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"La social-démocratie est le nom que l'on donne au capitalisme en Europe" (John Kenneth Galbraith)

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Mardi 3 juillet 2007
"La dette : ennemie publique numéro  1", thème choisi  pour  l'émission de Frédéric Taddei Ce soir ou jamais voici quelques semaines.

Invités Flore  Vasseur, écrivain, et Ridan, chanteur,  pour servir de Candide. Damien Millet, membre du comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde, pour servir d'indigné.

Et, évidemment majoritaires,  un banquier, Attali, président de  Planète Finance, acteur du micro-crédit dans le Tiers-monde, Jacques Marseille, un historien qui se dit économiste,  Michel Aglietta, un économiste de droite qui s'accroche à son passé maoïste pour se prétendre de gauche, et Michel Godet, économiste néo-libéral mais réactionnaire en matière de moeurs.

Attali fait quelques remarques qui sont un plaidoyer pour la dette. (Avant d'humilier les Etats en leur opposant leur mauvaise gestion, il faut bien les pousser au crime. Donc avant d'être un mal, la dette c'est bien.)

"C'est grâce à la dette que  les échanges économiques sont possibles. Sans elle, chacun se referme."

[Economie et archimagie : Les échanges économiques transfrontaliers sont-ils bons ? L'exportation de monocultures au détriment des cultures vivrières a créé la famine en Afrique. Le transport international de marchandises contribue fortement à la destruction environnementale.]

"Si on annule la dette, plus personne ne voudra prêter."

[Economie et archimagie : Les Etats n'ont besoin de prêts que tant qu'ils ont besoin de compétences, d'outils et de matériaux venus de l'étranger. Et ils n'ont besoin de prêts que parce qu'ils acceptent les règles monétaires internationales qui les étranglent.]

"Le versement d'un intérêt est bon pour le développement, car il contraint l'emprunteur à bien utiliser l'argent prêté."

[Economie et archimagie : Intérêt ou pas, les emprunteurs font le plus souvent n'importe quoi. Si pas à l'intérêt, on peut reconnaître au capitalisme et à l'appât du gain le fait qu'ils poussent aux améliorations technologiques et à la diversification des biens. Mais est-ce une nécessité pour la société humaine, et l'est-ce encore aujourd'hui que la société d'abondance est une réalité ?]

"L'usine (versement d'un fixe supplémentaire avec le remboursement d'un emprunt, admis par l'islam), c'est la même chose que l'intérêt."

[Economie et archimagie : Il n'y a pas plus de moyens de paiement en circulation pour rembourser le fixe complémentaire de l'usine que pour rembourser l'intérêt. Dans les deux cas, il s'agit de rembourser une banque avec de l'argent qu'elle a elle-même créé, et si elle n'en crée pas, les banques finissent par récupérer les biens créés par l'activité humaine.

Mais l'intérêt - un pourcentage - a une faculté exponentielle fabuleuse, qui crée la situation décrite bien plus rapidement que l'usine.]

"Le remboursement de la dette américaine à la Chine causerait l'effondrement chinois."

En fait, seul l'Etat fédéral est endetté vis-à-vis de la Chine, les américains ordinaires continuant d'emprunter à la Banque populaire locale.

Selon Attali, si les américains se servaient de la planche à billet pour rembourser la Chine, cela affaiblirait la "crédibilité" du dollar et pourrait entraîner sa forte baisse, dévalorisant du même coup le portefeuille de devises de la Chine.

Mais le dollar n'a déjà que la crédibilité qu'on veut bien lui donner et, s'il ne s'est pas effondré jusqu'ici, on peut bien pousser un peu plus. Surtout, ce ne sont pas les chinois et les autres créanciers des Etats-Unis qui ont intérêt à faire chuter le dollar, puisqu'ils sont remboursés avec. Il n'y aura donc probablement pas d'effondrement chinois du fait du remboursement de la dette US (mais le monde est un tissu d'irrationalités, ne nous étonnons de rien). Ce qui peut se passer en revanche, c'est que la diversification dui portefeuille chinois de devises se poursuive, que les dollars ne sortent plus des Etats-Unis, et qu'un dollar assez fort ne soit plus incontournable pour les autres nations. Alors il pourrait chuter, et les seuls à en souffrir seraient les américains qui ont pris l'habitude des importations.

Michel Godet, lui, joue le rôle du Père Fouettard anti-dette. Il nous rappelle ce poncif : "ce sont les enfants qui payent la dette générée aujourd'hui."

