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"La social-démocratie est le nom que l'on donne au capitalisme en Europe" (John Kenneth Galbraith)

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Dimanche 25 novembre 2007
On trouve des tas d'estimations variables  de ce que coûte un jour de grève.  Lundi  19 novembre, Christine Lagarde donnait un chiffre  gouvernemental :  le mouvement social des cheminots  a coûté 300  à  350 millions d'euros par jour à l'économie française.

Les bons économistes savent pertinemment qu'une grève ne coûte rien à l'économie : la masse monétaire en circulation ne dépend que de la masse de crédits émis par les banques. Et les grèves n'ont aucune espèce d'influence sur cette masse monétaire. Il y a donc autant de pouvoir d'achat en circulation avant et après la grève, et pas 300 millions d'euros en moins. Ceux qui énoncent le contraire imaginent en général que l'argent se crée à la mesure du temps que l'on passe dans un bureau ou une usine, sauf pour les bureaux et les usines publiques, qui
eux détruisent de l'argent.

Ce qu'une grève peut réellement modifier c'est le volume à court terme des transactions, et la répartition de cet argent à travers le chiffre d'affaires des entreprises.

Certains commerces voient simplement leur chiffre d'affaires se reporter d'un jour sur l'autre. Des commerces du même type voient probablement le chiffre d'affaires se reporter d'une enseigne à une autre : les pharmacies de centres commerciaux au profit des pharmacies de quartier par exemple. Les restaurants d'affaires perdent probablement du chiffre d'affaires, mais le pouvoir d'achat épargné permet sans doute d'augmenter d'autres budgets comme les loisirs.

La SNCF ou la RATP qui vendent moins de billets ou doivent rembourser en partie les abonnements perdent de l'argent. Mais elles se rattrapent en ne payant pas les jours de grèves et en augmentant leurs tarifs de manière démentielle, comme elles le font tous les ans.


Certaines entreprises ne perdent ni ne gagnent rien, si leur chiffre d'affaires dépend de contrats à moyen ou long terme et non de ventes quotidiennes.

Les vendeurs de scooters, les compagnies de taxi et l'exploitant des Vélibs ont même vu leur chiffre d'affaires partir sérieusement à la hausse pendant la grève.

Au niveau des salariés, les lois du pays font que s'ils sont empêchés de se rendre dans les entreprises - dans le privé surtout - ils voient leur paye amputée. Comme ceci se passe dans toutes les entreprises, qu'elles gagnent ou perdent de l'argent ou ne voient pas leur CA varier, on peut être certain que ceci entraîne une déformation de la répartition de la valeur ajoutée en faveur des profits et au détriment des salaires.


Il est donc certain que des grèves de transport entraînent une modification de la répartition du pouvoir d'achat et de la structure des achats des individus. Il est également prouvé que la vitesse de rotation de l'argent diminue pendant ces grèves. Il n'est en revanche pas démontré que ce ralentissement ne soit pas compensé par une accélération ultérieure.

Mais quand bien même il n'y aurait pas d'accélération ultérieure de cette vitesse de rotation de l'argent (de la consommation), en quoi est-ce que le pays en souffrirait ?

La représentation pathologique du monde que se font la plupart des élites est à la fois une anomalie qualitative et quantitative.

Elles ont beau préférer rester chez elles à lire un livre, elles n'en tirent aucune conséquence logique et continuent de prétendre que qualitativement il vaut mieux s'entasser dans un métro bondé (cela génère du chiffre d'affaires).

Elles ont beau préférer être en vacances à la campagne, elles n'en tirent aucune conséquence logique et continuent de prétendre qu'une économie qui s'arrête de pédaler chute.

Or, non, rien ni personne ne tombe. Aucun argent n'est perdu. La structure de consommation change, c'est tout. Elle est différente en qualité, ou moindre en quantité.

Mais le plus significatif, c'est qu'elle est meilleure.
par Didier publié dans : Economie communauté : Freemen recommander
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Jeudi 22 novembre 2007
Il existe un certain nombre de propagateurs de la pensée catastrophiste en économie sur le net. Il y en a certains qui se contentent de jouer les trolls immobiliers, et en font un outil de spéculation.
 
Il y en a d’autres qui se prétendent capables de prévoir tous les coups, plusieurs années à l'avance.
 
