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"La social-démocratie est le nom que l'on donne au capitalisme en Europe" (John Kenneth Galbraith)

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Lundi 5 novembre 2007

Les propos ci-dessous sont en cours de vérification. Un certain nombre de sites reprennent ces propos dans des contextes différents. Les propos dénoncés pourraient être issus d'un livre antérieur de M Attali "Une brève histoire de l'avenir", d'un livre collectif coordonné par Michel Salomon où Attali écrit intitulé "L'avenir de la vie". Parfois on a l'impression d'un mélange de citations. Nous rejetons en revanche les commentaires parlant de "ne pas confondre le narrateur et l'auteur", les propos concernés faisant largement état d'une opinion.
Pour du Jacques Attali garanti authentique, vous pouvez vous rendre sur son blog. Il est très bien présenté, même si les propos récents (sur la mission qui l'occupe, à savoir "libérer la croissance") y sont largement aussi déplorables que ceux tenus ci-dessous.


Voici une citation extraite du livre "L'Homme nomade", écrit par Jacques Attali en 2003 :

« Dès qu'il dépasse 60/65 ans, l'homme vit plus longtemps qu'il ne produit et il coûte alors cher à la société ; il est bien préférable que la machine humaine s'arrête brutalement, plutôt qu'elle ne se détériore progressivement."

"On pourrait accepter l'idée d'allongement de l'espérance de vie à condition de rendre les vieux solvables et de créer ainsi un marché."

"Je crois que dans la logique même du système industriel dans lequel nous nous trouvons, l'allongement de la durée de la vie n'est plus un objectif souhaité par la logique du pouvoir."

"L'euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c'est la liberté, et la liberté fondamentale c'est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société."

"L'euthanasie deviendra un instrument essentiel de gouvernement."

Jacques Attali, né le 1er novembre 1943, se sent-il des velléités de se suicider aujourd"hui même ?

Tout d'abord, d'où M. Attali tient-il ce singulier raccourci : "la logique socialiste c'est la liberté." ?

Ensuite notons qu'il avance deux idées contradictoires : d'abord il prétend que c'est la logique du système industriel qui doit amener la suppression des vieux, ensuite il prétend qu'il s'agit d'un suicide librement consenti.

Enfin, si Jacques Attali prétend que ses idées sont "socialistes", on les retrouve à l'identique chez les penseurs anarcho-capitalistes. Derrière les étiquettes, toujours regarder les véritables idées qui sont avancées. Il est vrai que Gustave de Molinari, un des pères fondateurs de l'anarcho-capitalisme, pensait être un homme de gauche. Toutefois, il n'a jamais caché son antipathie pour le socialisme, tel qu'il existait à son époque.

Voilà donc que le socialisme se retrouve être un système dans lequel la vie d'un homme doit s'arrêter s'il est incapable de consommer sans être solvable.

Réfléchissez bien avant de voter socialiste...
par Didier publié dans : Economie communauté : Communauté de l'opposition recommander
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Lundi 5 novembre 2007
Suite à l'article "Sortir de l'économie", une discussion sur le forum décroissance.info montre qu'il a été mal compris. Ceci témoigne de l'insuffisance de la langue pour se faire comprendre, et combien les mots sont dangereux à manier.

Voici l'article initial : http://www.ecotheurgie.com/article-11946220.html 

Voici des extraits du commentaire de Clément Homs :

"Or la " sortie de l'économie " entend intégrer aussi la critique de la valeur, c'est à dire la critique des conditions de possibilité à l'échange. Comment un échange est-il possible ? Voilà à partir de quoi débute la critique.

L'invention de l'économie, n'est que stade où la vie n'est plus satisfaite qu'au travers de la relation obligatoire de l'échange, au travers de la spécialisation, de la division raffinée du travail, et dans l'invention même de la " consommation ". L'économie apparait quand l'unicité de l'activité vivante des humains, n'est plus qu'organisée par un survivalisme biologique, qui réduit la Vie subjective et intersubjective (dans l'ensemble de ses dimensions désirantes, amoureuses, métaphysiques, artistiques, réalisantes), à une vie biologique, mécanique, calorique, tissulaire, neurologique, nanodimmentionnelle. Réduire la Vie, à une question de survie biologique, c'est déjà placer la Vie sous l'optique de la gestion, de l'administration de la satisfaction à ce réductionnisme biologiste : c'est là l'économie qui ne va trouver qu'une seule solution pour valider son postulat métaphysique (la réduction de la Vie à la vie biologique), généraliser l'échange au dedans de nos vies, afin que la vie ne soit plus possible qu'au travers de l'échangisme généralisé.


