Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 00:00

Après la crise des subprimes en 2007, après le krach boursier du second semestre 2008, il ne manque pas d’analystes pour nous assurer que le capitalisme touche à sa fin.

Ces analyses sont souvent le fait de gens qui méconnaissent largement l’architecture de la finance. Elles supposent en général que « tout est lié ».

Dans un sens, la finance s’effondrerait pour s’être déconnectée de la valeur créée dans l’économie marchande.

Dans l’autre sens, l’effondrement de la Bourse se traduirait nécessairement par un effondrement de l’économie marchande.

De même, la crise d’un secteur – l’immobilier notamment - devrait nécessairement se propager à l’ensemble de l’économie.

Les plus idéologues défendent l’idée que la crise financière est une crise du capitalisme au sens marxiste du terme.

Ecartons d’emblée ce dernier argument : les mécanismes de crise décrits par Marx n’apparaissent pas du tout. Ils n’apparaîtront jamais d’ailleurs, car ils ne correspondent à rien d’observable. Il n’y a pas de baisse tendancielle du taux de profit.

La contamination de la crise de l’immobilier à la finance, puis de la finance à l’économie marchande ne répond pas non plus à un principe économique général de vases communicants, mais à des mécanismes conjoncturels propres à l’économie financière contemporaine, comme les titrisations de dettes et les prêts interbancaires.

Immanuel Wallerstein a également émis l’idée de la fin du capitalisme devenu incapable de revenir à l’équilibre. Mais ce déséquilibre permanent n’existe qu’à cause de ces mêmes mécanismes bancaires, qui sont aussi arbitraires que les normes comptables. Notons que la plan Paulson ni les plans européens n’ont envisagé de revenir sur ces mécanismes que nous allons évoquer.

Un dernier commentaire est basé sur l’argument de nécessité des décroissants. « Il est mathématiquement impossible de maintenir un processus de croissance illimité dans un monde fini où les ressources ne sauraient être indéfiniment renouvelables. »
Il y a en effet une manifestation de la société de consommation qui est l’utilisation de ressources naturelles plus rapidement qu’elles ne se reconstituent. Mais il faut rappeler que la croissance s’applique à un élément fictif : la valeur. Il est donc tout à fait possible, et c’est bien ce à quoi s’attelle la commission Stiglitz, d’attribuer de la valeur à telle ou telle chose de sorte que l’on retrouve une croissance infinie dans un monde fini.

D’autres articles sur le sujet sont simplement factuels, voire très techniques et n’explicitent pas les raccourcis – qui a vraiment compris pourquoi l’absence de solvabilité des accédants à la propriété pouvait entraîner une « crise de liquidités » pour les banques ? – et surtout n’en tirent que des conséquences pseudomorales superficielles – renforcer les contrôles ou moraliser le capitalisme par exemple.

 

Subprimes

Il nous faut commencer par retracer les mécanismes financiers en jeu. Les banques commerciales ont l’obligation de détenir des comptes de réserves auprès de la Fed.

Un montant minimum réglementaire doit être détenu sur ces comptes, afin de faire face à des retraits massifs des comptes de dépôt. En effet l’argent des comptes de dépôt est souvent placé ailleurs par les banques et n’est pas immédiatement disponible. Le montant des réserves obligatoires dépend des montants gérés dans les comptes de dépôt par les banques.

Les comptes doivent être créditeurs des réserves obligatoires sur une moyenne de 14 jours (28 à 35 en Europe, période de maintenance). Les réserves en excès sont très faibles aux Etats-Unis, car elles ne rapportent aucun intérêt.

En Europe, les comptes de réserve sont rémunérés au taux moyen de la période de maintenance. Il est donc beaucoup moins coûteux pour les banques d’emprunter en Europe, puisque les intérêts se compensent en partie.

Les réserves du système bancaire américain sont le solde de ces comptes (20 milliards de dollars) et les espèces détenues dans les coffres des banques (un peu moins).