Parmi ceux-là, on compte Solidarité et progrès, qui relaye en France les idées de Lyndon LaRouche, ou encore le LEAP, un think thank monégasque qui vend ses anticipations économiques aux patrons et aux décideurs politiques. Ce sont des sources intéressantes, pour peu qu’on les lise de manière critique.
 
Parmi les nombreux désaccords que j’ai avec eux, il y a leur vision mécanique des événements à venir, alors que je pense que ce sont les croyances des acteurs qui influencent le plus le futur de la finance mondiale, et qu’elles ne se manipulent pas facilement.

Et il y a aussi les militants, ceux qui appellent à déjouer une sorte de complot programmé.

http://www.europe2020.org/spip.php?article503&lang=fr

Dans le lien ci-dessus, le LEAP découpe les "sept séquences de la phase d'impact de la crise systémique globale" prévue entre novembre 2006 et 2009. Avant la phase d'impact, LEAP a anticipé la phase d’accélération, de juin à novembre 2006, et avant cela une phase de déclenchement de mars à mai 2006. Après tout cela, il y aura une phase de décantation, vers un nouvel équilibre.
Notons que découper la crise systémique en "phases" et en "séquences" est assez artificiel, mais cela facilite certainement la compréhension du phénomène.

Il est possible de revenir sur les "phases " antérieures et de comparer avec ce qui s'est effectivement produit, pour juger de la valeur des prédictions du LEAP. Le problème est que ce sont des prédictions qui portent plus sur la définition même que donne le LEAP à ce qui se passe que sur des faits concrets. En gros, cela donne « le LEAP prévoit la phase d’impact à partir de novembre 2006 », puis « la phase d’impact a bien commencé en novembre 2006 ». Bref, le LEAP fait des prédictions sur ce qu’il va dire, ce qui n’est pas forcément du plus complexe.

Et on lit, entre autres :

"Pour l'instant, du fait qu'ils ont encore une position centrale tant en terme de devise que de pilier du système financier mondial (1), ils utilisent l'affaiblissement continu de leur monnaie pour rembourser le reste de la planète en « monnaie de singe » (évolution anticipée dans le GEAB N°2 de Février 2006)."

Pour me répéter, la "monnaie de singe", ça n'existe pas. La monnaie n'a que la valeur qu'on veut bien lui accorder. Il n'y a en réalité aucune raison qu'une quantité accrue de monnaie créée pour rembourser ses créanciers entraîne son affaiblissement continu. Les créanciers des USA n'ont aucun intérêt à ce que le dollar baisse, vu qu'ils en ont beaucoup. Les Etats-Unis non plus n'ont aucun intérêt à ce que le dollar baisse, puisque c'est avec ça qu'ils achètent des produits d'importation. Si le dollar baisse, c'est justement parce qu'on fait croire en cours d'économie que la valeur d'une monnaie doit dépendre peu ou prou de la "force de l'économie" du pays considéré, soit la "valeur" de sa production intérieure. Or le PIB des Etats-Unis est tout aussi arbitraire que la valeur relative du dollar. Il s'agit là de conventions.

Et les conventions ne tombent que parce que le changement est dans l'air du temps. En finances et économie, la règle essentielle est la prophétie autoréalisatrice. Les choses n'arrivent que parce qu'on croit qu'elles vont arriver. Même des actions délibérées cherchant à créer la panique n'ont pas une garantie absolue de réussite, aussi puissants soient les commanditaires.

Il n'est pas nécessaire de suivre un chemin précis pour créer une crise. En général, celles-ci surviennent de manière brusque et personne ne les a prévues (cf la bulle internet en 2000).

La situation de la finance mondiale est en réalité mûre depuis des années pour une panique, et n'a aucunement besoin des étapes décrites.
 
Selon certains auteurs, tout cela est programmé. Pourtant les acteurs de la finance, en dehors de quelques francs-tireurs comme le LEAP ou le mouvement larouchiste, se veulent rassurants. Pourquoi donc puisque c'est un krach qui serait désiré ?

Ceux qui prévoient la catastrophe financière sont ceux qui agissent au mieux pour qu'elle survienne.

La prétention du LEAP à connaître à l'avance, dates comprises, le déroulement des évènements, est presque suspecte.
par Didier publié dans : Economie communauté : PARLONS FRANCHEMENT recommander
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Mercredi 21 novembre 2007
Il est important de souligner une contradiction essentielle de la gauche contemporaine.