[...]

Or l'échange n'est possible, nous l'avons dit, qu'au travers de la mise en équivalence des termes qui sont échangés. C'est à dire qu'il faut rendre équivalent les subjectivités travaillantes des individus, alors qu'elles sont par nature inéquivalentes. Prenons le métier de déménageur. Ce que vivra concrètement, la réalité réelle d'un individu maigre, plutot de nature triste et peu costaud, n'aura rien (rien!) à voir, avec ce que vivra quelqu'un de costaud et ce jour là enthousiaste. Or le travail vivant de ces deux individus, parce qu'ils ont exécuté les mêmes tâches, et parce qu'il faut bien évaluer l'effort qui a été produit dans la production de chacun des termes qui seront échangés pour les rendre comparables, va être radicalement nié, comme n'appartenant plus à la réalité. Parce que les conditions de possibilité de l'échange, sont la mise en équivalence des termes échangés, alors que la réalité réelle des individus vivants et travaillant est elle inéquivalente et à chaque fois individuelle, singulière et marquée au fer d'une subjectivité radicale.

Ce qui nie la réalité réelle de la production vivante, et ce qui prend la place de celle-ci en tant que conditions de possibilité de l'échange : c'est la forme-valeur (cf. Jappe). Elle peut prendre la forme du temps mathématisé (et non plus subjectif) de travail, de la pénibilité objectivée (par les experts, etc) du travail vivant qui est encore une forme d'équivalence, etc... bref tout ce qui permet de mettre en valeur les choses, les hommes et le monde. Tout ce qui permet de leur donner un prix en tant que média-reliant de termes de l'échange. L'équivalence est donc la condition de possibilité de l'échange, la " comptabilité de l'échange " n'est que le moyen de cette équivalence. Mais il ne peut y avoir d'échange sans équivalence/comptabilité. Parler de " comptabilité informelle ", ne me semble pas du tout à propos. Ce serait quoi ? Deux personnes qui se regarde droit dans les yeux en silence pendant dix minutes, qui se sentent, qui voient ce qu'ils ont vécu chacun individuellement, et puis au bout de ces dix minutes, qui trouvent un accord, qui signent un contrat d'équivalence selon leurs subjectivités radicales respectives ? Cela me semble un peu compliqué, même si c'est comme cela que l'échange a d'abord commencé sur terre, avant que les Yeux froids de la Mégamachine de Travail Planétaire (cf. Bolo'bolo) regardent à l'intérieur des gens ce qu'elle voulait, elle, y trouver (la forme-valeur), pour produire toujours plus de Frrriicc (de la plus value). La plus-value a toujours comme condition de possibilité la valeur. Critiquer la plus-value, le système du plus-valuisme (le capitalisme, produire du fric pour produire du fric), n'est critiquable que si l'on critique d'abord le berceau de cette plus-value, la valeur. Avant qu'il n'y ait toujours plus de valeur (plus de fric), il faut déjà qu'existe la valeur.


[...]

L'idée ne me semble pas du tout êre de créer une " comptabilité informelle ". L'idée est d'abord de réduire la place et la part de l'échange dans nos vies, il faut partir de là. Imposer une comptabilité informelle, c'est évident, c'est impossible, c'est peut-être encore possible en Afrique, ou dans tout autre lieu où il y a une sorte d'économie informelle, mais celle-ci n'est toujours que le stade de développement de l'économie tout court. C'est son stade d'invention. Les gens qui sont souvent déjà spécialisés sur un métier (exode rural, etc), et dont leur vie dépend dès lors dans sa réalisation, de l'échangisme général, se débrouillent alors comme ils peuvent, en bricolant les représentations économiques non encore formalisées, c'est-à-dire pleinement intégrées par la Mégamachine d'interdépendance mondiale. Mais même si dans cette économie informelle, il faut certainement lutter contre cette invention de l'économie qui s'y déroule, en conservant des choses, l'angle d'attaque me semble ailleurs que dans la défense unilatérale de cette économie."