Les réserves sur les comptes de réserves sont mutualisées, et les banques procèdent entre elles à des transferts interbancaires. Ces transferts sont très fréquents et nombreux. Lors d’une journée moyenne, le total des transferts interbancaires est peut-être de 4000 milliards de dollars. Un dollar de réserve peut donc être utilisé 200 fois par jour. A la fin de la journée, le compte de réserve doit être créditeur, et à la fin de la période, être créditeur au moins des réserves obligatoires.

Les banques ayant accepté des prêts interbancaires qui sont encore à découvert en fin de journée peuvent normalement emprunter ce dont elles ont besoin, soit à d’autres banques, soit à la Réserve fédérale en cas de carence des banques, à un taux de 1% supérieur au taux interbancaire.

En général, la Fed prête assez peu, de 2 à 20 milliards par jour (par rapport aux 4000 milliards de prêts interbancaires). Mais il y a une différence entre un prêt entre institutions financières et un prêt de la Fed. Entre deux banques, l’une voit sa trésorerie augmenter, l’autre baisser.

La Fed crédite le compte de réserves de la banque concernée et crée ainsi de la monnaie temporaire. C’est cela que l’on nomme « injection de monnaie ». 20 milliards doublent ainsi le solde des comptes de réserves.

 

Ces prêts sont octroyés à court terme, et assortis d’une garantie sur des titres financiers. A une échéance définie à l’avance –souvent un seul jour, jusqu’à deux semaines -, la banque doit rembourser la banque centrale. C’est une sorte de prêt hypothécaire de court terme. On parle d’ « opération de rachat » ou « repo ».

La banque emprunteuse s’engage à racheter les titres à prix fixe quelle que soit l’évolution de leur cours sur le marché. Elle réalise un gain ou une perte en cas de baisse ou de hausse du cours. Le seul risque que court la Fed est de voir la banque emprunteuse faire faillite durant la nuit.

Chaque matin une conférence « open market » est organisée afin que la Fed précise ce qu’elle accepte en garantie. Il peut s’agir de bons du Trésor, de titres fédéraux ou de prêts titrisés (depuis 2000). Le vendredi 10 août 2007, alors que les prêts titrisés étaient à l’origine des besoins accrus de fonds propres pour les banques, la Fed les a acceptés, et les banques les ont évidemment proposés puisque leur cours avait fortement chuté.


La cause

La crise des « subprimes » n’est pas celle des américains qui ont perdu leur logement. Ceux-là, on n’en parle pas (pourtant c’est un phénomène social majeur comme on peut le lire ici :  http://miltondassier.over-blog.com/article-27318959.html ), et ce problème n’a pas été abordé dans le programme de Barack Obama.

Elle n’est pas vraiment la conséquence de modalités de prêts immobiliers beaucoup trop risqués, du moins pas pour les investisseurs : le segment de marché est petit et les pertes relativement faibles (35 milliards de dollars à l’époque, soit une baisse des cours en Bourse de 0,2 %).

La surprime est absurde parce qu’elle aggrave le risque qu’elle est censée couvrir. Mais il n’y a pas de risque pour l’organisme de crédit. Celui-ci récupère toujours plus que sa mise, soit avec les intérêts, soit en récupérant le bien et les versements.

De son côté, le client qui a vu le risque se réaliser (le défaut de paiement) a bien payé la surprime, mais n’est pas couvert par l’assurance pour le paiement de son logement. Il perdra son logement, les versements effectués et devra malgré tout rembourser l’emprunt. Ca ressemble à une assurance, mais ce n’est pas cela.
Les actionnaires de l’organisme de crédit n’étaient pas assurés non plus par la surprime. Les dividendes étaient constitués des versements des acquéreurs de logement. S’ils ne payaient pas, les dividendes chutaient. Surtout, les actions ont perdu de leur valeur, et les investisseurs ont fui le secteur.

