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"La social-démocratie est le nom que l'on donne au capitalisme en Europe" (John Kenneth Galbraith)

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Mercredi 3 octobre 2007
Quels arguments utiliser pour dénoncer le démantèlement progressif de l'assurance maladie ?

Cela dépend à quelle profondeur on va. Le discours politique est un empilement de couches d'irrationalité. Leur importance décroît à mesure que la critique se fait plus superficielle, ce qui donne une bonne illustration du phénomène "poupées russes" que proposent les égrégores.

Voici des arguments "internes" à un système qui combine capitalisme théorique et théorie de l'Etat dans un système capitaliste :

- la notion de déficit n'est pas comparable à un déficit d'entreprise, car l'Etat détermine lui-même l'assiette, le taux de cotisation, le panier de prestations qu'il rembourse, leur prix et leur niveau de remboursement. Autant dire qu'un Etat ou son assurance maladie ne sont en déficit que parce qu'ils le veulent bien.

- on avance souvent l'argument comme quoi les prélèvements deviennent "insupportables" pour l'économie. En réalité, aucune étude n'a jamais déterminé aucun seuil d'insupportabilité des prélèvements sociaux ou des impôts. Toute affirmation en ce sens est donc de parti pris.

Voici un argument "interne" qui ne remet pas fondamentalement en cause un raisonnement capitaliste, mais qui refuse la théorie capitaliste de l'Etat :

- il est irrationnel de penser que des activités privées créent des richesses que des activités publiques consomment ensuite.

Voici un autre argument qui propose une critique externe :

- aucune activité, publique ou privée, ne crée jamais d'argent. Elle crée des voitures, des oranges ou du bien-être, sur lesquels on ne peut pas appliquer de taux de prélèvement

On voit bien que les critiques de "gauche" contre le démantèlement de l'assurance maladie ne vont même pas jusqu'à reprendre des arguments de la première catégorie. Voilà qui illustre bien la force de la pensée capitaliste dominante.



par Didier publié dans : Economie communauté : Communauté de l'opposition recommander
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Dimanche 16 septembre 2007
Voici un excellent article de synthèse paru en 2005 sur un site marxiste sur cette tendance politique dont j'ai déjà parlé ici qui fait de la démocratie  la fin de la politique, réduisant la critique du  capitalisme à une simple critique interne :

http://www.le-militant.org/remu/citoyenni.htm 

Ils nomment ce courant "citoyennisme" ou "démocratisme radical" (terme usité dans les forums marxistes orthodoxes), et en illustrent la genèse mieux que je ne l'ai fait jusqu'ici.

Pour résumer, la chute du communisme à l'Est et les échecs de la social-démocratie à l'Ouest obligeaient les leaders de la gauche à proposer une idéologie de substitution. Le premier à avoir abandonné la lutte des classes pour la République est Chevènement avec son Mouvement des Citoyens, puis le PCF est devenu citoyen. L'auteur observe justement que 95 % de la gauche est aujourd'hui citoyenniste, même si elle vend un capitalisme plus ou moins critique selon le groupe considéré.

En revanche, voici un passage avec lequel j'ai un petit désaccord :

"Place donc au post-gauchisme qui garde quelques références subliminales au passé glorieux de l’après 68 mais laisse s’épanouir une thématique anarchisante  Apôtre du zapatisme, l’universitaire britannique John Holloway fait flores lors des forums sociaux mondiaux et décrète qu’il convient de « changer le monde sans prendre le pouvoir », afin d’échapper à son caractère corrupteur. Comment faire ? En travaillant à sa dissolution… Mais l’inspirateur incontesté du post-gauchisme est le « dissocié » italien Toni Negri, jadis idéologue de l’autonomie prolétarienne. Maintenant il prône la lutte des « multitudes » contre l’ « empire » . Ceci donne des propositions comme « la citoyenneté mondiale » et la « suppression générale des frontières » ou le « revenu garanti pour tous ». Ses adeptes militent quant à eux sagement aux Verts et n’interrompent leurs dissertations sur les multitudes que pour des cas d’urgence comme l’appel à voter « oui » au référendum sur la « Constitution européenne »… . Beaucoup plus sympathique, le mouvement autour d’Alain Badiou qui travaille à reforger une image positive de l’Ouvrier et oppose la « démocratie » à l’Etat. L’aile la plus radicale du citoyennisme est la mouvance Black Block, les émeutiers de Seattle et de Gènes. S’ils se distinguent par leurs méthodes violentes, les Black Blocks ne luttent pas contre un rapport social (le capitalisme) mais contre des représentations aliénantes : les marques des grandes banques ou des magasins fast-food. On reste finalement dans la même logique que José Bové quand il a « démonté » le Mac-Do de Millau."

