Lundi 8 février 2010
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La comptabilité analytique permet de découper les coûts et recettes d'une entreprise par activités, afin de lui permettre de mieux
cerner ses forces et faiblesses.
En pratique, on fixe aussi des indicateurs aux différents secteurs de l'entreprise et des objectifs à atteindre pour ceux-ci.
Ainsi, les services cliniques d'un hôpital se voient assigner des objectifs en termes d'occupation des lits, par exemple 95 % de lits occupés.
Les gestionnaires de salles de réunion ont des objectifs similaires d'occupation des salles.
Ainsi le directeur de l'hôpital a l'impression de ne pas dépenser de l'argent en maintenance ou en nettoyage pour des salles ou des lits inoccupés.
La comptabilité analytique est la déclinaison interne de l'idéologie de la main invisible du marché. C'est le rêve que l'on peut mieux fonctionner ensemble en poursuivant des objectifs
différents. En réalité, on peut tout à fait appliquer le dilemme du prisonnier de Nash : les stratégies non coopératives sont toujours sous-efficaces.
Ainsi, il devient impossible de trouver une salle de réunion au pied levé. Cela diminue grandement la réactivité des services utilisateurs, obligés de programmer leur activité des mois à
l'avance.
De même, les services d'urgence se trouvent incapables de trouver des lits d'aval pour les patients qui nécessitent une hospitalisation. Parfois, ils sont obligés de les renvoyer chez eux.
Tout cela pour rien. Les contrats d'entretien coûtent exactement le même prix que l'on occupe ou pas les lits. Plus : les contrats d'entretien ne sont pas toujours fonction du nombre de lits.
Ainsi en supposant que le coût de l'entretien par lit soit (chiffre au hasard) de 5 euros par lit pour 100 lits, vous avez une facture de 500 euros. Si s'avisant que 90% seulement des lits sont
occupés, le directeur décide de fermer 10 lits. Le contractant continue de facturer 500 euros. Seul résultat : le coût par lit passe à 5,56 euros. Le directeur pourrait même se faire taper sur
les doigts pour avoir vu augmenter ses coûts d'entretien.
Par Didier
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Dimanche 24 janvier 2010
7
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/2010
16:35
Cela fait un moment que je vois écrit partout que la Réserve fédérale américaine "monétiserait" la dette américaine, supposément en
injectant des tonnes de billets dans l'économie américaine via la planche à billets. Ceci serait le prélude à une hyperinflation généralisée.
J'ai déjà écrit ici que la déconnexion entre la masse monétaire et les prix est très largement constatée, soit que cet argent est immobilisé en bourse et dans le capital des entreprises, soit que
les riches le conservent sur leurs comptes, et ne vient jamais alimenter les marchés basiques que nous formons avec nos commerçants.
Par ailleurs, c'est bien parce qu'il y a pénurie de crédit, et que les prix sont trop hauts par rapport au pouvoir d'achat que les particuliers ressentent les effets de la crise financière. C'est
plutôt la déflation qui nous attendait, et on a pu observer en effet de nombreuses baisses de prix dernièrement.
Reprenons ici ce que nous écrivions :
LaRouche écrit : « Tout le système économique se désintègre, avec ce genre de complications. Et on a, d’une part, un
phénomène d’hyperinflation conduit par les produits financiers dérivés, et de l’autre, un processus déflationniste, en conséquence d’une chute de la production, les gens étant prêts à vendre à
n’importe quel prix pour échapper aux dettes ; et les deux phénomènes sont simultanés. »
La réalité est plus simple : les mécanismes que dévoile LaRouche n’existent pas. Il n’y a pas de phénomène mécaniquement
inflationniste lié aux produits financiers dérivés. Pas plus que de processus déflationniste lié à la chute de la production. Seule la quantité de monnaie en circulation et les prix s’ajustent
l’un à l’autre, et encore pas de manière systématique. Si cela était automatique et rapide, ni l’inflation ni la déflation ne seraient d'ailleurs des problèmes
économiques.
Les marchés financiers n'ont jamais été inflationnistes parce que la sphère boursière et la sphère économique sont
étanches.
L’argent investi en Bourse lors des introductions et lors des augmentations de capital disparaît définitivement de la
sphère marchande et ne peut plus servir aux transactions. Si les produits dérivés sont nombreux et introduits à des prix très élevés, la monnaie disparaît de la sphère marchande à proportion, ce
qui ne peut être que d’ordre déflationniste. Lorsque on parle du marché d’occasion, tout ce qu’achète une personne est vendu par une autre. Quelle que soit la cotation, aucun argent n’entre ni ne
sort de la sphère marchande.