[Economie et archimagie : C'est absolument faux. Ce sont des particuliers aussi qui achètent des obligations du Trésor. La dette générée aujourd'hui les enrichira et leurs enfants aussi. En revanche, c'est l'ensemble des français imposés qui va payer ces créanciers. Il s'agit donc non d'un transfert des enfants vers les parents, mais des pauvres vers les riches. Ceci vient parfaitement s'articuler avec l'ensemble de la politique fiscale gouvernementale. Il n'y a donc pas de raison idéologique à ce que la droite (ou la gauche, c'est pareil) fasse diminuer la dette. D'autant plus qu'elle excelle à faire oublier qu'elle en est responsable et s'en sert comme argument électoral.]

Godet distingue la bonne dette, réservée à l'investissement productif, qui permet ensuite de rembourser, et la mauvaise dette qui sert à financer des dépenses courantes.

[Economie et archimagie : Magnifique illustration de la pensée économique ordinaire. D'abord Godet pense qu'on fabrique de l'argent sur les chaînes de production, et qu'il y a une différence de nature entre des activités économiques "productives" (qui fabriquent de l'argent) et des activités qui le "dépensent". En général, dans la pensée des Godet, une clinique privée crée de la richesse, un hôpital coûte de l'argent. Quelle dette selon lui représenterait un "investissement " public ?]

MIchel Aglietta rappelle que tant que le taux réel de l'intérêt est inférieur au taux de croissance, ça va.

[Economie et archimagie : Même chose. Aucune croissance d'activité ne crée le pognon pour la vendre. Elle ne permet donc pas de rembourser quoi que ce soit. Au contraire, la croissance, comme l'inflation ou l'intérêt, est un accroissement du volume global des prix, et doit donc être alimentée par un volume équivalent d'argent supplémentaire. C'est à dire par une mobilisation de l'épargne, la planche à billets...ou un nouvel emprunt.]

Jacques Marseille explique que dans le temps l'Etat endetté ne remboursait pas et faisait banqueroute.

[Economie et archimagie : Il a dû arriver qu'un royaume endetté règle le problème en décapitant ses créanciers. La plupart du temps il émettait de nouvelles devises, qu'il garantissait par la teneur des pièces en métal précieux. S'il n'avait pas de métal précieux, il en dépossédait quelqu'un, édictait des lois qui le rendait propriétaire de tout l'or trouvé sur son territoire, ou faisait la guerre pour accroître son trésor. Je n'ai pas étudié toutes ces anciennes sociétés et il serait intéressant de connaître les principes monétaires et budgétaires qui les régissaient les unes et les autres. Où les comptes du roi étaient assimilés à ceux du royaume et où ils ne l'étaient pas, etc.

En revanche, il est bien certain que jamais un Etat n'a fait "banqueroute" et disparu de la carte pour raisons financières.]

Marseille se fend d'une explication sur l'inflation, prenant exemple sur les Trente glorieuses, en prétendant que l'inflation permet de rembourser ses dettes et dépouille les créanciers.

[Economie et archimagie : Ce que Marseille néglige de dire, c'est que l'inflation modifie la répartition du prix entre salaires et profits. Il existe donc des cas d'inflation où les salaires augmentent plus vite que les prix, et d'autres cas où c'est rigoureusement le contraire (aujourd'hui par exemple).]

"Si l'Afrique disparaissait, l'économie mondiale ne s'en rendrait pas compte."
 
[Economie et archimagie : Marseille confond la production réelle et sa valorisation monétaire. Les immenses richesses de l'Afrique, produites le plus souvent par des travailleurs africains, sont achetées à un prix et un taux de change extrêmement défavorables. Ainsi les procédures de justice absurdes aux Etats-Unis génèrent bien plus de PIB que l'exploitation des ressources minières du Niger ou d'Afrique du sud.

Si les gisements d'uranium du Niger venaient à disparaître, la France devrait revoir toute sa politique de production d'électricité. La France est soi-disant autonome dans ce domaine, ce qui sous-entend simplement que le Niger n'est pas en mesure de nous refuser l'exploitation de son sol.]

Ridan, un Candide, est beaucoup plus pertinent : il ditque l'on prête uniquement pour avoir le contrôle sur les Etats et les hommes. Je n'ai jamais pensé autre chose.

Il s'agit en effet de règles artificielles, faites par ceux qui veulent détenir le pouvoir. Pas plus que le Monopoly ne décrit le capitalisme, le capitalisme ne décrit le fonctionnement naturel d'une planète.