On peut lire, ici ou là, les habituels témoignages de soutien des représentants de la gauche politique aux secteurs du monde du travail qui se sont mis en grève.

La question apparemment incongrue que l'on peut se poser est : pourquoi ?

Autrefois, la stratégie politique que le PCF vendait en interne était qu'il fallait participer aux élections pour s'en servir comme tribune, mais que les changements politiques d'ordre qualitatif ne surviendraient qu'en mettant en place un rapport de force au sein du monde du travail. C'est-à-dire que l'objectif principal était de créer un désordre tel que les travailleurs, s'enhardissant, iraient au-delà de leurs revendications initiales - qui n'étaient rien de plus qu'une plus grosse part du gâteau capitaliste - et seraient les soldats de l'avènement du socialisme en France.

On voit bien le manque d'imagination en marche.

Une observation objective de ce que faisait le PCF démontrait clairement qu'il suivait scrupuleusement la ligne du "socialisme dans un seul pays" (l'URSS) et n'appellerait pas à la grève générale. Il n'y en a d'ailleurs jamais eu en France depuis 1936, au contraire d'autres pays européens. Invariablement, le PCF finissait par appeler à la reprise du travail.

En admettant que le PCF ait eu sincèrement l'objectif de renverser le gouvernement dans la rue, il semble bien qu'il n'ait jamais possédé les relais à même de d'y parvenir, c'est-à-dire des hauts fonctionnaires et des chefs militaires à sa botte.

D'ailleurs il n'était pas non plus certain que les travailleurs en grève aient suivi les leaders syndicaux inféodés au PCF. D'abord parce qu'ils n'étaient pas en position hégémonique, ensuite parce que les dits leaders, tout inféodés qu'ils étaient, ont toujours vendu à leurs troupes des objectifs "syndicaux", c'est-à-dire circonscrits.

Pour dire les choses comme elles sont : le PCF était un parti social-démocrate. Il l'était dans sa définition allemande initiale - le parti disposait de "courroies de transmission" dans différents secteurs de la société. Il l'était dans sa définition réformiste. Il ne l'était pas dans sa définition allemande d'après Bad-Godesberg : un réformisme dans le cadre d'un capitalisme indépassable.

Les rapports qu'il entretenait avec le PS dans les années 70 étaient obscurs car les lignes réelles étaient différentes des lignes affichées. Les objectifs des deux partis étaient dans le fond les mêmes : parvenir à la société socialiste par les élections. Seules les modalités du dit socialisme, et sans doute la conviction profonde, divergeaient.

La question essentielle était de savoir si les moyens étaient adaptés aux buts. Le fait d'entretenir une kyrielle d'associations filles et une confédération syndicale permettait-il de faciliter la prise de pouvoir ? Ces relais dans la société auraient certainement été très utiles après une prise de pouvoir éventuelle. Mais puisque la prise de pouvoir ne pouvait se faire que via les élections (et encore, l'Union soviétique ne souhaitait pas la victoire électorale du PCF !), est-ce que ces relais pouvaient permettre un tel succès dans les urnes. C'est probable. Mais ici nous devons reprendre le même argument donné contre un coup de force : le PCF ne disposait pas de relais suffisants dans les corps constitués de l'Etat pour se maintenir durablement.

Or, depuis la chute de l'Union soviétique, la situation a changé. Malmené dans les urnes, le PCF ne précise même plus quel est son projet politique : avènement du socialisme par les élections ? ligne capitaliste keynesienne en cas de victoire ? Il est probable qu'il se voit simplement comme un simple relais politique des syndicats.

C'est-à-dire qu'après avoir disposé de courroies de transmission, il se voit lui-même à présent comme la courroie de transmission d'une égrégore floue appelée "mouvement social". Ce retournement met fin à la social-démocratie à l'allemande pour basculer dans le travaillisme à l'anglaise. Cependant, le parti travailliste britannique était directement issu des courants syndicaux et avait pour lui une réelle légitimité pour prétendre les représenter en politique. Quel secteur du "mouvement social" français reconnaît à un parti de gauche qu'il les représente ?

Devant l'absence de perspective politique, il s'agissait d'une tendance souterraine, mais visible, depuis longtemps. Dès l'époque où Georges Séguy était secrétaire général de la CGT, celle-ci témoignait de velléités d'autonomie sinon d'indépendance. Vers 1992, Louis Viannet quittait le bureau politique du PCF, puis Bernard Thibault quittait le Comité central. Puis le PCF liquidait ses relais dans le syndicalisme étudiant.