Economie et Archimagie :

A) Par "comptabilité informelle", je n'entendais pas revenir à une sorte de comptabilité locale, aux SEL, aux robins ou ce genre de choses.

Le terme "informel" signifie justement qu'interviennent les subjectivités des individus.

J'avais bien écrit dans l'article initial :

Ce qu'on tend à négliger, ce que toute comptabilité se justifie comme étant la recherche de l'équité dans l'échange. Donc le capitalisme a cette prétention. Et avez-vous vu comme nous nous sommes fait avoir ? Il y a eu renversement : puisqu'il y avait comptabilité, c'est donc qu'elle était équitable, et donc que l'exploitation était équitable.

Est-ce que n'importe quelle comptabilité ne risquerait pas de nous mener à la même naturalisation de l'exploitation ? On pourrait tenir là l'interprétation correcte de la parabole du fils prodigue : "ne comptabilisez-rien !"


Ayant détruit la comptabilité, les monnaies (il restera à lutter contre l'accumulation des biens), il n'existe plus de prix unique proposé à tous. Cependant, chacun au sein d'un groupe humain doit être en mesure d'évaluer ce qu'il donne et ce qu'il reçoit. 
A un moment, si l'un essuie les miettes une fois par semaine, cependant que l'autre fait la cuisine, la lessive, la vaisselle et le repassage, il y a des frictions qui se créent, et une demande d'une plus grande équité dans l'échange. Sinon on raisonne sur une espèce idéale désintéressée, mais pas sur l'être humain.

Tout subjectif que soit l'équilibre choisi, on parle bien là de valeur, et de valeur d'échange.

Un autre internaute a fait remarquer qu'il s'agissait de la valeur d'usage :

"La valeur qui fait que l'on garde son vélo, c'est la valeur d'usage, celle qui fait que l'on associe à l'objet une raison subjective de ne pas l'échanger contre n'importe quoi, quand bien même on puisse donner à ce n'importe quoi une valeur d'échange potentiellement équivalente.

De même, les relations humaines ne sont pas réductibles à la valeur d'échange que l'on attribue aux objets qui peuvent en être le support. Dans le cas du vélo, c'est sa valeur d'usage et non sa valeur d'échange qui peut conduire son propriétaire à le prêter, c'est-à-dire à faire un don de son usage."

Il y a encore là une idéalisation qui veut anéantir la notion de propriété. Réintroduisons-la et acceptons l'existence de l'échange dans les relations humaines. Disons simplement que la valeur d'usage de l'individu remplace le prix unique comme valeur d'échange. Identifier la valeur d'échange au prix unique, c'est donner raison à la pensée économique.


B) Clément dit également qu'il faut se débarrasser de la valeur pour se débarrasser de la plus-value.

Nous venons de dire que la valeur d'échange n'est pas nécessairement le prix. Il faut d'autres éléments pour créer une
plus-value monétaire :

1) un système de production fonctionnant avec un rapport de subordination entre des patrons et des salariés ou des esclaves,
2) une introduction de la monnaie et du principe de son accumulation (La valeur d'échange n'est pas focément un prix. De plus une comptabilité n'entraîne pas nécessairement de l'accumulation.)
3) faire croire que la valeur d'échange est corrélée à la quantité de travail. C'est le point de départ de la théorie de la valeur-travail chez Marx et de l'utilisation du PIB (qui mesure des ventes) comme un indicateur de production. Je ne souscris pas.



Conclusion : Dans un système a-économique, chacun continue d'évaluer ce qu'il donne et ce qu'il reçoit. Mais la valeur d'usage de l'individu remplace le prix unique comme valeur d'échange.
par Didier publié dans : Economie communauté : Communauté de l'opposition recommander
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Mercredi 31 octobre 2007
Je suis depuis un certain temps la démarche politique d'Alain Soral.

Vous pouvez lire sur son site, à la date du 31 octobre 2007, un discours de son cru prononcé à l'Université d'été de son mouvement Egalité et Réconciliation : http://www.alainsoral.net/

Voici quelques extraits :

"Le monde bourgeois libéral est fondé - comme toute société, tout groupe humain - sur deux piliers :

- l’un spirituel,
- l’autre matériel.