Pas plus que les produits dérivés les mécanismes de soutien aux banques opérés par les banques centrales et les Etats ne sont inflationnistes.
Le plan Paulson américain et les plans européens pour le secteur bancaire fin 2008 prévoyaient des prises de participation temporaires (des prêts) de l'Etat dans le capital des banques, afin de
rétablir le niveau des réserves à un niveau jugé "acceptable" (même si un niveau acceptable est une pétition de principe). Les banques centrales font la même chose sur les comptes de
réserve au jour le jour. C'est cela que l'on nomme "injections de liquidités".
L’injection de liquidités n’est pas
la pratique de la planche à billets. Elle ne peut pas générer d’"hyperinflation" puisque ces prêts ne sortent jamais des circuits financiers.
La monétisation c'est encore autre chose. C'est en théorie l'introduction de nouveaux moyens de paiement dans l'économie. Ce qui - effectivement - devrait tendre à accroître la masse
monétaire.
On s'attend donc à ce que ces nouveaux moyens de paiement 1) augmentent la masse monétaire 2) permettent de rembourser la dette.
Voici les mécanismes de monétisation dont il est question : en 2009, la Fed a racheté 80 % des bons du Trésor US, ainsi que des milliers de millards de dollars en actions et obligations.
C'est tout simplement le principe inverse de la Bourse. La Bourse capture la masse monétaire désormais inutilisable pour les transactions marchandes. Le rachat d'actions permet de remettre cet
argent en circulation. Ceci permet en effet de pallier en partie la pénurie de crédits (et certainement pas à l'hyperinflation dans le contexte).
Evidemment, cela fonctionne très mal. La Fed rachète souvent les actifs dits "pourris", c'est-à-dire ceux qui ne rapportent plus rien, au prix fort. Et les détenteurs de ces actifs se dépêchent
de réinvestir l'argent reçu dans de nouveaux produits jugés plus rémunérateurs.
Mais quel est le rapport avec le remboursement de la dette de l'Etat US ?
Il n'y en a pas. La monétisation est le contraire de l'opération de titrisation. La titrisation consiste à émettre des bons du Trésor, des obligations d'Etat dans le cadre d'un emprunt. La somme
reçue contre ces obligations permet donc à l'Etat de se financer.
La titrisation crée de l'argent supplémentaire contre une dette. Mais l'opération inverse de monétisation est une simple substitution des titres par des liquidités. Elle est réalisée par la
banque fédérale et non par l'Etat.
Par la titrisation, l'Etat s'endette, mais la monétisation ne l'aide pas à rembourser.
Bref, on ne sait toujours pas ce que c'est que la supposée "monétisation de la dette".
Le seul artifice qui permette de rembourser une dette sans s'endetter encore, c'est l'inflation. Vous savez, l'hyperinflation. Ce truc qui fait si peur à LaRouche et ses amis. Demandez-vous
pourquoi.
Par Didier
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Dimanche 24 janvier 2010
7
24
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/2010
15:11
Il y a une chose curieuse avec les jeux video. Les personnes qui y jouent sont convaincues qu'elles peuvent se permettre
d'y faire des choses qu'elles ne feraient pas dans la vraie vie.
Mais le progrès du jeu video semble lié à sa capacité à être de plus en plus réaliste. Autant dire que le meilleur jeu
video sera celui qui saura exactement imiter la vie.
Il serait tellement prenant qu'il serait joué 24 heures sur 24. Bref c'est la vie.
Les sites de socialisation en ligne ou les forums se rapprochent de la réalité vraie d'encore une marche. On n'y prétend
pas jouer un avatar. Mais ceux qui les fréquentent utilisent des arguments proches des gamers : sur facebook, je me lache, je me permets de dire des choses que je ne dirais jamais dans la
vie.
Il suffirait de se convaincre que nous jouons un personnage sur Terre pour oser dans la vie tout ce que nous nous
autorisons dans le jeu. Or il semble bien que la force de la magie consiste à jouer ce personnage sans contraintes d'aucune sorte. Nous sommes notre propre avatar. Ce qui me fait dire que si
contraintes il y a, elles sont entièrement dans nos représentations limitantes.