Et les perspectives politiques diminuèrent encore. Même si leurs forces étaient insuffisantes et de manière criante dans l'appareil d'Etat (contrairement aux bolcheviks qui avaient infiltré la police politique du tsar), les communistes français avaient dans leurs relais des arguments politiques de choix.

Mais une fois qu'on a décrété l'indépendance syndicale, il ne faut pas s'étonner que les grèves poursuivent des objectifs syndicaux.
On ne peut pas faire le voeu pieux que "les luttes convergent", parce que personne n'a pour objectif de faire tomber le gouvernement, que les luttes sont justement de natures différentes, et peuvent ainsi tout au plus cohabiter et faire l'objet de manifestations communes sur un malentendu.

Tout ce que peut espérer aujourd'hui la gauche de la gauche est une série de victoires dans des grèves sectorielles, dans lesquelles elle ne sera pour rien, avant un nouvel échec électoral (à moins de 20% des voix, elle ne pèsera rien).

Il n'est possible de faire "converger" des luttes qu'à la condition de proposer un but au-delà. Seule un groupe qui aura instrumentalisé les dites luttes peut canaliser cette convergence. Mais "l'instrumentalisation" (c'est-à-dire proposer des objectifs autres) a très mauvaise presse, y compris chez les autoproclamés révolutionnaires. Ceux-ci attendent une cristallisation spontanée autour de revendications révolutionnaires, qui n'existe que dans leurs fantasmes. Quant à la "gauche de la gauche" non révolutionnaire, on ne comprend même pas ce qu'elle espère. Que les grévistes jouent dans la rue le rôle d'opposants qu'ils ne sont pas en mesure de tenir dans des assemblées d'élus, faute d'élus ? Que les grévistes décident en Assemblée générale de voter Bové la prochaine fois ?

Cette gauche n'a ni forces, ni méthodes, ni projet politique.
par Didier publié dans : Politique communauté : Communauté de l'opposition recommander
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Mercredi 14 novembre 2007
Parmi les nombreux auteurs alternatifs en économie, voici Rudo de Ruijter, dont le texte intitulé "Secrets d'argent, intérêts et inflation" a été publié sur le site du LEAP.

Il mérite la lecture, mais je dois signaler des profonds désaccords, comme avec la plupart des écrits économiques du LEAP d'ailleurs. Comme toujours, ce sont des points de vue ayant trait soit aux rapports entre la monnaie et la valeur, via la considération apportée aux étalons ou au phénomène inflationniste, soit à une causalité mécanique des évolutions des marchés.

De Ruitjer et moi sommes en désaccord sur l'ontologie de l'inflation.

http://www.europe2020.org/spip.php?article499&lang=fr

Extraits :

1. Création de l’argent

[...]

L’argent est créé par les banques commerciales

Les banques commerciales créent continuellement de l’argent pour des prêts. Elles créent cet argent tout simplement par l’inscription de chiffres dans les comptes bancaires des emprunteurs, qui peuvent ensuite dépenser ces montants, comme si c’étaient des billets de banque. Aujourd’hui la grande majorité de l’argent existe seulement sous forme de nombres dans des comptes bancaires. Par la loi, ces nombres ont la même valeur que des billets de banque et des pièces de monnaie.

[Economie et Archimagie : L'auteur ne se trompe pas en disant qu'un crédit est une création monétaire. Mais c'est pour déraper aussitôt.]

Chaque banque commerciale est autorisée à créer de l’argent nouveau de cette manière. Dans les coulisses, commence alors les jongleries lucratives avec l’argent des autres. C’est que, en inscrivant des chiffres dans des comptes, ces montants sont comparables à des chèques sans provision. La banque elle-même n’a pas d’argent. Quand l’emprunteur dépense le montant inscrit en faisant un chèque ou un ordre de paiement, la banque utilisera l’argent des ses autres clients pour régler la dépense de l’emprunteur. Invisiblement, cet argent est pris dans leurs comtes de dépôts et d’épargne. Vous ne vous en rendrez pas compte. Les montants sur vos comptes restent inchangés.

[Economie et Archimagie : En quoi la banque utilise-t-elle l'argent de ses autres clients pour régler la dépense de l'emprunteur puisque c'est une création ? Les montants sur les comptes sont inchangés parce qu'ils ne bougent pas, point.]