De savoir lequel a antériorité sur l’autre – qui distingue thèse idéaliste et thèse matérialiste – a moins d’importance que de comprendre que, comme pour la tête et les jambes, l’un ne va pas sans l’autre…

Les deux piliers du monde bourgeois libéral sont donc :

- L’individualisme, inauguré et théorisé par le cogito de Descartes, le « je pense donc je suis ». Une affirmation/émancipation du monde ancien, où primaient la communauté et le fatum, qui contient en puissance toute la liberté et toute l’arrogance de l’ «homme moderne ».
- Le Marché, qui, dans ce monde partant de l’individu libre et pensant, devient le seul « nous », la seule communauté qui régit désormais, dans un monde sans Dieu, les relations entre les hommes.

Un double avènement de la rationalité des sciences de la nature contre l’ordre divin et de l’intérêt individuel quantifiable comme mobile de l’action, qui fait de l’ère bourgeoise un monde basé sur :

- la Raison,
- l’individu libre en droit, sinon dans les faits,
- et l’intérêt individuel bien senti.

Un homme libre, conscient de ses droits, et à la recherche de son intérêt, qui définit le « libéral » de l’ascendance…

Libéral de la période de l’ascendance dont la figure la plus parfaite fut et reste, en France, l’ironique Voltaire, soit « l’honnête homme » doublement spéculateur…

- Spéculateur sur le plan de l’esprit : le « cogito » de Descartes partant du « dubito » : « dubito ergo sum res cogitens » : je doute donc je suis un être pensant…
- Spéculateur aussi sur le plan des affaires, cet honnête homme empli de doutes étant aussi trafiquant d’armes et marchand d’esclaves, soit un libéral au sens anglo-saxon et thatchérien du terme !

Belles idées bourgeoises universelles et abstraites, rendues possibles par leurs moins belles conditions matérielles : libre penseur ET affairiste, c’est là que le bât blesse !

Voilà pourquoi, « libéral » signifie tout à la fois, dans notre imaginaire contemporain :

- homme d’esprit ouvert,
- mais aussi affairiste froid,

soit l’homme de droite et l’homme de gauche, puisque l’épistémologie libérale rationaliste mène aussi bien :

- aux « droits de l’homme » d’un Rousseau,
- qu’à l’égoïsme transgresseur d’un marquis de Sade.

Celui-ci n’ayant jamais fait, par provocation littéraire, que pousser jusqu’à ces conséquences ultimes l’amoralisme intrinsèque de l’éthique bourgeoise libérale…"


Economie et Archimagie : présenter le cogito de Descartes et le postulat de la main invisible économique comme deux piliers de l'individualisme bourgeois est astucieux, d'autant plus que cela semble évident quand Soral l'énonce.

"Cette dualité va constituer l’épopée collective de la bourgeoisie, selon le développement de ses contradictions pour donner, à la fois, l’histoire de la droite et l’histoire de la gauche bourgeoise : soit la lutte de la droite économique libérale, contre la gauche droitdelhommiste au sein de ce que le « petit théâtre bourgeois » va appeler le « débat démocratique »."

Economie et Archimagie : pan sur la démocratie électorale chérie par la totalité de la gauche, "révolutionnaires" compris.

"Idéologie socialiste du refus du mensonge de l’égalitarisme formel, comme de la fatalité divine, dont la stratégie fut elle-même double, avec d’un côté le syndicalisme de compromis, et de l’autre le syndicalisme révolutionnaire :

- d’un côté, une gauche scientiste, positiviste, tentant de réformer la bourgeoisie, mais en en gardant les fondements.
- de l’autre une gauche plus romantique, plus radicale, persuadée que l’éthique et l’épistémologie ne font qu’un, et qu’on ne peut échapper à l’une, sans repousser l’autre.
Une gauche radicalement anti-bourgeoise opposée au compromis social-démocrate, pour qui le problème ne se limite pas à l’élévation du pouvoir d’achat, qui tentera, sans jamais y parvenir, de dépasser l’ère bourgeoise libérale, tant sur le plan politique, qu’épistémologique et moral.