On dit parfois que rien n'est
irréversible dans le jeu alors que la vie nous engage et ne permet pas de revenir en arrière. Mais le caractère définitif de la vie est une supposition. Si nous nous réincarnons, nous avons la
possibilité de rejouer encore et encore. Et si nous n'avons qu'un essai, il importera peu une fois que nous serons morts que nous ayons été intrépides ou soumis aux règles. A tout bien peser,
nous serions même mieux fondés à n'en faire qu'à notre tête.
De l'autre côté, l'investissement et le temps passé à jouer peuvent aussi être considérables. Lorsque vous perdez votre
avatar de niveau 70 que vous incarnez depuis dix ans, le côté factice du jeu commence à vous échapper un peu.
Certains s'en inquiètent : nos jeunes ne feraient plus la différence entre le jeu et la réalité. Mais si la réalité
est un jeu et le jeu une forme de réalité, on ne voit pas au nom de quoi on préférerait l'un à l'autre. Surtout si les comportements des autres joueurs voire de l'intelligence artificielle sont
plus appréciés que les comportements des autres vivants. Je me fixe moins de contraintes dans le jeu, mais les autres joueurs retiennent également moins leurs personnages qu'eux mêmes. Si on
décide que les femmes du strip poker en ligne valent les vraies, on préférera logiquement leur attitude simple et peu farouche à celles de nos collègues de travail ou de lycée.
Il existe un métier qui mélange en permanence la vraie vie et le spectacle, au point que les acteurs confondent facilement leur personnage et leur véritable identité : c'est le catch.
Pendant des années, les lutteurs conservent leur personnage sans en changer. Seuls les acteurs tenant un rôle pendant des années dans un feuilleton télévisé, et ce sans s'autoriser des pauses
pour tourner au cinema ou jouer au théâtre, peuvent être comparés aux lutteurs. On se sert des événements de la vraie vie des lutteurs pour élaborer les scenarii du spectacle. Qu'un lutteur se
drogue, perde son chien dans l'incendie de sa maison, se fasse voler sa petite amie par un autre lutteur : on l'utilise ! Les lutteurs luttent 300 jours par an, meurent souvent jeunes. Ils
doivent se montrer arrogants tout en étant absolument soumis, donner le maximum physiquement mais accepter de se coucher si on ne les considère pas comme vendeurs.
Le film Existenz de David Cronenberg nous propose un jeu si réaliste que l'on se prend à ne plus distinguer la frontière entre la réalité et le jeu et nous amène à poser la question ultime :
"notre vie ne serait-elle pas le jeu d'individus jouant dans un autre univers et nous-mêmes de simples avatars ?"
Mais certains d'entre nous le savent : notre vie est pareille au jeu. Je ne crois pas à la valeur et aux fondements de
l'économie. Mais ma vie professionnelle m'amène en permanence à avancer des arguments économiques, parce que je valorise mon activité en fonction des recettes et des économies que je
génère.
Ne dit-on pas parfois aux francs tireurs de la société qu'ils "ne jouent pas le jeu" des codes et représentations en
vigueur ?
On ne s'étonnera pas que les individus en "opposition" ne veulent pas être des individus "en marge". Un blogueur
politique peut dénoncer le traitement de l'information par les media dominants, les accuser des partialité et de déformer les faits. Il ne peut pas se permettre de supposer que les faits
racontés sont totalement inventés, et d'autres faits majeurs totalement occultés, parce que le dialogue devient alors impossible. Il est de facto "délégitimé" pour le débat politique. Voilà
pourquoi il est obligé de partager en partie les croyances et les représentations des gouvernants, quitte à collaborer à leurs mensonges. Le pouvoir et l'opposition forment naturellement un
dipôle des idées acceptables, et tout ceux qui s'expriment dans ce cadre sont dans le jeu.
Par Didier
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Dimanche 24 janvier 2010
7
24
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13:39
Je laisse un peu de côté la thématique de la pensée qui crée le monde et les histoires du cerveau gauche pour aborder l'autre côté, le
cerveau droit et les émotions.
Le cerveau gauche a le raisonnement et le langage, le cerveau droit la relation directe aux faits et à l'environnement, et les
émotions. Il est assez remarquable que les faits soient latéralisés du même côté que les émotions. Depuis que je suis entré à l'école, on m'a toujours présenté les faits et la raison comme
faisant partie du même lot, et désigné les émotions comme par essence subjectives. Il semble que les cerveaux analytiques des intellectuels ont tout bonnement usurpé les faits pour se prévaloir
du réel.