Et lorsqu’arrive le moment où vous voulez disposer de nouveau de votre argent, il y aura bien eu un autre emprunteur qui aura juste remboursé son emprunt à la banque. Ainsi vous ne vous apercevrez de rien. Par expérience, les banques savent que les clients ne retirent qu’assez peu d’argent de leurs comptes de dépôts et d’épargne, avant que d’autres versements arrivent sur ces comptes. Une petite réserve suffit pour faire face à leurs besoins courants. Dans beaucoup de pays la loi stipule le minimum des réserves que les banques doivent maintenir. C’est souvent quelque chose comme 10 pour cent. La plupart du temps ces réserves obligatoires sont alors maintenues à la banque centrale du pays.

[Economie et Archimagie : L'auteur mélange les mouvements de monnaie comptable et de monnaie papier. Les réserves obligatoires sont des réserves en monnaie papier, pour faire face aux retraits de cette sorte.]

Comme les banques utilisent l’argent des autres pour régler les dépenses faites avec l’argent nouvellement créé, elles ne peuvent pas en créer de façon illimitée.


[Economie et Archimagie : Si elles peuvent. Et l'auteur le dira plus loin.]

[...]

Le manège des prêts

 

Les emprunts ont un effet caché. Quand l’emprunteur dépense l’argent, la personne qui le reçoit le déposera à sa banque. Cette banque, grâce à ce dépôt, peut émettre de nouveaux prêts. Ces prêts aussi, seront dépensés et deviendront des dépôts dans une banque suivante. Et ainsi de suite. Bien entendu, à chaque nouvelle ronde une banque encaisse des intérêts. C’est un vaste manège de création d’argent, qui gonfle la masse totale dans le pays.

[...]

Donc, l’effet du manège c’est que l’ensemble des banques créent toujours plus de prêts et encaissent plus d’intérêt tout le temps. Cela gonfle la masse d’argent de nombreuses fois. Mais, quand on y réfléchit, est-ce que nous, ou les banquiers, en deviennent plus riches ?

Les banques ont beau créer plus d’argent, mais elles ne créent pas magiquement plus de marchandises à acheter. Quand les gens ont davantage d’argent, mais qu’il y a toujours autant de choses à acheter, c’est tout simplement les prix qui augmenteront. Chaque unité monétaire perd alors un peu de sa valeur. Cela s’appelle l’inflation.


[Economie et Archimagie: beaucoup d'économistes - libéraux comme alternatifs - croient dur comme fer au principe d'inflation automatique. Cela permet de faire comme si la masse monétaire s'ajustait systématiquement à une supposée valeur "objective" des transactions réalisées, et au-delà de la production intérieure brute, puisqu'un libéral considère que tout ce qui est mis en vente est vendu.

La réalité est que 1) la production, pas plus que la transaction, n'a de valeur intrinsèque. 2) L'inflation automatique n'existe pas. 3) La réalité est l'abondance des biens et la pénurie monétaire.

A) Le banquier n'utilise pas l'argent qu'il y a dans les coffres de son entreprise pour sa consommation personnelle. Une énorme part de l'argent circulant est investi en Bourse ou réside dans les actifs des entreprises. De l'argent qui est immédiatement utilisable pour la consommation, une grande partie reste dans le bas de laine des plus nantis, sans que le vendeur en ait connaissance. Enfin, l'argent est notoirement si mal réparti que pour la plupart des gens, les besoins ou les souhaits de consommation sont infiniment supérieurs à ce qu'ils sont en mesure d'acheter.

B) Pour la plupart des biens mis en vente, l'offre est infiniment plus abondante que la demande. Les stocks d'invendus sont gigantesques, et d'après le mécanisme de l'offre et de la demande, les prix devraient baisser.]

La concurrence assure l’inflation

La plupart des pays n’ont qu’une devise officielle, mais de multiples banques commerciales qui émettent l’argent. Et, bien que les banques ensemble ne deviennent pas vraiment plus riches du gonflement de la masse d’argent, elles la gonflent quand-même. La seule raison pour cela est la concurrence entre elles. Lorsqu’on parle de concurrence entre entreprises, on dit généralement que c’est sain. Mais chez les banques, la compétition veut dire prêter le plus possible et donc un maximum d’inflation.