Gauche radicale qui essaiera de dépasser l’homme bourgeois soit par :

- l’idéologie de l’ « homme nouveau », qui débouchera sur le communisme pur et dur.
- Soit, en recourant en partie à des valeurs du monde ancien comme « la valorisation de la famille » chez Proudhon, « l’héroïsme ascétique gréco-romain » cher à Sorel, quitte à passer des alliances avec des forces anti-bourgeoises issues de l’Ancien régime et de la droite des idées…

Trois voies très différentes :

- La première aboutissant à notre actuelle gauche social-démocrate PS, soit cette gauche de collaboration avec la bourgeoisie du Capital qui a partout triomphé en Europe.
- La seconde aboutissant à l’épopée communiste soviétique et à l’histoire du PCF qui s’est finie comme vous savez.
- La troisième, à la fois révolutionnaire et conservatrice, et qui n’a jamais été qu’embryonnaire et expérimentale, mais qui est peut-être aujourd’hui la plus féconde et la plus porteuse d’espoir, avec des penseurs comme Latouche, Michéa et le dernier de Benoist…"


Economie et Archimagie : voilà une très bonne raison de citer Soral sur ce blog, qui cite des auteurs comme Latouche et Michéa qui sont des références de la pensée anti-économique. Notons qu'il la considère comme "la plus féconde et la plus porteuse d'espoir", ce qui n'est pas un mince compliment.

Comme l'a souligné Clément Homs dans un commentaire, ce n'est pas forcément incompatible avec une sociologie marxiste, d'autant plus que Marx aura lui-même souligné le caractère artificiel de l'économie capitaliste.

"Tentative de troisième voie, qui s’incarna en France, dans l’éphémère cercle Proudhon, lieu de dialogue entre monarchistes nationalistes et syndicalistes anti-réformistes, où des hommes de bonne volonté, attachés par-delà leurs origines aux mêmes valeurs de noblesse de cœur, d’honneur, de combat et d’amour de la Patrie, tentèrent à l’aube de la guerre de 14, une improbable union sacrée anti-bourgeoise.

Une union sacrée des hommes de bonne volonté à laquelle le Système répondit par l’union sacrée cocardière contre les boches, comme aujourd’hui le même Système tend à empêcher l’union sacrée des victimes du Marché : petits patrons, artisans, employés, prolétaires de toutes origines, par l’union sacrée contres les beurs…

Soit la haine des Maghrébins que ces mêmes bourgeois au pouvoir ont pourtant massivement fait venir sur notre sol."


Economie et Archimagie : Alain Soral essaye de cristalliser aujourd'hui une telle alliance autour du Front national.
Il faut dire qu'il fut et demeure assez vain d'essayer d'en faire de même autour de la "gauche de la gauche", de Jean-Pierre Chevènement au du Parti socialiste.

Comment lutter contre la bourgeoisie libérale comme Chevènement quand on est ouvertement social-démocrate (c'est-à-dire - finalement - un bourgeois libéral soi-même) et qu'on n'a plus comme idéologies de substitution que la République (c'est-à-dire rien sinon l'écrasement des cultures minoritaires) et la citoyenneté (c'est-à-dire le bougisme politico-local, attendu que les décisions importantes restent évidemment prises en petit cercle) ?

La gauche "altermondialiste" (PCF, LCR, Bové) sont à peu de choses près sur la même ligne que Chevènement, ce qui les choquerait sûrement s'ils l'entendaient dire. Sauf qu'ils y ajoutent un énorme défaut : ils n'aiment pas leur pays. Ils sapent donc consciencieusement la seule égrégore politique qui a fait ses preuves contre la globalisation capitaliste : la nation. Dans le meilleur des cas, ils disent non au fédéralisme européen, cheval de Troie du capitalisme. Ils disent alors qu'il faut d'abord revoir le contenu de ce fédéralisme. Ils voient parfois que c'est un peu vain, car ils savent que l'important dans le projet européen, ce n'est pas la fédération, c'est l'intégration à l'Empire. Ils ne voient jamais que leur propre mondialisme est la conséquence de la même préparation mentale qu'a subi tout le monde.

Dans le pire des cas, ils disent oui au projet européen parce que la constitution de cette nouvelle Europe est tout de même une occasion unique (pour quoi faire ?) et qu'importe si le contenu n'est pas idéal, il sera toujours temps de le changer. Et le grand bourgeois capitaliste de leur caresser la nuque en leur donnant un sucre.