Le cerveau analytique pur est un cerveau gauche qui parle sans le contrôle du côté droit. Cela donne des sujets pour qui tout ce qu'ils
disent est vrai, tenant les faits pour quantité négligeable.
Le cas opposé d'un cerveau droit fonctionnant tout seul est celui d'individus ressentant les choses, mais incapables de les raconter,
ou même racontant un peu tout ce qui leur passe par la tête. Formellement, les deux types de délires ne se ressemblent pas vraiment. Les premiers sont plutôt les philosophes, les seconds les
mystiques. Les premiers sont plutôt des hommes, les seconds plus souvent des femmes. Le premier discours étant le mieux valorisé parmi les élites sociales, on peut dire que cela manifeste une
domination du principe masculin yang.
Le résultat est assez comparable : un discours faux, dont on peut être convaincu de la véracité et même qu'on le comprend. Mais dont la
vraie compréhension ne peut mener qu'à la certitude de sa fausseté.
Il existe aussi des personnes dont les deux cerveaux fonctionnent, mais séparément. Elles pensent d'une manière et agissent d'une
autre. Il pourrait s'agir - pure spéculation - de cas de possession limitée à un seul hémisphère. Certains veulent faire "bien" et agissent "mal"; leur côté droit est possédé. Ce pourrait être
les sujets à comportement addictif. D'autres pensent "mal" et ressentent "bien"; leur côté gauche possédé les rapproche des philosophes analytiques.
L'idéal est que les deux hémisphères fonctionnent ensemble. Le coeur doit être modéré par la raison et la raison guidée par le coeur.
Mais il y a un sens à respecter. C'est le ressenti qui dit la vérité et qui doit gouverner l'intellect. Il faut mettre des mots
sur un sentiment pour le comprendre et aussi pour ne pas oublier l'expérience qui lui est liée, pour "fixer" la connaissance. Dans le sens inverse, l'intellect peut remplacer un ressenti par un
pseudo-ressenti.
Toutefois, si les croyances culturelles sont "fausses", les émotions sont souvent inadéquates. Les films de zombies font moins de morts
que l'absence de couverture maladie. Mais nous avons peur des films de zombies.
Le travail que je me propose est de verbaliser mes propres croyances informulées, celles qui sont devenues des émotions, de les exposer
pour les affaiblir ou les renforcer. Cela me permettrait de choisir qui je suis comme les vrais magiciens savent le faire. Un simple jeu de questions-réponses peut tout à fait
convenir.
Ceux qui disent qu'une croyance est nécessairement inconsciente se trompent. Il ne suffit pas de la mettre au jour pour la voir
disparaître. En revanche, elle perd de sa puissance. Il sera plus facile de la combattre. Et si on souhaite la conserver, il sera possible de la maîtriser. Si l'on n'en a pas conscience, c'est la
croyance qui nous maîtrisera.
Les émotions sont ainsi adoptées délibérément comme le sont les croyances culturelles. Attention toutefois à ne pas sous-estimer les
unes et les autres. Même des pensées feintes peuvent s'insinuer et reprendre le contrôle. Le sujet redevient alors authentiquement dissocié, exactement comme les autres humains.
Cette étude risque de me poser quelques difficultés. Mon côté droit contrôle assez bien mon côté gauche, à travers l'examen des faits
et une relative confiance en mon ressenti. Dans l'autre sens, je n'ai pas trop de difficultés à mettre des mots sur ce que je ressens, voire à trouver la croyance qui fonde ce
ressenti.
En revanche, faire remonter à la surface ce ressenti est relativement compliqué. Même s'il est conscient il reste en arrière-plan. Je
conserve à ce qu'il me semble une dominante gauche importante.
Je contrôle relativement bien mes émotions. Elles ne me submergent pas. C'est une bonne chose car cela permet de garder le contrôle sur
ses décisions et ses actions. Je le fais d'autant plus volontiers que je ne les aime pas. Je ressens les émotions comme un poison.
D'un côté, les émotions sont affaiblies. De l'autre, elles restent passablement autonomes puisqu'elles ne sont pas exposées au grand
jour. C'est comme si le travail n'avait pas été abordé de la bonne manière : les résidus émotionnels sont d'autant plus difficiles à contrôler qu'ils sont affaiblis et cachés.
Je ne ressens pas cela comme du refoulement, qui suppose un déni total qui rend les émotions niées d'autant plus tyranniques.
Par Didier
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Publié dans : Esotérisme
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