorise sa propre transgression et la philosophie obscurcit la vérité.

Il ne faut pas s'attacher à la conviction contraire du simple fait que de l'élaboration commune parfois sortent de bonnes décisions, que le lecteur ressente chez lui l'existence d'un censeur moral, ou que le présent texte ressemble à de la philosophie. Il y a plusieurs sortes d'hommes, dont les structures mentales sont différentes et dont les actions sous un même nom ne sont pas de même nature.

L'inversion est un thème largement abordé dans la littérature, de Nietzsche aux ésotéristes du Kali Yuga. Elle est cependant traitée comme un thème de littérature à caractère réactionnaire et ne reçoit pas l'attention dirigée qu'elle mérite.

Cela peut prendre un certain nombre d'années avant que l'on tire de telles conclusions, et la plupart des individus n'en tirent jamais de telles. Soit ils en restent à des convictions différentes, soit leurs justes observations restent éparses sans jamais atteindre à une vision d'ensemble. C'est un exercice salutaire que de douter de toute affirmation issue de la culture de masse, et même de s'habituer à formuler tout haut la proposition inverse. Il n'est pas rare que la vérité surgisse brusquement au jour, avec une clarté surprenante.

Si la société moderne n'accepte pas que l'on conteste l'argent, la démocratie, l'Histoire, le droit et la morale, il s'agit là de domaines d'ordre public dont les données sont relativement accessibles à une étude non-complaisante. Il n'en est pas de même pour le sexe, pour lequel chacun ne dispose que de sa propre expérience, des postures publiques et des opinions courantes répandues dans la presse magazine.
La synthèse y est d'autant plus difficile que le sujet est encore plus difficile à aborder sans blocages émotionnels, et que les conclusions seront d'autant plus attaquées que les faits bruts sont d'ordre particulier et non statistiques.

On se rappellera les conclusions de la dernière enquête INSERM sur la sexualité des français : les hommes ont 11 partenaires en moyenne, les femmes 4. S'ensuivait des comparaisons avec les enquêtes précédentes et les évolutions des moeurs. Il se trouve que j'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé, même dans le document source, la méthodologie. On ne sait pas si l'enquête est faite à un âge précis, sur une période donnée, si les homosexuels sont inclus dans l'échantillon. Mais il est certain qu'à chaque fois qu'un homme a une nouvelle partenaire, une femme a un nouveau partenaire, et que comme la population respective des hommes et des femmes est à peu près identique, le rapport à l'unité doit donner sensiblement le même chiffre. A la limite, la variance peut être différente, mais c'est tout. Domaine privé oblige, l'enquête est fondée sur du déclaratif. La seule conclusion solide d'une telle enquête est que les gens déclarent n'importe quoi.

Beaucoup de revendications féministes sont franchement imbéciles : vouloir voter et travailler, faut vraiment vouloir se faire du mal. La liberté des caissières de supermarché est admirable. On remarquera que l'époque du féminisme coincide avec celle du porno de masse, et que les relations entre hommes et femmes n'ont jamais été aussi conflictuelles. Je me garderai des réactions réactionnaires moralisantes habituelles. La place traditionnelle des femmes dans la société n'est pas intrinsèquement la meilleure. Je dirai en revanche que le mouvement a pour habitude de parvenir à des résultats opposés à ses buts premiers.

Ainsi on dira du féminisme qu'il vise à permettre aux femmes de prendre en main leur destin. En pratique, on observe plutôt que beaucoup de femmes se sont définies comme victimes et refusent d'endosser toute forme de responsabilité de leurs actes. Une femme qui se dit amoureuse lance souvent le message "occupe-toi de mes problèmes", mais ne veut pas les régler. Elle ne largue pas un homme parce qu'elle en est lassée, mais parce qu'il est "trop amoureux" ou "pas assez amoureux". C'est à l'homme de changer, toujours.

Tous les journaux féminins évoquent la drague dans les jardins publics ou à la terrasse des cafés. Ils écrivent que les femmes d'aujourd'hui n'hésitent plus à prendre les devants. Or mes modestes observations confrontées à quelques autres sont que plus personne ne drague. Ni à la terrasse des cafés, ni au bureau, ni au lycée, nulle part.
On me dit, et je le pense aussi, que je suis beaucoup plus dans un registre de séducteur que la moyenne des hommes. Comme en plus de cela, je m'exprime relativement bien, j'étais pas trop moche dans ma jeunesse et que je suis assez empathique, je suis - selon l'opinion commune - un bon client. Le résultat est franchement catastrophique.
C'est que la séduction masculine est devenue suspecte, l'homme n'étant par définition pas sincère. L'empathie chez un homme est perçue comme une intrusion dans la sphère privée de la femme et un manque de respect. Les femmes considèrent également toute forme d'opinion non conforme à leurs représentations mentales comme un tel manque de respect, ce qui n'arrange rien.
De leur côté, les femmes ne draguent pas plus qu'avant, bien au contraire. Etant incapables de sortir de leur place de victime, elles observent une passivité impressionnante.

Nombreuses sont les personnes ayant remarqué qu'on ne trouve plus son conjoint sur son lieu de travail, qu'il faut passer par des sites de rencontre. On sait souvent aussi que les femmes préfèrent souvent les mauvais garçons aux naïfs. Mais les constats possibles peuvent être bien plus navrants.