La première cause de la crise des subprimes est l’effet de panique : d’autres secteurs de la Bourse ont commencé à chuter.

Aussi, si les sociétés de crédit immobilier n’étaient pas des sociétés par action, la « crise » immobilière n’aurait eu aucune conséquence financière globale.

La deuxième raison pour laquelle il y a eu une crise financière est la règle des réserves obligatoires en fonds propres que doit détenir une banque. Les banques qui ont bénéficié des prêts de la Fed sont les mêmes qui avaient placé leurs fonds dans les titres de subprimes.

Mais la Fed ne les a pas financées parce qu’elles avaient perdu de l’argent suite à la chute des cours en Bourse.

La Fed a financé ces banques parce que d’une part, les gens ont rapatrié leur épargne dans les bons du Trésor US et le système bancaire, ce qui occasionnait un besoin subitement accru de réserves obligatoires, d’autre part parce que, comme les autres investisseurs, les banques étaient devenues adverses au risque. Elles ont souhaité conserver les réserves dont elles disposaient en cas de besoin, et ont refusé des prêts aux autres banques. La Fed devait donc intervenir de manière subsidiaire.

 

Les plans Sarkozy et Paulson

Quoi que de très court terme, les prêts des banques centrales viennent renforcer les fonds propres (qui n’appartiennent pas à la clientèle) des banques. Ce n’est pas la règle habituelle en comptabilité où seules les dettes de long terme sont assimilées au capital.

Avec le plan Paulson et les plans européens de soutien au secteur bancaire prévus en octobre 2008, ce sont les Etats qui interviennent, et les prêts octroyés sont à plus long terme.

Cela équivaut à une recapitalisation en Bourse mais les mêmes titres proposés en Bourse ne trouveraient pas preneurs.

Les prêts pouvant être importants, certains parlent de nationalisation. Mais la prise de participation de l’Etat est en théorie temporaire. Il n’est pas certain que cela lui donne le contrôle du capital, et même si cela était le cas, il n’est pas certain qu’il exercerait alors ses prérogatives.

Le plan français contient deux volets. Le volet d’urgence prévoit 320 milliards d’euros, dont 55 pour Dexia. Il est accepté par la Commission européenne en octobre 2008. Il ne s’agit pas de prêts immédiats de gré à gré, mais d’un fonds de garantie utilisable en cas de besoin.

Le second volet accepté en décembre prévoyait 40 milliards mais la Commission n’en a autorisé que 21. De la même manière que les banques centrales, l’Etat accepte des titres de la banque en garantie du prêt qu’il lui fait.
L’Etat emprunte lui-même ces 360 milliards aux banques via les prêts sur épargne préalable (qui ne créent PAS de monnaie) contre des obligations, au taux de 4%, puis il les reprête aux banques au taux de 8%. De facto, c'est idiot. L'Etat prête parce que les banques ne se prêtent plus entre elles. Mais l'argent que l'Etat prête est bien de l'argent pris dans les banques. Si les banques ont confiance et prêtent à l'Etat et ne le font pas entre elles, c'est parce qu'elles supposent qu'en cas de problème l'Etat pourra faire payer les contribuables. Il est donc ironique de dire que l'Etat gagne de l'argent dans l'opération, même si c'est vrai.

Le plan Paulson de 840 milliards prévoyait le rachat des actifs détenus par les banques et ayant perdu leur valeur (subprimes entre autres) par l’Etat. C’est assez différent car les titres en question valent beaucoup moins que ce que l’Etat offre. Il s’agit ici non plus d’un prêt, mais d’un quasi-don.

Or les banques auraient très certainement utilisé cet argent à acheter des actifs plus sûrs, soit des obligations de l’Etat, qui se serait ainsi retrouvé endetté vis-à-vis de ces mêmes banques ! Finalement, les Etats-Unis ont choisi des mécanismes similaires à ceux de l'Union européenne.