[Economie et Archimagie :

"Changer le monde sans prendre le pouvoir" n'a rien à voir avec les pratiques du démocratisme radical, qui visent justement à faire croire aux individus qu'ils détiennent déjà ce pouvoir. C'est le même dilemme dont nous parlons dêpuis quelques posts : Comment lutter contre les égrégores ? Agir pour soi et donner l'exemple, donner de la publicité à sa démarche, ou s'engager en politique ? De mon point de vue, c'est presque un faux problème, la scène politique étant une scène publicitaire comme une autre et toutes les méthodes peuvent être bonnes.

Evidemment, cela ne veut pas dire que je suis d'accord avec Toni Negri, qui est un ultra-libéral qui lutte contre l'Empire comme BHL. Du point de vue de penseurs libéraux, "changer le monde sans prendre le pouvoir" revient à dire "je fais travailler mes réseaux d'influence pour orienter les décisions des politiques". Ces gens ont beaucoup plus de véritable pouvoir que vous et moi, et ne veulent pas changer le monde dans le même sens.
]
par Didier publié dans : Politique communauté : Communauté de l'opposition recommander
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Mercredi 12 septembre 2007
Tous les a-croissants ne partagent pas l'idée que l'économie est une invention nocive. De même, l'idée de la nocivité de l'économie n'est pas nécessairement une idée décroissante.

Pour autant, c'est à la même accusation de réactionnaires ou de fascistes anti-modernes que les décroissants et les sortants de l'économie doivent ou devront faire face, un peu comme les premiers écologistes se voyaient accoler les élans vers la nature des nazis comme insinuation dégueulasse, les premiers dénonciateurs étant les communistes, bien relayés aujourd'hui par un certain nombre d'inquisiteurs social-démocrates.

On se doit toutefois de reconnaître que les thématiques de l'écologie comme de l'anti-économie ont d'abord été portées par des courants qui se revendiquent de "droite".

Ci-dessous le lien d'un texte issu de l'ouvrage "Les hommes au milieu des ruines" de Julius Evola, trouvé sur le blog de Davy dont je vous livre quelques extraits :

http://le-songe-verd.spaces.live.com/blog/cns!422032D6D46346FB!119.entry 

"C'est une hypnose, une démonie que l'économique est en train d'exercer sur l'homme moderne. Et comme il arrive souvent dans l'hypnose, ce sur quoi l'esprit se focalise finit par devenir réel."

L'auteur perçoit parfaitement la nature d'égrégore de la pensée économique.

"Il est parfaitement évident que le capitalisme moderne est,  autant que le marxisme,  une subversion. Identique est leur vision matérialiste de la vie ; identiques, qualitativement, leurs idéaux ; identiques leurs prémisses, solidaires d'un monde qui a pour centre la technique, la science, la production et le « rendement »."

"Ce n'est pas la valeur d'un système économique ou d'un autre qu'il faut mettre en question, mais celle de l'économie en général. L'antithèse entre capitalisme et marxisme, bien qu'elle nous apparaisse gigantesque sur la toile de fond de notre époque, doit être considérée comme une pseudo-antithèse."

Il note bien l'analogie entre marxisme et capitalisme sous des dehors antithétiques.

"Et la pire absurdité consiste à prétendre représenter aujourd'hui une « Droite » politique sans sortir du cercle sombre qu'a tracé la démonie de l'économie et à l'intérieur duquel se meuvent le marxisme et le capitalisme, ainsi que toute une série de degrés intermédiaires."

La pensée d'Evola est de droite, dans la mesure où elle est fondamentalement inégalitariste et fonde cette inégalité sur des principes naturels.