Pour chaque banque la concurrence est simplement une lutte pour encaisser davantage d’intérêts et pour augmenter sa part de marché et ses profits. La banque avec les meilleurs résultats se développera plus vite que les autres et, à la longue, pourra dévorer ses concurrents.

[Economie et Archimagie : du point de vue du sage, l'argent n'est pas la richesse. Mais du point de vue de l'économiste, qui sait qu'il n'y a pas de phénomène tel que l'inflation automatique, celui qui a l'argent a le pouvoir d'achat. Et les banques en ont beaucoup. Celle qui a le plus de clients est potentiellement la plus riche. Et ça n'a pas de rapport avec l'inflation.]

[...]

Un effet des emprunts que tous les emprunteurs ne connaissent que trop bien, c’est que la somme principale doit être remboursée avec des intérêts. Un entrepreneur qui emprunte de l’argent pour des investissements devra produire un revenu supplémentaire pour payer ces intérêts. Les prêts pour les investissements ne sont pas seulement une vache à lait pour les banquiers. Ils peuvent aussi aider à générer plus d’activité économique. Le rôle utile des banques pour la société serait donc, qu’elles mettent à disposition des prêts pour des investissements.

Par contre, les prêts pour des articles de consommation, ne contribuent normalement pas à plus de consommation. Il est vrai, que grâce au crédit, l’achat d’un article se fait plus tôt. Cependant, cet avantage est anéanti par une plus longue période de pouvoir d’achat réduit, car le consommateur doit non seulement gagner l’argent de son achat, mais aussi l’argent pour les intérêts. Il achètera donc moins de produits de consommation avec son salaire. Et des intérêts qu’il paye à sa banque, il n’y a qu’une partie qui finit comme salaire des employés de la banque, et il n’y a qu’une partie de ces salaires qui sera utilisée pour acheter des produits de consommation. Donc, les prêts pour des produits de consommation mènent plutôt à une diminution des achats de de ces produits.

[Economie et Archimagie : ici nous voyons que l'auteur, bien qu'il sache que l'argent est produit par les banques, conserve une croyance contradictoire: que le producteur est en mesure de produire un revenu. C'est ce qui permet à des génies comme Michel Godet de parler de bonne et mauvaise dette (pour investir, pour consommer).

Formellement et à schéma de consommation identique, il est exact que celui qui a recours au crédit à la consommation finit par consommer moins. Mais il est probable que le crédit entraîne des effets psychologiques tendant à modifier le schéma de consommation de l'individu.

En revanche, en quoi le prêt pour investissement est-il utile à la société ? Un entrepreneur endetté doit augmenter son chiffre d'affaires pour rembourser. Et il le fait toujours en entamant le budget de consommation de ses clients, c'est-à-dire le chiffre d'affaires d'autres entrepreneurs.]

[...]

2. Inflation permanente

 

L’inflation des prix signifie que l’argent que nous détenons perd de la valeur. Cette inflation peut fluctuer énormément au cours du temps. Il y a beaucoup de théories économiques, qui offrent des explications sur les causes. Cependant, ces théories expliquent plutôt des augmentations et des baisses des prix parmi des produits et des services. Ils n’expliquent pas pourquoi les hausses de prix sont permanentes. L’inflation de prix permanente a une cause différente. Nous ferons un tour rapide à travers quelques causes d’inflation.

[...]

Théorie de l’inflation par les coûts

La théorie de l’inflation par les coûts dit, que l’augmentation des coûts est responsable de l’inflation des prix, comme l’augmentation des coûts de salaires, des matières premières importées ou des taxes sur la consommation.

[Economie et Archimagie: tous les prix finissent dans la poche de quelqu'un, qu'il s'agisse de celui des matières premières ou des produits finis. Il s'agit d'une course à l'échalotte: les prix augmentent parce que les prix augmentent. Ce qui est une tautologie, à peine une théorie.]

Théorie de l’inflation par la demande

La théorie de l’inflation par la demande dit, que l’inflation des prix apparaît quand la demande excède l’offre. L’augmentation de la demande peut être causée par des activités d’ exportation, par des réductions d’impôts ou par l’accroissement de la masse monétaire. Des fluctuations dans la demande peuvent aussi se produire, quand les consommateurs économisent plus d’argent et, quelques temps après, commencent de nouveau à le dépenser.