Or on n'entendra pas un questionnement de la soirée sur la légitimité de ces règles.
par Didier publié dans : Economie recommander
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Dimanche 24 juin 2007
Le numéro 2 de la revue Entropia daté d'avril 2007 a pour thème "décroissance et travail". 
Laure Pascarel publie sur le forum Utopia les notes de lecture de Jean-Paul Allétru. Je reprends ici ses notes concernant des  textes de Jean-Marie Harribey et André Gorz.

1) Désaliéner le travail pour économiser les ressources, Jean-Marie Harribey

La critique radicale de la marchandise et de son fétichisme, par laquelle Marx ouvre Le Capital, contient, en germe, la critique antiproductiviste qui naîtra véritablement un siècle plus tard.
Jean-Marie Harribey analyse les liens entre travail, richesse et valeur. 

[Commentaire d'Economie et Archimagie : Harribey est un économiste estampillé marxiste comme il en reste peu. Bien que s'intéresssant à la problématique écologiste et même dans sa version "hard" antiproductiviste, il part toujours de l'économie marxiste pour l'aborder. Aussi, son analyse des liens entre travail, richesse et valeur part d'une équation qui les égalise tous trois : travail = richesse = valeur ]

Il note en particulier que la socialisation de la production et de la transmission de connaissances entre en contradiction ouverte avec leur appropriation privée. Mais cela n’infirme pas, contrairement à ce que certains théoriciens de la « nouvelle économie » pensent, la théorie de la valeur de Marx, bien au contraire : au fur et à mesure que la productivité augmente, la valeur des marchandises diminue. Au point qu’on entrevoit la possibilité d’accéder aux logiciels gratuitement, parce qu’ils ne valent rien ou presque.

[Commentaire d'Economie et Archimagie : Où est la contradiction entre la socialisation de la production et son appropriation privée ? Les salariés de l'Etat achètent des biens pour leur propre consommation comme tout le monde.

Par contre, il y a d'autres arguments -eux excellents - pour infirmer la théorie de la valeur chez Marx. Pas plus que la rareté ou l'utilité, le temps de travail humain n'explique les prix comme résumé ici : http://www.ecotheurgie.com/article-1972363.html

D'ailleurs le logiciel (si Harribey parle bien de son contenu immatériel et pas de son support) est un très mauvais exemple de gains de productivité : le développement est long et coûteux en temps de travail humain.]

Seul le travail produit de la valeur nouvelle. Les ressources naturelles sont des richesses. Elles n’acquièrent éventuellement de la valeur économique que par l’intervention du travail humain. Elles ne créent pas elles-mêmes de valeur, tout en étant indispensables à la production de richesse et de valeur nouvelle par le travail. Si, en dehors de tout usage, on fait le choix de préserver les équilibres des écosystèmes, c’est au nom de « valeurs » qui ne ressortissent pas à l’économique, mais à l’éthique ou au politique.

[Commentaire d'Economie et Archimagie : Du point de vue de ce blog, ceci est une énorme confusion. Harribey note bien que la valeur au sens économique traditionnel ne tient pas compte des ressources naturelles, la nature ne se faisant pas payer. Toutefois ce qui confère une valeur économique aux choses n'est pas le travail humain mais leur VENTE. Ce n'est pas le travail qui crée la valeur, mais la valeur qui se partage entre salaires et profits et détermine leur niveau.

Surtout, Harribey ne fait qu'avaliser le champ traditionnel de la discipline économique : l'éthique, la politique, en fait le réel, n'a rien à faire avec l'économique. Evidemment l'équilibre des écosystèmes est tout à fait admissible dans le champ des valeurs humaines et devrait être logiquement intégré au domaine des valeurs économiques si celles-ci cherchaient réellement à décrire les problématiques réelles. Au lieu de quoi Harribey préfère séparer d'un côté les problématiques de ressources, qui ne seraient pas économiques, de l'autre les règles artificielles de l'échange que les hommes se sont données et toutes les fausses problématiques qui vont avec, et leur donner une importance égale.]

[...]

2) Crise mondiale, décroissance et sortie du capitalisme. André Gorz.

La décroissance est une bonne idée : elle indique la direction dans laquelle il faut aller et invite à imaginer comment vivre mieux en travaillant moins et autrement. Mais cette bonne idée ne peut pas trouver de traduction politique : aucun gouvernement, aucun des acteurs économiques ne l’accepterait. La décroissance provoquerait une dépression économique sévère, voire l’effondrement du système bancaire mondial.

