Vendredi 3 octobre 2008
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Les marchés s'inquiètent, les politiques aussi. L'armée russe est aux portes de Paris, l'épidémie de peste fait rage
et un essaim de météorites menace la Terre ? Nenni, c'est la récession. Il en ressort que visiblement la récession est une chose que nos amis n'apprécient pas.
Dès lors, les gens qui ont tendance à être rarement du même avis que les marchés et les politiciens pourraient se poser une question légitime : est-ce que la récession, c'est aussi grave
qu'ils le disent ? Voire pour les plus suspicieux d'entre eux: est-ce que la récession, ce ne serait pas une bonne nouvelle ?
Allons-nous en donc expliquer la récession.
Premièrement, la croyance en une prétendue valeur du Produit intérieur brut est corrélée en une croyance à l'existence du progrès humain poussée à ses dernières extrémités. Qui peut
sérieusement croire que nous vivons dix fois mieux aujourd'hui qu'en 1950 ? Que le dernier Prince of Persia est 3 fois plus divertissant que le Pac-Man de 1985 ? Que notre plaque à induction fait
des petits plats 5 fois meilleurs que la cuisinière à gaz de grand-mère ? En réalité, ce que nous appelons croissance, tentative de quantifier des gains qualitatifs déjà douteux sous cette forme,
n'est que de l'inflation. Et comme l'inflation, elle finit par se résumer à rien : tout augmente dans une mesure proche, comme s'il ne s'était rien passé.
Deuxièmement, même en supposant que le PIB a une valeur indicative sérieuse, que son calcul est d'une rigueur à toute épreuve (mes fesses), il reste que 0,1% de PIB en moins, ce n'est pas très
différent de 0,1% de PIB en plus. On est en train de discuter sur l'épaisseur du trait.
Troisièmement, il ne faut pas oublier que la croissance est celle du PIB (vendu faut-il le rappeler), qui est lui-même l'accroissement marginal du patrimoine. Le patrimoine ne diminue pas: il
augmente moins que l'an dernier à la même époque.
Mais enfin qu'est-ce qui leur fait donc si peur dans la récession ? C'est que le PIB est en réalité bien autre chose qu'une mesure de la production, c'est une mesure du pouvoir d'achat dans un pays
donné. Un pays qui voit son PIB diminuer voit son pouvoir d'achat amputé. Et c'est là qu'on voit que les politiques prennent la cause pour l'effet et réciproquement. C'est parce que les
salaires s'affaiblissent par rapport aux prix pratiqués que la consommation s'écroule.
Il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Le gouvernement a voulu prendre aux pauvres pour donner aux riches via le paquet fiscal et autres joyeusetés. La récession est une conséquence logique, qu'il
aurait pu anticiper et assumer. Mais comme il raisonne à l'envers, il mettra sans doute en place des mesures d'austérité destinées à soutenir la production au détriment des salaires, qui
aggraveront la récession. Ou alors, comme parfois la droite, il fera une politique de gauche.
Ce qui est pénible, c'est que la récession ne nous sortira pas du capitalisme (faut pas rêver les marxistes !)
Quoi qu'il en soit, il y a un mot plus joli que récession, qui pourrait être employé dans le même sens. C'est celui de décroissance.
Par Didier
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Publié dans : Economie
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