[Economie et Archimagie: ce qu'il est important de souligner, c'est que ces théories sont contradictoires ! Elles sont en général partiellement valables, mais trop simplifiées pour approcher la réalité. De ce fait, il n'est pas possible de faire des prédictions statistiquement valables sur l'évolution des prix. Nous avons nous-mêmes listé des causes "officielles" d'inflation sur ce blog : http://www.ecotheurgie.com/article-1995226.html ]

Augmentation de la masse d’argent

Si l’inflation par la demande et l’inflation par les coûts survenaient sans expansion de la masse d’argent, quelques prix monteraient et d’autres baisseraient. Toutefois, nous voyons plutôt des prix qui montent plus vite que d’autres, mais rarement des prix qui baissent. C’est parce que, au cours du temps, la masse d’argent s’accroît par toujours plus de prêts en cours. Cela s’appelle l’inflation monétaire.

Bien entendu cela affecte les prix dans les transactions, toutefois, jamais de manière égale. Pratiquement, quand la masse d’argent augmente, l’argent supplémentaire crée des possibilités pour des augmentation de prix dans chaque transaction consécutive. Nous pouvons présumer, que, quand d’autres facteurs inflationnistes sont au travail quelque part, par exemple une grande demande, l’argent supplémentaire y cause un supplément d’augmentation des prix.

L’inflation monétaire est la cause de la montée des prix permanente, que nous observons au fil du temps. C’est la seule inflation qui compte au fil des années et des décennies.

[Economie et Archimagie : AJ Holbecq nous signalait une cause bien plus sûre d'inflation, l'inflation par les intérêts. Devant faire face à des remboursements majorés d'intérêts, les commerçants s'y emploient en augmentant leurs prix. Pour le reste, il y a aussi le phénomène psychologique simple : le vendeur veut mieux gagner sa vie que son voisin, aussi il augmente ses prix en espérant que les autres ne feront pas de même. Mais ils font de même.

Puisque de toute manière, pour l'auteur, l'inflation ne fait que corriger un déséquilibre de la masse monétaire avec la valeur "objective" des transactions, on peut se demander pourquoi elle semble le terrifier autant.

Voilà ce que nous pensons des conséquences réelles de l'inflation : http://www.ecotheurgie.com/article-1995212.html]


3. Les banques centrales ont besoin d’inflation

Par une augmentation du taux d’intérêt, les prix baisseront, ou au moins monteront moins vite. Par une dimunition du taux d’intérêt les prix monteront plus vite. 

Une manière pour l’expliquer est que, quand le taux d’intérêt monte, les gens emprunteront moins. Et lorsque moins de prêts finis sont remplacés par de nouveaux prêts, il y aura moins d’argent dans le pays. Avec le temps, vous pouvez acheter davantage avec chaque unité monétaire. Les prix baissent.

[Economie et Archimagie: je pense le contraire. Lorsque les intérêts augmentent les emprunteurs augmentent leurs prix. Il n'y a pas plus de déflation automatique que d'inflation automatique.]

Quand l’économie ne peut absorber plus d’inflation et que l’argent ne se propage pas de façon suffisamment équilibrée, des bulles se produisent. A ce moment-là, des masses d’argent de plus en plus grandes circulent, par exemple, sur le marché boursier ou sur le marché immobilier, où l’argent est gagné en faisant monter les prix. Les entreprises aussi sont de plus en plus souvent achetées et vendues comme si elles étaient les jouets financiers.

[Economie et Archimagie: puisque l'inflation est définie comme une adaptation de la masse monétaire à la valeur "objective" des biens vendus, que signifie une économie qui ne peut "absorber plus d'inflation" ? Et quel est le rapport avec les bulles, qui sont à l'opposé de l'inflation monétaire automatique ?

La raison basique pour laquelle les banques ne luttent pas contre l'inflation et font tout pour la soutenir est que tout ce qui entraîne des hausses de prix est favorable aux hausses de crédits et donc de la rémunération des banques sous forme d'intérêts : http://www.ecotheurgie.com/article-2010618.html ]



Inflation : obliger la population à payer pour l’usage de l’argent

Grâce à l’inflation, l’emprunteur a l’avantage que les mensualités qu’il doit à sa banque représentent moins de valeur au fur et à mesure que le temps passe. [...]

si l’emprunteur doit payer 6 pour cent d’intérêt (sur la somme principale) et profite d’une inflation de 2 pour cent (sur la somme principale), son avantage égale 2/6 des intérêts.