Les banques s’engagent en contrepartie à prêter aux entreprises, et à restreindre les rémunérations des dirigeants et opérateurs de marché. Il a été dit que les rémunérations des dirigeants et traders des banques américaines équivalaient à 10 % des aides versées. Mieux, les dividendes versés équivalent à la totalité de ces aides.
Certes ce n'est pas le "même" argent. Les prêts de l'Etat viennent renforcer les fonds propres, au passif des banques. Les dividendes sont versés à partir des intérêts, qui sont le bénéfice des banques. Or les banques font bien des bénéfices (elles en font toujours car elles ne prêtent jamais à perte avec des intérêts négatifs). Ce qui est curieux, c'est que les fonds propres apportés par l'Etat sont censés pousser les banques à prêter, et ce sont ces mêmes prêts qui sont à l'origine des intérêts et dividendes. C'est donc que ces banques qui ont reçu ces prêts de l'Etat et fait des bénéfices commencent juste à renâcler à prêter. Elles ont assez prêté pour recevoir des intérêts jusqu'ici.

Commentaires

On voit bien que cette « crise » n’est ni une crise de la valeur au sens marxiste, ni une crise de la finance déconnectée de l’économie marchande. Le passage de la crise d’un secteur à un autre est l’effet du mécanisme de financement à haut risque qu’est le crédit hypothécaire et de la panique boursière qui s’en est ensuivie, et pas à un principe immanent de contamination de l’économie.
La transformation de la crise financière à une crise de l’économie marchande est liée au fait que pas plus qu’elles ne prêtent désormais aux autres banques, les banques commerciales ne prêtent aux particuliers.
Ce qui scandalise en général est la disproportion des chiffres lorsque on les compare avec les volumes versés à l’aide au développement (1 milliard d’euros), les mesures d’économie dans les hôpitaux (1 milliard), le déficit de l’assurance maladie (10 milliards par an) qui devrait conduire à réduire l’Etat social.
Les rémunérations des actionnaires et des dirigeants des banques choquent aussi, mais il ne s'agit bien que de prêts.

C’est Nicolas Sarkozy qui a raison : il ne s’agit que de renforcer les fonds propres et de restaurer la confiance.
L’économie ne fonctionne que sur la confiance. Cela ne devrait pas surprendre que cycliquement (rien à voir avec la théorie des cycles (inexistants) de production). Sur une période de bientôt deux ans, le mode moyen de la psychologie des acteurs de la finance a été la méfiance.

A côté des gens qui annoncent la fin du capitalisme, il existe un autre type de commentaires qui comprend de travers la notion de « crise de liquidités » et d’ « injection de liquidités. »

C’est la difficulté à obtenir des prêts interbancaires qui est appelée « crise de liquidités ». L’intervention de la Réserve fédérale, qui crée de la monnaie pour un temps très court, est elle appelée « injection de liquidités ».

Le fameux LaRouche a notamment critiqué les taux zéro (l’usure c’est génial) et l’injection de liquidités dans le système financier, qui seraient de nature hyperinflationniste.
 
L’injection de liquidités, comme on vient de le voir, n’est pas la pratique de la planche à billets. Elle ne peut pas générer d’ « hyperinflation » puisque ces prêts sont remboursés souvent dès le lendemain, et ne sortent jamais des circuits financiers.
La seule chose à même de générer une crise de la consommation est au contraire la raréfaction de la monnaie. Or justement, comme les banques prêtent de moins en moins, il y a de moins en moins d'argent en circulation.

Nous l’avons déjà dit : ce n’est pas parce qu’elles prêtent trop que les banques ont des créances irrécouvrables, mais parce qu’elles ne prêtent pas assez.
Ce n’est pas parce que des emprunteurs deviennent insolvables que les banques resserrent l’accès au crédit. C’est parce qu’elles ont resserré l’accès au crédit que les emprunteurs sont devenus insolvables. Le remède choisi – resserrer le crédit pour empêcher les créances pourries – est celui qui a créé le problème.