Les instincts trouvent forcément un chemin. Puisqu'il est impossible d'entretenir une relation avec une personne que l'on connaisse un peu, la relation sexuelle surgit d'une autre manière. Incapable de vivre une aventure, la femme se fait prendre dans les chiottes par le premier connard venu. Cela se fait sans échange de paroles. Les événements de rupture avec la vie quotidienne deviennent des exutoires sexuels, sans que cela soit dit ouvertement. Les gens baisent en vacances, dans les soirées étudiantes. Pour ceux qui baisent.

Il se dit que les femmes ne séparent pas conceptuellement les sentiments et l'acte sexuel. Les individus sont si divisés qu'entre la conceptualisation et les actes vécus, on observe là aussi une inversion. De fait, les femmes séparent bien plus souvent que les hommes le sentiment et l'acte sexuel. Le sentiment est du domaine de l'intellect; la sexualité devient infra-consciente et niée dans le reste de la vie sociale. La plupart des actes sexuels ressemblent étrangementà des viols : l'homme prend, la femme se laisse faire, associant à son ego monstrueux la conviction de sa propre nullité. Personne n'en dira rien le lendemain, ni l'entourage, ni les acteurs. Il ne s'est rien passé.

Pour me répéter, je ne suis pas un moraliste. En soi, avoir des relations sexuelles ou pas est indifférent, même s'ils s'agit de partouzes. Le fait essentiel est que ces pratiques ne sont pas le fait d'individus sadiens lucifériens ou consciemment hédonistes, mais de personnalités morcelées entièrement sous le contrôle de leur cerveau reptilien. C'est le "ça" qui fornique. Une personnalité capable de prendre du recul y est aussi déplacée qu'un chien dans un jeu de quilles. Si cela est possible, on lui fera comprendre que sa présence n'est pas la bienvenue. Ainsi, un sujet conscient peut se retrouver exclu de la sexualité, à moins d'apprendre à "fermer sa gueule".
Les mises en couple ne font d'ailleurs plus suite à une cour régulière, devenue déplacée, mais à une sorte de contrat entre personnes décidées à y échapper.

Evidemment, les phénomènes de projection font que l'on stigmatisera de tels phénomènes dans les cités remplies d'allogènes - les tournantes dans les cités, nées de l'incapacité de communiquer. Et l'on se prendra à accuser une mentalité "archaïque" et à redoubler d'arguments féministes.

On ne saurait trop conseiller aux jeunes hommes de ne pas intégrer sans examen ces représentations féministes, qui leur causeront quelques expériences désagréables.
Par Didier - Publié dans : Esotérisme - Communauté : FLEUR DE LOTUS - Recommander
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Commentaires

On se rappellera les conclusions de la dernière enquête INSERM sur la sexualité des français : les hommes ont 11 partenaires en moyenne, les femmes 4. (...) Mais il est certain qu'à chaque fois qu'un homme a une nouvelle partenaire, une femme a un nouveau partenaire, et que comme la population respective des hommes et des femmes est à peu près identique, le rapport à l'unité doit donner sensiblement le même chiffre.  (...) La seule conclusion solide d'une telle enquête est que les gens déclarent n'importe quoi.

Ou plutôt que la notion de "partenaire" n'a pas le même sens pour tout le monde.
Commentaire n°1 posté par Denis le 23/04/2009 à 16h48
Aussi.

Je ne suis même pas certain que l'INSERM ait précisé les définitions des termes des questions.
Commentaire n°2 posté par Didier le 23/04/2009 à 18h30
C'est d'ailleurs en partie lié avec le phénomène de déni dont je parle.
Commentaire n°3 posté par Didier le 23/04/2009 à 18h38
Je partage ton désaroi globalement sur les rapport hommes-femmes, cependant pour un homme s'intéresser aux thèses féministes ça ne fait pas de mal, de même que pour une femme s'intéresser à ce que s'intéresse les hommes. Enfin globalement je pense que la "solution" est quand on se connait déjà bien soi-même, savoir se présenter honnêtement, pouvoir se décentrer en écoutant autrui sans quasiment parler (exercice), et donc de jeter à la poubelle les prothèses technologiques actuelles en matière de relations sociales simulant une interactivité de pacotille.
Commentaire n°4 posté par Denis le 28/04/2009 à 11h22
Disons que oui, je me sens concerné, parce que je suis un homme. Mais mon idée est plutôt de saisir la différence entre ce qui se dit et ce qui se fait, le gap entre ma propre perception et l'imaginaire social, pour le sexe comme pour le reste.

Qu'il s'agisse de gender studies ou du féminisme traditionnel, j'ai eu le temps d'étudier les doctrines puisque j'ai été un militant de gauche. Et je l'étais parce que je ressentais déjà un décalage avec les représentations de la bourgeoisie de droite. C'est plutôt ça qui est en jeu: construire mes propres représentations. Après je reconnais que je suis plus proche de celles d'Alain Soral ou Natacha Polony que de celles d'Elisa !
Commentaire n°5 posté par Didier le 28/04/2009 à 14h13

Je pense que l'idée d'être à l'écoute est très bonne pour comprendre l'autre et la relation, mais elle ne la favorisera pas forcément. Si tu comprends, ça ne comprend pas forcément en face. Ca peut aider à devenir un bon manipulateur ou à se préserver des critiques, pas forcément à améliorer les rapports humains.

Commentaire n°6 posté par Didier le 28/04/2009 à 14h22
Alors c'est donc vrai ? Moins on en fait et plus on en parle ? xD
Commentaire n°7 posté par Davy le 30/04/2009 à 20h15

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