[Economie et Archimagie: L'inflation, comme n'importe quelle fraction de prix, se partage entre profits et salaires. Elle corrige à la marge la répartition du prix total. Les mensualités sont plus faciles à rembourser lorsque l'inflation correspond à une augmentation des revenus de l'emprunteur, et ce n'est pas spontanément le cas comme les chiffres donnés le laissent naïvement penser.]

Les utilisateurs de l’argent perdent une valeur égale par l’inflation. Les banques ne perdent pas. Elles ont prévu l’inflation et ont compté un peu plus d’intérêt à l’avance.


Comme montré ci-dessus, l’inflation est un intérêt que les utilisateurs d’argent doivent payer. En plus, l’inflation pousse la population à travailler plus dur et à concurrencer pour obtenir un peu de l’argent supplémentaire mis en circulation et de compenser la perte de valeur de l’argent qu’ils détiennent.

[Economie et Archimagie : comme dit précédemment, si l'inflation monétaire est un régulateur automatique (qu'elle n'est pas), elle ne pousse personne à rien. Et comme toute inflation, c'est une fraction de prix, qui se répartit entre profit et salaires, avec une résultante nulle.

En d’autres mots, l’effet de la politique d’inflation des banques centrales c’est qu’une partie des paiements des intérêts est déplacée de l’emprunteur vers les autres utilisateurs. De cette façon, les autres utilisateurs payent des intérêts pour l’usage de l’argent !

[Economie et Archimagie : l'inflation entraîne toujours des effets en cascade sur les prix, même si on se limite à l'inflation "monétaire", chère à l'auteur. Les intérêts se répercutent sur les prix suivants, comme tous les prix. Comme en plus de cela, nous ne croyons pas que cela résulte d'une "politique d'inflation", cela ne mérite pas forcément qu'on s'y attarde.]

[...]

Les Etats-Unis paient la moitié de leurs importations avec des dollars pour lesquels ils ne délivrent rien en retour. Ces dollars demeurent indéfiniment à l’étranger et forment la dette extérieure des Etats-Unis. De cette façon les États-Unis importent à chaque minute pour 1,25 million de dollars de marchandises et de services « gratuitement » (ou, pour ceux qui ont encore l’espoir de recevoir quelque chose en retour un jour, « à crédit »). Les sommes sont simplement rajoutées à la dette extérieure. Cette dette est si élevée maintenant, que les États-Unis ne peuvent plus la rembourser. Donc les États-Unis sont en faillite.

[Economie et Archimagie : notons que par "Etats-Unis" l'auteur n'entend pas le gouvernement fédéral, mais la masse de consommateurs états-uniens. Il suffit pour pouvoir rembourser une dette de disposer de l'argent qu'on nous demande. Et donc à la Réserve fédérale d'octroyer les crédits nécessaires, c'est-à-dire, d'une certaine manière, de racheter les crédits des américains.

Le mécanisme du crédit fait que quoi qu'il arrive, il faut un autre crédit pour en rembourser les intérêts. Le "niveau" de la dette n'a rien à voir là-dedans.]

[...]

5. La guerre contre l’Irak

La politique de la plupart des banques centrales se fonde sur la croissance permanente de la masse monétaire. En Europe de l’ouest et en Amérique du Nord cette croissance de l’argent accompagnait la croissance de l’économie et la croissance de la population. Entretemps le monde a beaucoup changé. L’expansion explosive de la population et l’expansion de l’activité économique ont énormément augmenté la pression sur l’environnement. Les régions fertiles ont été envahies par les humains. Les forêts sont changées en terre agricole et en villes. De nombreuses espèces ont été exterminées. La majeure partie des poissons des océans et des mers a été pillée. Par la croissance rapide de la population mondiale, la pollution des sols, de l’eau et de l’air augmente toujours. Dans de nombreux endroits il y a pénurie de nourriture et d’eau potable. Le climat change. Les prévisions indiquent qu’avec les tendances actuelles la population mondiale continuera à se développer rapidement et même doublera encore. Les lignes du graphique ont été tracées comme si c’était possible…

[Economie et Archimagie : la croissance de la masse monétaire est une pure abstraction et n'a aucune conséquence d'aucune sorte sur l'environnement. C'est la "croissance" (inchiffrable) des activités humaines nocives qui en a.]

par Didier publié dans : Economie communauté : PARLONS FRANCHEMENT recommander
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