Le capitalisme s’enfonce depuis vingt ans dans une crise sans issue.

[Commentaire d'Economie et Archimagie : Gorz est un sociologue qui très tôt a posé la question de la fin du travail comme valeur fondatrice de la société. Ses références économiques sont toutefois marxistes, ce qui explique sa lecture de l'économie.

De notre point de vue, il n'y a aucune crise du capitalisme, parce que l'objectif du système est le maintien de la hiérarchie et non pas la plus-value marchande, issue d'une comptabilité artificielle. L'avènement des profits financiers pour pallier les difficultés des profits industriels n'est pas une situation aberrante qui sera nécessairement corrigée mais une solution durable.

Gorz a sans doute raison de soulever les difficultés politiques et les problèmes de débouchés qui seraient créés dans la sphère marchande. En revanche, les banques n'ont pas nécessairement besoin de l'économie marchande pour prospérer.]

Le volume du « travail productif » diminue dramatiquement (si on considère comme productif seulement le travail qui accroît un capital parce que celui qui le fournit ne consomme pas la totalité de la « valeur » qu’il a produit. Les services aux personnes sont improductifs de ce point de vue, ils occupent 55% de la population active aux Etats-Unis).

[Commentaire d'Economie et Archimagie : 

Positionnement marxiste typique : il n'y a que dans l'industrie qu'on produit des richesses. Toutes les formes de travail débouchant sur de la richesse "immatérielle" (le bien-être des personnes âgées, les heures de ménage) sont improductives.

Second positionnement marxiste, mais également partagé par bien d'autres : le travailleur produit de la valeur. En réalité, il produit des biens et des services et n'accroît aucun capital monétaire. L'argent est créé dans les banques et pas sur les chaînes de production.]

La population directement « capital-productive » représente probablement moins de 10% de la population active des pays développés. Plus de 25 % de l’activité économique mondiale est assurée par 200 multinationales qui emploient 0,75 % de la population active mondiale.

[Commentaire d'Economie et Archimagie : 
Avec ce genre de raisonnement, on va devoir reconnaître que les PME qui représentent 90% des emplois et tant vantées par notre gouvernement pour leur création de richesses ne font en réalité que sucer la moëlle des multinationales.]

Les bénéfices record que réalisent les gagnants masquent le fait que, globalement, la masse des profits diminue. Pour se reproduire et s’accroître, le capital recourt de plus en plus à l’ « industrie financière » qui ne produit rien, gonflant des bulles spéculatives (notamment immobilières).

[Commentaire d'Economie et Archimagie : 

Financiers ou pas, les profits sont des profits. Un système totalement financiarisé et déconnecté de la sphère de production pour la distribution de profits est parfaitement viable.
C'est une simple convention que les marchés financiers doivent s'aligner sur la sphère marchande, et une croyance de penser qu'un "déséquilibre" doit conduire à un krach.

Pire : l'industrie financière peut parfaitement survivre à la décroissance de la sphère de production.]

[...]

« Le communisme, ça n’est ni le plein emploi, ni le salaire pour tout le monde, c’est l’élimination du travail sous la forme historiquement spécifique qu’il a dans le capitalisme, c’est-à-dire du travail emploi, du travail marchandise » [ Gorz, l’écologie politique, une éthique de la libération ». ]

Commentaire d'Economie et Archimagie : 

Le problème est que Harribey comme Gorz s'intéressent à la décroissance en utilisant des raisonnements propres au capitalisme, comme s'ils étaient pertinents par nature.

Ils cherchent tous deux à faire de Marx un précurseur de la décroissance en extrayant de ses textes - parfois contradictoires - ce qui apporte de l'eau à leur moulin.

Harribey extrait le "fétichisme de la marchandise" du Capital. Gorz définit le communisme comme "l’élimination du travail sous la forme historiquement spécifique qu’il a dans le capitalisme, c’est-à-dire du travail emploi, du travail marchandise".

Reconnaissons que ces dimensions existent chez Marx. Mais utiliser le mot "communisme" pour y inclure une forme de contestation du capitalisme comme la décroissance n'est certainement ni politiquement pertinent, ni de nature à clarifier les lignes.

Surtout, ce n'est pas parce que Marx aurait contesté la valeur sociologique travail que cela rend la pensée économique marxiste pertinente pour servir de base à une pensée décroissante.