On voit bien que cette "droite", d'obédience réactionnaire, n'a rien à voir avec le capitalisme convaincu de Bush ou Sarkozy. Même à l'extrême-droite, elle est aujourd'hui marginalisée. Et elle fait remarquer - à raison - les proximités idéologiques de la gauche social-démocrate ou marxiste révolutionnaire avec ce capitalisme dont elle est elle-même si distincte.

Inversement, on est obligé d'admettre les parentés avec la pensée a-croissante et anti-économique issue de la "gauche" libertaire.

Le principal dilemme qui agite ces deux courants est d'ailleurs similaire : "Doit-on faire de la politique ou l'ignorer ?". Une partie des a-croissants ignore l'égrégore économique; une autre milite. Julius Evola pensait qu'il écrivait pour une élite de l'esprit, et - considérant que les élites désignées étaient de fausses élites - ne voulait rien avoir à faire avec la politique. (On peut même - par un certain abus de langage dont n'hésite pas à faire preuve un Jean-Marie Le Pen -, considérer que bien que partisans de "l'ordre", ces gens sont des "anarchistes de droite".) A l'inverse, la Nouvelle Droite qui se fonde en France sur des bases idéologiques semblables défend ses idées en militant.

Plus intéressante malgré tout que la soupe social-démocrate et citoyenniste, la pensée réactionnaire fournit des outils d'analyse pertinents et se fourvoie complètement dans ses conclusions, qu'elle adapte à ses propres valeurs. Voici ce qu'Evola écrit :

"Ainsi que nous l'avons déjà dit, il n'existe pas de hiérarchie ou il n'en existe qu'une contrefaçon lorsque, par-delà le plan économico-social, ne s'affirment pas le droit et la primauté des valeurs et des intérêts plus élevés — et donc lorsqu'on ne reconnaît pas une autorité supérieure aux hommes et aux groupes ou corps qui représentent et défendent ces valeurs, ces intérêts. S'il en est ainsi, une ère économique est, par définition, fondamentalement anarchique et anti-hiérarchique. Elle repré-sente un bouleversement de l'ordre normal. La matérialisation et la « désanimation » de tous les domaines de l'existence, qui lui sont propres, enlèvent toute signification supérieure à l'ensemble des problèmes et des conflits que l'on y considère comme les seuls importants."

C'est stupéfiant : Evola considère que la vision économique des choses tend à renverser les hiérarchies ! Nietzsche plus qu'Evola cherche d'ailleurs souvent à expliciter ce point : il existe des hiérarchies qui sont naturelles (et donc bonnes, selon un penseur réactionnaire) et des hiérarchies artificielles qui sont créées par la dégénérescence des sociétés. Jusque là Nietzsche ne se trompe pas : les règles de l'économie capitaliste sont en effet totalement artificielles, et visent à conforter des hiérarchies qui ne le sont pas moins. Mais Nietzche est convaincu que les sociétés modernes amènent la dictature du faible sur le fort.

Voilà une grave erreur : les sociétés modernes se prétendent les amies des faibles simplement pour obtenir leur collaboration.

Probablement les penseurs réactionnaires auraient connu un meilleur sort s'ils n'avaient pas eu l'orgueil de faire passer la vulgarité pour de la faiblesse et de désigner eux-mêmes les forts (qui parfois étaient quand même bien vulgaires aussi).
Evola avait semble-t-il perçu que Nietzsche désignait forts et faibles de manière à apparaître comme fort.

Faisons abstraction de cette passion inégalitariste et formulons l'hypothèse que ces penseurs représentaient un danger pour les vendeurs de l'idéologie capitaliste, qui n'acceptaient de choisir leur ennemi que dans leur propre camp (Karl Marx, le classique) et que cela a largement participé de leur diabolisation.
par Didier publié dans : Economie communauté : Freemen recommander
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Lundi 3 septembre 2007
En août 2007, on a parlé beaucoup dans la presse de la crise des subprimes.

Les subprimes sont des crédits immobiliers à risque, demandés par des gens qui ont peu d'épargne et de revenus. Ils s'appellent subprimes parce que les organismes qui acceptent ces prêts aux Etats-Unis le font en contrepartie d'un taux d'intérêt plus élevé, assorti - c'est important - d'une garantie hypothécaire sur le bien immobilier acheté.