Rappelons que LaRouche avait également écrit : « Tout le système économique se désintègre, avec ce genre de complications. Et on a, d’une part, un phénomène d’hyperinflation conduit par les produits financiers dérivés, et de l’autre, un processus déflationniste, en conséquence d’une chute de la production, les gens étant prêts à vendre à n’importe quel prix pour échapper aux dettes ; et les deux phénomènes sont simultanés. »
Et voici ce que nous répondions : « La réalité est plus simple : les mécanismes que dévoile LaRouche n’existent pas. Il n’y a pas de phénomène mécaniquement inflationniste lié aux produits financiers dérivés. Pas plus que de processus déflationniste lié à la chute de la production. Seule la quantité de monnaie en circulation et les prix s’ajustent l’un à l’autre, et encore pas de manière systématique. Si cela était automatique et rapide, ni l’inflation ni la déflation ne seraient d'ailleurs des problèmes économiques. »

On pourrait ajouter que les plans de soutien aux banques ou le marché des produits financiers dérivés sont certes d’un volume phénoménal, mais que ces montants à donner le vertige sont généralisés en Bourse depuis bien avant 2007. Cela
n’a jamais été inflationniste en aucune sorte, pour la bonne raison que la sphère boursière et la sphère économique sont relativement étanches.
L’argent investi en Bourse lors des introductions et lors des augmentations de capital disparaît définitivement de la sphère marchande et ne peut plus servir aux transactions. Si les produits dérivés sont nombreux et introduits à des prix très élevés, la monnaie disparaît de la sphère marchande à proportion, ce qui ne peut être que d’ordre déflationniste. Lorsque on parle du marché d’occasion, tout ce qu’achète une personne est vendu par une autre. Quelle que soit la cotation, aucun argent n’entre ni ne sort de la sphère marchande. Ce qu’on appelle la « crise » financière n’a aucune sorte d’influence sur la sphère marchande, à l’exception des actions menées par les banques et des mesures prises par les Etats.

La disparition de la « monnaie » immobilisée dans la finance n’a normalement aucune conséquence sur la quantité de monnaie disponible pour les transactions marchandes. Il n’en est cependant pas de même quand on compense les pertes financières par de l’argent marchand. Or c’est ce qui est en train de se passer avec l’affaire Madoff.


Le fait que 50 milliards de dollars financiers aient soi-disant disparu n’est pas si énorme qu’il peut paraître. Il y a des milliers de milliards immobilisés en Bourse. Il ne faut pas se laisser abuser par le caractère criminel de la chaîne de Ponzi par rapport à un investissement en bonne et due forme. Les dividendes d’un fonds ne viennent pas d’une « création de valeur » liée au labeur des braves travailleurs des entreprises dans lesquelles le fonds investit. Ils viennent de ce que de la monnaie circulante a été captée dans l’entreprise et détournée vers le fonds. Au lieu de rémunérer le premier investisseur avec le capital des suivants, on le rémunère avec l’argent des consommateurs.

Le fait important est que Madoff n’a pas déclaré son fonds en faillite : il a plaidé coupable. Or il existe une loi aux Etats-Unis qui permet aux victimes d’escroquerie de bénéficier de la garantie intégrale de l’Etat. Ce ne sont pas les victimes de Madoff qui vont perdre 50 milliards, c’est le contribuable américain.

Or si 50 milliards dans la finance, ce n’est pas si énorme, c’est une perte énorme pour l’économie marchande.

A cela s’ajoutent les mesures de relance par l’offre que prônent tant l’administration Obama que Patrick Devedjian, et qui ne peuvent qu’échouer puisque, faut-il encore le répéter, il n’y a pas d’argent pour consommer.

Par Didier - Publié dans : Economie - Communauté : Freemen - Recommander
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