Pour penser économiquement la décroissance, il faut penser autrement l'économie.
par Didier publié dans : Economie recommander
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Jeudi 31 mai 2007
anti_bug_fckJe constate dans mes statistiques que je suis en lien sur le site de l'économie distributive La Grande Relève, merci à eux.

Un des faits les plus mystérieux de la théorie économique est l'occultation totale de l'existence des stocks invendus par la plupart des écoles.

Chez Marx, tout ce qui est produit en surplus a vocation a être mis sur le marché, et tout surplus mis sur le marché fera baisser les prix, entraînant le capitalisme dans sa crise finale.

Chez les économistes de l'offre et monétaristes (la plupart des libéraux en l'espèce), tout ce qui est mis sur le marché trouve acquéreur.

Pourtant n'importe quel patron d'entreprise, n'importe quel comptable, n'importe quel politique sait bien que les stocks invendus existent et qu'ils n'ont jamais mené le capitalisme à sa perte.

Le PIB, somme des valeurs ajoutées, est présenté comme l'indicateur du niveau de la production d'un pays donné. Pourtant en comptabilité, les comptes de classe 7 (produits) sont bien connus pour être des comptes de production "vendue", c'est-à-dire de consommation. Parce que la comptabilité connaît les stocks. Et sait pertinemment que ce qui est produit n'est pas ce qui est vendu.

Cette occultation des stocks permet ainsi de prétendre que plus on produit (plus on travaille), plus il y a de pouvoir d'achat. Cela permet d'occulter également le rôle des banques dans l'émission monétaire, en faisant croire à l'existence d'un régulateur magique qui, en même temps que l'on produit des biens et des services, crée la monnaie pour les acheter.
par Didier publié dans : Economie recommander
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Lundi 28 mai 2007

Puisque Xavier Bertrand et ses amis viennent encore cette année nous expliquer le bien-fondé de la journée de solidarité pour les personnes âgées dépendantes, expliquons-en le mal-fondé.

1) Il n'existe pas d'activités qui créent des richesses que d'autres activités - comme la prise en charge des personnes dépendantes - consomment. La distinction que l'on fait ne tient ni à la nature des activités, ni au fait qu'elles sont réalisées par des acteurs publics ou privés, mais à un préjugé social.

2) La journée de solidarité relève de la croyance en l'économie de l'offre et à la loi de Say : si on travaille une journée supplémentaire dans l'année, la production qui résulte de cette journée de travail trouvera forcément sa demande et il y aura un chiffre d'affaires supplémentaire à la clé, donc du profit en plus dont les employeurs reversent une partie.

C'est doublement faux.

D'une part parce que tous les secteurs ne font pas plus de chiffre d'affaires en travaillant plus longtemps. C'est le cas de certains commerces - grande distribution, cafetiers - mais pas de tous. Les pharmacies ne traiteront pas beaucoup plus d'ordonnances en ouvrant un jour de plus. L'industrie française est toujours aujourd'hui en surcapacité de production, et ne produira rien de plus. Enfin le travail administratif a été analysé par beaucoup d'économistes comme un secteur de production où la production n'est pas temps de travail-dépendante.

D'autre part, le commerce de détail ou la restauration, seuls secteurs à même de voir leur chiffre d'affaires annuel réellement augmenter en travaillant une journée de plus, ont justement besoin qu'une grande partie de la population ne travaille pas pour former leur clientèle.

Enfin, puisque la journée n'est pas payée, il n'y a pas de modification du pouvoir d'achat annuel. L'éventuel chiffre d'affaires complémentaire de ces secteurs (grande distribution, cafetiers) peut tout à fait conduire à une restriction de la consommation ultérieure pour compenser.

Dans tous les cas le salarié est perdant qui n'est pas payé pour sa journée, mais dans la plupart le patron aussi qui cotise une fraction de chiffre d'affaires de sa journée sans avoir vu son chiffre d'affaires global augmenter.

3) Pas plus que la production (voir paragraphe 2), la vente effective d'un bien ou d'un service lors de cette journée ne crée l'argent pour le payer. Ce sont comme toujours les crédits bancaires, qu'ils aient été octroyés aux particuliers et aux entreprises et captés par l'Etat via l'impôt, ou directement octroyés à l'Etat, qui financeront la dépendance des personnes âgées, comme toute activité intégrée au Produit intérieur brut.

par Didier publié dans : Economie recommander
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