Ces organismes ne sont pas toujours des banques, mais des sociétés par actions dont les banques et les fonds d'investissement achètent les actions pour les financer. Les banques allemandes ou la BNP Paribas ont notamment investi dans ces sociétés américaines, réputées très lucratives.

Notons que le crédit hypothécaire immobilier n'est pas tout le crédit hypothécaire, loin de là. Les prêts à la consommation aux Etats-Unis sont aussi garantis par des hypothèques immobilières, ce qui est sans doute potentiellement encore plus grave.

Le taux d'intérêt majoré comme la garantie hypothécaire sont des curiosités.

Le taux d'intérêt majoré a une logique particulière : plus il y a de risques que l'emprunteur ne rembourse pas, plus il emprunte à taux élevé, et donc...plus il y a de risques qu'il ne rembourse pas. Il s'agit du principe assurantiel d'actuariat appliqué à la solvabilité des personnes. En soi l'actuariat fait qu'il est statistiquement déraisonnable de s'assurer contre quelque risque que ce soit, puisque la prime moyenne payée est toujours plus élevée que le remboursement moyen. Une personne qui s'assure est donc psychologiquement adverse au risque, puisqu'elle préfère se prémunir d'un coup dur plutôt que de tenir compte de ces statistiques moyennes.

Mais la technique d'actuariat appliquée au prêt financier est significativement différente. Ce n'est pas la personne qui s'assure, c'est l'organisme de crédit. Sauf que...c'est toujours la personne qui demande le prêt qui paye la prime !

La garantie hypothécaire est également une hypothèque spéciale, puisqu'elle porte justement sur le bien que les personnes souhaitent acheter.

La France ne connaît pas ces principes de taux individualisé et d'hypothèque pour financer les projets immobiliers. Mais Nicolas Sarkozy, aidé de Jean-Louis Borloo, a proposé dans son projet présidentiel d'introduire l'hypothèque comme outil de garantie pour les prêts immobiliers, pour permettre de financer l'accession à la propriété pour tous les français (on ne rit pas). Et si les taux ne sont pas individualisés, ils sont en revanche VARIABLES, comme les prêts américains, et c'est bien cela qui est dangereux.

En effet, ni l'hypothèque, ni le taux d'intérêt spécial pauvres ne sont les causes de la crise. 

L'hypothèque est un mécanisme de crédit comme un autre, supposément adossé à la valeur du bien. Même si vous n'avez pas d'hypothèque, si vous ne pouvez plus payer vos mensualités, l'organisme de crédit peut vous exproprier.
Aux Etats-Unis, la demande immobilière a reflué après une longue période de très forte demande, et les prix de l'immobilier ont baissé. Pour les organismes de crédit, ceci correspond à un affaiblissement de la garantie hypothécaire. En conséquence, le taux d'intérêt augmente.
Mais en France, où la garantie hypothécaire est peu pratiquée et le taux d'intérêt peu individualisé, ce dernier remonte aussi quand les prix du marché baissent.

Les deux éléments fondamentaux d'une telle crise immobilière sont que le capital à rembourser est fixe, c'est-à-dire qu'il reste au niveau où s'est conclu l'achat même si la valeur à la vente du bien a baissé depuis, et que le taux d'intérêt est variable. Et la règle est la même que l'on soit en France ou aux Etats-Unis.

(Les organismes de crédit expliquent souvent que le remboursement total (capital + intérêts) est similaire que le prix de l'immobilier soient hauts ou bas, parce que le taux d'intérêt est plus bas dans le premier cas et plus haut dans le second. Mais la fixité du capital à rembourser et la variabilité du taux d'intérêt montrent au contraire qu'un marché immobilier en baisse est une très mauvaise nouvelle pour quelqu'un qui a déjà un crédit immobilier en cours.)

Alors pourquoi y a-t-il eu "crise" aux Etats-Unis et pas en France ?

Tout d'abord, s'il est vrai que le profil des emprunteurs aux Etats-Unis est plus modeste qu'en France, les emprunts à très long terme ont déjà été introduits en France. En Espagne, on peut emprunter sur 100 ans, soit plusieurs générations.