(Il est important de souligner que la bourgeoisie distribue les tribunes et choisit donc elle-même ses opposants en fonction de ses intérêts. Ces opposants se doivent de dénoncer certains aspects de la bourgeoisie, pour mieux faire accepter d'autres aspects essentiels de son projet. Ainsi, on dénoncera à gauche les principes économiques du capitalisme, tout en appuyant les institutions politiques qui le soutiennent : la démocratie électorale, le fédéralisme européen, notamment. Il est recommandé de se dire altermondialiste plutôt qu'antimondialiste.

Plus explicite dans l'allégeance à la bourgeoisie, il est couramment admis qu'il faut commencer par exclure les plus radicaux que soi avant d'émettre une critique qu'elle accepte de feindre d'écouter. Le folklore anarchiste consiste à "casser du faf" mais à se contenter de critiquer poliment les bourgeois. Défendre les droits des palestiniens n'est admissible (et encore) qu'à la condition d'avoir préalablement proclamé qu'on était favorable à deux états et traité de nazis ceux qui n'en voudraient qu'un.)

Le Parti socialiste est un cas différent. Au stade de mutation où il se trouve, on y trouve surtout de partisans ouverts et sans restriction du capitalisme transnational et sans limites.

Le choix du courant Utopia d'y promouvoir des idées anti-marché peut donc paraître comme pisser dans un violon. En fait, ses animateurs ne sont pas des anti-marché ayant décidé de prêcher la bonne parole au Parti socialiste, mais des jeunes socialistes ayant découvert la critique du marché et de la consommation chez des auteurs plutôt modérés sur la question (Dominique Méda, André Gorz). D'ailleurs ils ne se disent pas anti-marché ou décroissants, mais plutôt pour un alter-développement, suivant le mot de Gorz.
Aussi on retrouvera chez Utopia un certain nombre de poncifs de la gauche de marché : fédéralisme européen, ligne social-démocrate maintenue, féminisme et anti-racisme en bruit de fond, etc.
Suivant le principe d'allégeance sus-cité, Utopia prend soin de se désolidariser de Latouche ou Michéa que Soral trouve "féconds"en jurant qu'ils ne sont pas des anti-modernes. Il est important d'être moderne quand on veut exister au Parti socialiste.


Il y a juste un hic dans la stratégie soralienne : le Front national - qu'il s'agisse de ses instances ou de ses électeurs - n'a pas non plus les idées de Soral. Le capitalisme bourgeois ne lui pose globalement aucun problème et la nation y sert plus à développer le capitalisme sous ses propres couleurs, avec un Etat réduit à ses fonctions régaliennes et - bien entendu - désendetté, qu'à servir de tremplin pour des alternatives.

L'élément essentiel qui a empêché le Front national d'être associé au pouvoir en France est son positionnement relatif au Proche-Orient. Le FPÖ autrichien, L'Alliance nationale et la Ligue du Nord en Italie, étaient sur une ligne fort différente, ce qui éclaire leurs participations gouvernementales.

Il existe certes des intellectuels de la droite nationale qui ont très bien compris la nature de la bourgeoisie libérale. Leurs penchants naturels - nationalistes - leur font comprendre l'importance de l'internationalisme et du métissage dans l'idéologie de celle-ci, et la filiation entre trotskystes et néo-conservateurs, alors qu'un "altermondialiste" est condamné à servir de cinquième colonne idéologique.

Il s'agit - soit dit en passant - d'une vieille méthode assyrienne utilisée pour prévenir les révoltes nationales dans les contrées conquises que de déporter les peuples d'une région à l'autre, de les contraindre à cohabiter et de présenter cela comme un facteur de progrès.

Ils sont cependant loin de Soral, d'abord parce qu'ils conservent une conception ethnique radicale de la nation, ensuite parce que - ayant à peu près cerné correctement l'idéologie libérale - ils font comme si c'était un plan qui pouvait marcher.

Or, non, toute hégémonique et violente qu'elle soit, aussi flagrants soient ses succès dans la destruction du lien communautaire et familial, l'idéologie globalisatrice s'illusionne sur la réussite de ses objectifs. L'Assyrie a passé son temps à mater des rébelllions à droite et à gauche. Les français, même quand ils votent oui au TCE, se sentent désespérément français. Les bretons continuent à aller aux fest-noz et, même après plusieurs passages à tabac et refus d'embauche, la plupart des "pas de souche" continuent à se sentir français.

