L'observation attentive du discours ambiant montre que les hommes confondent très souvent un fait et une hypothèse.
Ils confondent ainsi la théorie économique (hypothèse, artificielle ET fausse) avec la comptabilité monétaire (fait, artificiel mais vrai), la comptabilité monétaire avec la comptabilité
matière (fait de nature), et la théorie économique avec la comptabilité matière. C'est ainsi qu'on se retrouve avec des textes qui comparent allègrement la comptabilité de la valeur dans le
système capitaliste et financier et la valeur travail. Puisque la valeur dans le système existant ne correspond pas à la valeur dans la théorie, les marxistes disent qu'il s'agit de "capital
fictif". Or c'est bien le contraire. C'est la valeur travail qui est une théorie fausse. Une hypothèse réellement scientifique doit être testée et, si elle ne correspond pas aux événements
observés, doit être rejetée.
Ajoutons que les hommes remplacent aussi très souvent les faits réels pour leur substituer un discours
moralisateur.
Arte diffusait samedi 7 décembre après-midi le reportage "Homme VS Singe", qui se proposait de comparer les
performances respectives de l'homme et des grands singes.
Dans le domaine qui nous occupe - l'économie - le reportage démontre une chose à souligner : un chimpanzé ne peut
mettre en oeuvre des stratégies de collaboration sans que son intérêt personnel soit en jeu. A l'inverse, l'homme est capable de comportements purement altruistes.
On en déduira que le principe de base de l'économie selon Adam Smith, Milton Friedman et Margaret Thatcher - l'homme
rationnel est mu par son intérêt égoïste - s'applique en réalité aux chimpanzés. On pourrait aussi dire que l'économiste libéral est plus proche du chimpanzé que de l'homme au sens plein du
terme.
A l'inverse, on n'aura pas échappé au finalisme panglossien qui est de mise en sciences biologiques. C'est parce que
la mâchoire de l'homme est moins puissante que celle des grands singes qu'il aurait commencé d'utiliser son cerveau. Ben voyons. Et c'est aussi pour cela que les lapins triomphent toujours
des lions.
Nous partagerions aussi (air connu) la presque totalité de nos gènes avec les chimpanzés. Le chiffre de 98% a même
été souvent avancé. Il n'est jamais expliqué comment on peut donner un taux d'identité entre un animal dont le génome contient 48 chromosomes et un être humain qui en possède 46. On ne sait
pas non plus ce qui est comparé : les bases ? les codons ? l'ADN transcodant ? l'ADN total ? Surtout, on ne sait pas comment une telle affirmation a pu être serinée quinze bonnes années avant
qu'on ne séquence le génome des vers marins.
D'ailleurs en 2007, les premiers génomes humains séquencés faisaient apparaître un taux de 12% de bases au moins (les
génomes commençaient seulement d'être comparés) de variations interindividuelles. C'est-à-dire qu'entre deux êtres humains pris sur un plan individuel, l'identité génétique était au plus de
88%. Les différences entre un humain et un chimpanzé sont certainement bien supérieures. Mais la propagande scientifique n'évoluant pas avec la science, gageons que les reportages de
vulgarisation continueront longtemps de rabâcher les mythes fondateurs d'Axel Kahn.
L'actualité c'est aussi la polémique entre Eric Zemmour et les défenseurs de la morale. Comme nous l'avons déjà
exposé, ceci est la résurgence du débat médiéval entre l'idéalisme et le nominalisme, les premiers postulant l'existence réelle des idées, dont les choses ne sont que la matérialisation, et
les seconds affirmant l'impossibilité d'utiliser des concepts englobants, chaque chose étant irréductible à une catégorie.
L'avènement de la science devait terminer le débat. Il n'y a pas de races dans le ciel des idées, mais l'être humain
a besoin de concepts englobants pour communiquer. Ainsi il n'existe pas de rouge ou de jaune, simplement des gammes de longueur d'onde qu'on convient de délimiter de manière arbitraire et
dont chaque segment se voit attribuer un nom de couleur. La totalité du langage est faite de la sorte.
Mais les scientifiques sont comme tout le monde : ils confondent le discours et la réalité, prétendent que leur
propre discours est la réalité et attaquent comme falsifié tout discours descriptif différent.