De plus, si on suppose que l'emprunteur finira par payer la totalité du bien, il n'y a pas de raison de relever ses mensualités, puisque la garantie ne sera pas utilisée. Il faut donc croire que la situation jugée "normale" est donc celle où l'emprunteur ne pourra pas rembourser et devra laisser le bien à l'organisme de crédit. (C'est un peu comme si le propriétaire d'un logement relevait le loyer parce que la personne caution a vu sa situation se dégrader.)

Enfin et surtout, les organismes de crédit savent très bien quelle est la capacité de remboursement des ménages. En remontant les mensualités demandées de 400 à 1500 dollars, ils savent qu'ils seront amenés à faire jouer l'hypothèque et à récupérer le bien immobilier.

Bon, alors pourquoi aux Etats-Unis et pas en France ? Simplement parce que les organismes de crédit états-uniens ont pété un câble. Ou alors, ils l'ont fait exprès. C'est une idée douteuse, mais assez répandue.

Il existe en réalité deux "crises" des subprimes, l'une pour les accédants à la propriété, l'autre pour les banques qui ont investi dedans.

La crise des accédants à la propriété, c'est 1 à 3 millions d'américains qui ont perdu ou vont perdre leur logement, vont aller vivre chez des parents, en caravane ou dans la rue.

La crise financière n'est pas une conséquence obligatoire de la crise immobilière. Elle peut s'analyser de manière indépendante, même si elle procède autant d'illogismes.

Tout d'abord, on notera que les mêmes banques européennes qui refusent de prêter aux personnes fragiles ayant un projet immobilier considèrent que donner  leur argent à un intermédiaire qui fera exactement la même chose est parfaitement censé.

Il n'y a pas de risque dans le crédit. L'organisme récupère toujours plus que sa mise, soit avec les intérêts, soit en récupérant le bien + les versements. C'est donc un investissement toujours rentable.

Mais puisque les organismes de crédit font décidément n'importe quoi avec leurs mensualités à augmentation exponentielle, les banques actionnaires soupçonnent une perte de dividendes, cherchent à vendre leurs actions, dont la valeur chute.

Les organismes de crédit ne perdent donc pas les mensualités des emprunteurs - qui ne sont pas exonérés de rembourser jusqu'à la fin de leurs jours - mais la manne des investisseurs. Ce n'est pas insurmontable si on a pris la précaution de ne pas distribuer tout son capital en actions. 84 sociétés de crédit ont pourtant fait faillite en août aux Etats-Unis.

Les banques voient leurs actions baisser. Dans certains cas, l'organisme de crédit fait faillite et la banque perd son capital. Mais ce sont bien des actions, c'est-à-dire du capital immobilisé en Bourse. Rien ne venait menacer leurs activités de financement courant. Elles ont été remboursées par les banques centrales avec l'argument "crise de liquidités".

En juillet 2005, la Commission européenne a mis fin à la garantie de solvabilité des banques par les Etats, comme la France avait simplement fait payer par ses contribuables les déficits de la banque privée Crédit lyonnais. Mais la Banque centrale qui seule crée la monnaie n'est pas un Etat. Donc elle peut garantir la solvabilité des banques.

Les diagrammes dans la presse présentent cela comme une création monétaire distribuée aux banques commerciales inscrites en créances de celles-ci vis-à-vis de la Banque centrale, mais ce sont en réalité des cadeaux.

La Federal Reserve a créé 400 milliards de dollars, la BCE 180 milliards d'euros en 5 jours. Tout cela pour "instaurer la confiance". Il suffirait qu'elle en fasse de même avec les dettes étatiques et les trous de l'assurance publique partout en Europe, avec les crédits des individus, voilà qui instaurerait la confiance.

Les accédants à la propriété qui ont payé une surprime pour le risque qu'ils représentaient ont perdu leur logement et vont cependant devoir continuer à payer tout le capital et les taux d'intérêt élevés pour ce logement qu'ils n'auront jamais.
Ces banques qui n'étaient pas assurées ont fait payer une surprime aux emprunteurs fragiles, ont récupéré les logements, leur feront payer leurs mensualités quand même (comme quoi il n'y avait aucun risque), et seront remboursées malgré tout. Alors que l'activité de financement courant n'est même pas menacée.

L'usure est une maladie mentale.
par Didier publié dans : Economie communauté : Communauté de l'opposition recommander
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