Au moins Alain Soral peut-il s'exprimer avec une relative bienveillance au sein du FN, alors qu'il aurait été exclu 10 fois au Parti socialiste. On suivra avec attention les évolutions de ce compagnonnage.
par Didier publié dans : Politique communauté : PARLONS FRANCHEMENT recommander
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Mercredi 3 octobre 2007

John Hicks disait vers la fin de sa vie que la seule économie possible est l'histoire. Bernard Maris le cite souvent et en profite pour égratigner souvent les pseudo-experts. On lit même parfois chez certains économistes universitaires que l'économie universitaire - c'est-à-dire eux-mêmes - ne fait plus aucune découverte, voire que la théorie économique en général - et particulièrement dans les journaux - ne vaut rien, qu'elle est un vecteur de type théologique de la domination.

C'est en réalité une excuse pour ne rien produire et théoriser sa propre absence de production. Pluôt que de dire que la seule économie possible est l'histoire, il faut démontrer en quoi le discours économique - en général et dans son contexte historique - est faux. Si on ne fait que des descriptions, cela signifie qu'on n'est pas capable d'esprit critique. Si on ajoute que la théorie économique ne vaut rien, cela veut dire qu'on le sait, mais qu'on n'est pas capable ou dans le désir de dire pourquoi.

Alors Maris ne va-t-il pas plus loin parce qu'il est payé cher à débiter des âneries keynesiennes à Paris 8 et sur France inter ? Ou Maris ne va-t-il pas plus loin parce qu'il soupçonne effectivement qu'il dit des âneries, sans être capable de trouver où ça cloche ?

Il faut dire que l'économie monétaire n'est pas précisément un voile sur les échanges, mais plutôt le voile de Maya qui cache totalement l'essence des choses.

Une question importante à aborder est celle de la génèse de l'égrégore capitaliste.

Max Weber citera le 17ème siècle anglais, avec la privatisation des champs collectifs, les premières grandes entreprises industrielles et le salariat des villes.

Du point de vue des origines financières du capitalisme, on trouve aussi un certain nombre de textes qui font référence aux cartels des banquiers qui se seraient associés afin de mettre le monde sous leur coupe. Leur méthode est la suivante : créer de l'argent à partir de rien, le distribuer à un certain nombre de personnes qui défendront le système créé parce que la hiérarchie engendrée leur est favorable, le faire reconnaître comme la seule vraie richesse et le seul vecteur de l'échange, et prendre possession des vraies richesses avec cet argent.

D'un autre côté, il faut mettre en place un système d'économie marchande qui accepte les principes financiers pré-cités, et s'y imbrique de telle manière qu'on les croie indissociables.

En général ces textes font remonter cette cabale à la création de la secte des illuminatis en Allemagne à la fin du 17ème siècle. Ils marquent parfois d'une pierre noire la création de la Réserve fédérale américaine, outil de leur pouvoir. Pour actualiser, on peut considérer que FMI, Banque mondiale, OMC participeraient d'un plan général.

Théorie du complot ou pas, c'est exactement comme ça que cela se passe.

Il manque cependant un pan de la réflexion : une bonne part des principes du capitalisme financier - accumulation du capital, comptabilité, identification de la richesse à la possession de totems (l'or, avant la monnaie), usure, endettement des Etats - sont largement antérieurs à cette époque.

Tous ces éléments n'étaient pas toujours réunis - la chrétienté avant le Moyen-Age et l'Islam encore aujourd'hui refusent l'usure. On ne connaît pas semble-t-il de puissances publiques endettées avant les Empires romains d'Orient et d'Occident (s'il y a des spécialistes qu'ils se fassent connaître). En revanche, l'accumulation du capital et la totémisation de matériaux précieux semble remonter à la Préhistoire.

C'est sans doute la nature de ce monde qui est en cause. Habité par des êtres désireux d'avoir un pouvoir sur leurs congénères, ceux-ci n'ont eu de cesse de créer des principes qui leur permettaient d'avoir l'ascendant puis de légitimer celui-ci.

par Didier publié dans : Economie communauté : Communauté de l'opposition recommander
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