On peut toujours répéter comme un mantra que "les races n'existent pas", cela reste la première chose qu'on remarque
chez quelqu'un, et à un niveau de discours infra, c'est utilisé larga manu. Rien qu'hier au bistrot, une dame me demandait si j'étais "français ou arabe". Ce ne sont pas des concepts
scientifiques, mais ce sont des concepts culturels très puissants. Le petit doctrinaire Sébastien Fontenelle, chez qui un discours doit être moral et non pas se rapporter à des faits,
s'effarouche que Zemmour parle de remplacements de populations dans le 93. Dans le troquet sus-cité, situé dans le 93, à la clientèle très cosmopolite, c'est discuté comme un fait
d'évidence.
Au niveau du discours scientifique, les distinctions sont différentes de celles du discours culturel, mais les
Fontenelle feignent en permanence de prendre l'un pour l'autre, comme si les pratiques culturelles étaient déterminées par la systématique de laboratoire.
D'ailleurs, à y regarder de près, le discours scientifique a un relent idéologique puissant.
A l'item "race humaine", wikipedia propose les extraits suivants : "D'une part l’avancée des travaux en génétique a
forcé à abandonner la notion, après avoir établi que les différences entre les humains sont individuelles et non de race (ou groupe). En effet les individus sont tous différents et les
caractères qui produisent ces différences se retrouvent dans toutes les populations. Comme le dit le généticien André Langaney (1992) : « Au début des recherches en génétique, les
scientifiques, qui avaient en tête des classifications raciales héritées du siècle dernier, pensaient qu’ils allaient retrouver des gènes des Jaunes, des Noirs, des Blancs… Eh bien, pas du
tout, on ne les a pas trouvés. Dans tous les systèmes génétiques humains connus, les répertoires de gènes sont les mêmes.[7] »"
Je vous renvoie supra. Cette affirmation date de 1992. Le premier séquençage du génome humain date de 2006. En dehors
du mépris de classe manifesté par les Val, Maris et autres Cyran, la lecture de Langaney n'a pas peu fait pour mettre fin à mon achat hebdomadaire de Charlie-Hebdo. C'était en 1999, je n'ai
pas attendu 2007 comme d'autres.
D'autre part, même si cela ne se rapporte pas aux "Jaunes", "Noirs" et "Blancs", il y a bien des pools de gènes
différents dans les différents groupes populationnels. Il y a des études qui proposent des graphiques pour mesurer la distance génétique entre ces groupes, selon différents gènes de
référence. On connaît des populations connues pour être à métabolisme hépatique CytP450 rapide, d'autres à métabolisme hépatique lent. L'industrie pharmaceutique se moque des propos de
Langaney et propose depuis quelques temps des médicaments ou des tests ciblés ethniquement, comme le test de dépistage de susceptibilité au cancer du sein via les gènes BRCA1 et BRCA2,
spécifiquement proposé aux femmes d'ascendance juive ashkhénaze.
Surtout, et même si les répertoires de gènes étaient les mêmes, on ne peut que souligner le fait que le généticien
est tellement déformé par sa discipline qu'il tient la différence de phénotype flagrante entre les finlandais et les pygmées pour négligeable.
Poursuivons avec wikipedia :
"D’une façon générale, l’appartenance à une race se définit par des interactions entre de nombreux gènes. Il n’existe pas à proprement parler d’allèle du « teckel » ou du « berger
allemand », ni d’allèle « pygmée » ou « esquimau ». On ne sait donc pas associer (avec précision et de façon stable) de génotype au phénotype attendu pour une race."
Ce paragraphe est honnête. Il se contente d'une conclusion humble : il n'est pas facile de savoir quels gènes sont
associés aux phénotypes visibles. Mais le reste de l'article conclut beaucoup plus loin.
"Avec l'étude de la variabilité génétique apparait une nouvelle définition, plus axée sur la notion de variabilité
génétique. Theodosius Dobzhansky proposera ainsi sa définition du concept de race (au sens large) : « Une population d’espèces qui diffèrent selon la fréquence de variants génétiques,
d’allèles ou de structures chromosomiques. » Cependant, comme l’indique Marcus Feldman (du département de biologie de l’université de Stanford) et ses collègues : « comme deux populations
différentes présentent toujours de tels variants, cette définition est en réalité synonyme de population ». Au sein de cette approche apparait une nouvelle donnée : la variabilité au sein
d’une population est plus grande que celle existant entre les populations[9]. Cette constatation amène à l’époque un grand nombre de biologistes à considérer que la notion de race n’est pas
biologiquement pertinente."
Tout d'abord, notons que la définition de Dobzhansky ne veut rien dire. Les races ne sont pas des populations
d'espèces. Admettons qu'il faille comprendre : "les races sont les sous-populations de l'espèce qui diffèrent selon la fréquence de variants génétiques, d'allèles ou de structures
chromosomiques." La remarque de Feldman qui suit est un truisme. Dobzhansky définit la race comme une population, et Feldman en conclut que la race est une
population.
On notera que la "définition" a changé en passant de Langaney à Feldman. Chez Langaney, la race n'existe pas. Mais puisqu'il faut en parler, admettons avec Feldman que c'est une
population.
L'important se trouve dans la "nouvelle donnée" : la variabilité d'une population est plus grande que celle existant entre les populations. D'un simple point de vue scientifique, c'est une
affirmation qui n'a pas de sens, parce qu'on compare des individus réels entre eux, alors qu'on compare des moyennes de population. Cela s'appelle mélanger des choux et des
tomates.
Insistons sur le fait que pour le généticien les différences phénotypiques évidentes entre les finlandais et les
pygmées ne comptent pas. Les généticiens rejettent des éléments évidents comme de la biométrie archaïque (demandez à George W Bush si la biométrie est archaïque). Seul le gène et le peu
qu'ils en connaissent est objectif. On sait que le phénotype est essentiellement d'origine génétique. Mais puisque "On ne sait donc pas associer (avec précision et de façon stable) de
génotype au phénotype attendu pour une race.", ce n'est pas que leur science est incomplète, c'est que le phénotype ne compte pas. C'est-à-dire : la réalité ne compte pas, ce sont leurs
abstractions qui comptent. Il en découle une réduction systématique du rôle de l'inné et des gènes dans tous les phénomènes macrosociaux (pour ne pas donner prise à l'infâme
sociobiologie).
On a beau connaître les résultats d'anomalies comme les trisomies sur l'intelligence générale, l'idéologie est que
l'intelligence n'a pas d'origine génétique. On dira également que l'homosexualité est un phénomène immanent, sans origine génétique ou physiologique qui pourrait suggérer une "maladie". En
réalité, on ne fait tout simplement pas d'études sur le sujet, ou on formule des conclusions qui euphémisent, minimisent ou contredisent les données étudiées.
Ce qui est très significatif, c'est que des conclusions scientifiques récentes de cet ordre viennent appuyer un
discours scientifique qui préexistait. Dès les années 70, même en l'absence d'études, des scientifiques de gauche présentaient déjà des "conclusions" scientifiques qui appuyaient leurs
propres convictions morales.
Toutefois, c'est une approche typiquement française. A l'opposé, les associations homosexuelles américaines ont donné
publicité en 2008 à des travaux affirmant l'origine avant tout génétique de l'homosexualité. Cela a été fait pour donner des arguments en faveur de l'adoption d'enfants par des couples
homosexuels, et couper court à l'idée que l'enfant serait influencé par la sexualité de ses parents.
Les associations homosexuelles diffusent aussi des études démontrant que les jeunes homosexuels connaîtraient des
taux de tentatives de suicide six à seize fois supérieurs à la population générale.
http://www.le-refuge.org/news/le_suicide_des_jeunes_gays.htm?gclid=CJzr5JiprpcCFQVMtAoduUkaiQ
En général, elles supposent que cela est lié à des conditions de vie difficile. Mais on ne retrouve pas de telles proportions parmi les populations roms par exemple. Ajoutons que la
psychiatrie tient pour acquis qu'il n'existe pas de "dépressocoque", et que la survenue d'une dépression est essentiellement liée au terrain, bien plus qu'à une influence de l'environnement.
La supposition qui ne doit pas être faite est qu'il s'agirait d'un syndrome global associant entre autres le comportement sexuel et le geste suicidaire.
De très nombreuses études sont publiées montrant une corrélation entre des aspects biologiques apparemment mineurs et
des surrisques mineurs (15%) associés à une morbidité mineure (la longueur des doigts et l'obésité par exemple). Ici nous avons un surrisque létal de 900 % (pour un facteur moyen de dix).
Dans tout autre cas, on lancerait immédiatement un plan de santé publique.